Je ne vois pas très bien ce qui, dans le discours de la LCR ou de LO, peut vous incliner à penser que ces factions politiques se réclament de l’antisémitisme. Pouvez-vous nous citer quelques exemples plus actuels que ceux auquels vous vous référez ?
Pour ce qui est du totalitarisme, s’il existe à la LCR et dans les médias d’extrême-gauche, il se manifeste sans doute dans leur rejet de toute espèce de critique. J’ai voulu poster l’article ci-dessus dans le blog d’Olivier Besancenot. Sans succès. J’ai tenté de le proposer à Bellaciao. Après quelques heures, il a été censuré. Ce qui laisse songeur...
Après, l’anglophobie, ou plutôt l’antiaméricanisme, il en est peu question dans le discours de LO ou la LCR, si ce n’est pour qualifier la mondialisation d’allégeance au Grand Satan américain... sauf que les Américains n’ont jamais demandé à la France de devenir un satellite de Washington. Nos différences culturelles sont de l’ordre de l’exoplanétaire, et on ne peut pas dire, surtout par les temps qui courent, que les Américains retirent un grand profit de la mondialisation. Ce type d’argumentation stérile fait partie des lieux communs à quoi se raccroche une Gauche en panne d’activisme, recluse dans sa culture de la belle théorie martelée au long d’assemblées générales dont rien ne sort, jamais, qui évoque de près ou de loin la prise de position novatrice, radicale et tranchée, allant dans le sens d’une mise en oeuvre concrète.
Pour ce qui est de l’instauration d’une dose de proportionnelle, je suis d’accord avec vous, sauf que j’en entends parler depuis des lustres et qu’on n’est pas près d’en voir la couleur... à moins d’une hypothétique réforme de fond de notre Contitution, consécutive à une crise politique majeure.
Une chose que je remarque, chez les jeunes générations : les difficultés qu’elles ont à maîtriser le Français, et qui se traduisent, particulièrement dans les forums, par l’adoption du langage SMS. Je me suis toujours demandé pourquoi l’enseignement du Français en tant que matière, au collège puis au lycée, mettait si peu l’accent sur cette discipline fondamentale qui est l’étymologie. Discipline qui faciliterait l’approche des langues étrangères « porteuses de plans de carrière » telles que l’Anglais, l’Allemand, l’Espagnol, sachant que comme la nôtre, ces langues ont indubitablement une même source indo-européenne. L’abandon de l’étude des langues dites mortes entre à mon sens dans cette même logique d’échec.
En somme, l’enseignement dispensé actuellement évite soigneusement d’aborder tout ce qui pourraît être à même de favoriser réflexion personnelle, désir d’approfondissement, et élaboration d’un sens critique. Mais il est vrai que le système n’a que faire de futurs employés et cadres intellectuellement émancipés...
Pour ce qui est de l’individualisme, je crois qu’il n’a de valeur que dans la participation. L’individualisme négatif, égoïste, égotique, tel qu’il est érigé au rang de valeur dans les sociétés capitalistes, ne traduit jamais que la difficulté d’être avec les autres et d’admettre ceux-ci en tant que ce qu’ils sont : les autres. Un déni de l’altérité au profit d’un narcissisme maladif. L’individualisme participant, c’est l’ego développé dans ses aspects lumineux comme dans ses dimensions de l’Ombre, mis au service des intérêts d’un groupe. On parlera alors d’émulation. Mais il se trouvera toujours des esprits « démocratiques » pour préférer le « nivellement par le bas », qui est une trahison de l’idéal démocratique... ou qui fait de cet idéal une illusion.
Pour en revenir à la problématique d’une nouvelle Gauche à concevoir ensemble, je crois qu’il faudrait faire table rase de ces notions d’« appareil », « de ligne du parti », de « conformité » aux valeurs définies par je ne sais quelle « IVème Internationale » de je ne sais quoi, de référence à des « grands anciens » ou à 68... pour s’en tenir à la seule réalité des faits : un état de crise humaine et sociale dont on ne voit pas le bout, qui a déjà causé suffisamment de victimes, et qui ne saurait se résoudre par la ponctuelle promesse d’une révolution à venir. La vraie crise se tient dans le déclin mondial de l’idéal républicain, et le véritable enjeu se tient dans la mise de l’économie au service de l’humain et de l’environnement. Mais cela ne se décidera pas dans des assemblées générales bavardes, ni au sein d’une foultitude de groupuscules et associations 1901 qui ne produisent, à longueur d’années, que des... réunions. Quant à l’extrême-gauche actuelle, qui constitue à mon sens l’avenir de la Gauche, et qui aura sans aucun doute un rôle important à jouer dans les années à venir, il serait temps qu’elle sorte de ses vieux schémas ouvriéristes et qu’elle se mette au diapason des véritables attentes de ceux qui se reconnaissent dans son discours, mais qui pour des raisons qui tiennent essentiellement au système électoral en vigueur, lui préfèrent le « vote utile »...
Je crois, avec vous, que c’est de cette extrême-gauche que viendra le souffle novateur que nous attendons tous. Il ne lui reste qu’à se débarrasser de la vieille logique d’appareil qui de toujours a ruiné les ambitions des partis de gauche, et les a conduits à commettre les compromissions que l’on sait.
Je crois que si on leur en veut à ce point, c’est plus parce qu’ils ont tout raté depuis le début que parce qu’ils nous ont trahis. On leur en veut de ne pas s’être montrés à la hauteur de l’idéal qu’ils défendaient. D’avoir été tout simplement humains, qui sait ?
Pas de problème de ce côté-là. Je choisis mes sources. Attention toutefois à ne pas se laisser leurrer par l’apparente liberté du Net. Information non filtrée = information non formatée mais... cette information peut aussi être complètement bidon.