Vous écrivez « Cette élection semble donc pliée, tant il paraît aujourd’hui improbable que les voix de droite se reportent sur Ségolène Royal pour faire barrage à Nicolas Sarkozy de la même manière que les voix de gauche s’étaient reportées sur Jacques Chirac pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen en 2002 ».
Je vous réponds que l’erreur démocratique et le vote républicain affreux d’avril 2002 ont trouvé leur réponse ce 22 avril 2007. Que l’histoire ne se répète pas et que certains savent la fabriquer.
Arrêtons de rêver ! Notre jeunesse ne mérite pas cela, déjà qu’elle hérite d’un saccage écologique et social.
Si nationalisme rime avec identité européenne, c’est poser les bases d’un traité européen réaliste et non utopiste.
Et croyez moi, pour un non-européen, c’est difficile à admettre, comme les gauchistes ont pu admettre Chirac en 2002.
Tous les programmes présidentiels du « non » au référendum européen sont éliminés. Soit !
Les trois programmes « pour » sont en tête. Soit !
Mais de là à conclure que le seul qui vaille est celui de ségo, c’est oublier déjà que celui qui est en tête est préféré des européens : car il ne refera pas le coup du référendum français. Et les européanistes adorent.
Ainsi cette europe « sociale » n’aura pas lieu.
Cet élan de générosité, comme un élan du coeur pour une europe socialement acceptable, aura été brisé dans l’oeuf.
La dérive droitière de la france illustre la dérive droitière de l’europe, et les incantations de la gauche n’y pourront rien.
L’EUROPE était le sujet fondamental de la présidentielle, il n’a pas été abordé de façon impartiale, le nationalisme étant la réponse ambiguë d’une majorité des français.
Car, que peut la gauche française, déjà frileuse sur les thèmes chroniques de la sécurité, de l’emploi, de l’immigration et de la diplomatie, face à une montée en puissance d’un sentiment nationaliste et identitaire ?
Dans les livres d’Histoire, on écrira que le 22 avril 2007 aura été la réponse au désarroi du 21 avril 2002.
Bayrou se retrouve dans la même situation que le FN à une époque.
Il n’est pas un parti de pouvoir, à moins d’accepter la compromission.
Si bayrou soutient le TSS et par là même SR, la pureté de son analyse antiUMPS en prend un coup. A moins qu’il décide par là rallier les TSS de gauche et du centre en vue de négocier des alliances aux législatives.
S’il ne dit rien, il se réserve pour les législatives, pour la revanche, tout seul. Et il lâche dans la nature son soutien électoral. L’objectif est maintenant pour lui de créer un nouveau parti. Et il abandonne en même temps le rêve d’une possible union des démocrates.
Ainsi, TSS ressemble à s’y méprendre au deuxième tour de 2002, et l’on sait ce qu’il advint du gagnant.
Si FB est pour le TSS, il stagnera à 19%, comme Chirac l’est resté à 17% de bonnes opinions.