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Bovinus

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  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 1er février 2012 01:27

    Excellent article, qui mériterait davantage de lecteurs et de commentaires. À quand le prochain ? smiley 



  • Bovinus Bovinus 1er février 2012 00:07

    Lgcontact :
    Que nos différences de compréhensions des informations nous asservies ou non à Internet ?

    Moui. Plus précisément, il me semble que ce qui nous asservit ou non à Internet, c’est notre vide intérieur. Le gros problème, c’est que la plupart des gens, qu’on peut appeler consommateurs si on emploie le vocabulaire moderne, et qu’on appelait païens il y a quelques siècles, se comportent comme si ils étaient des coquilles vides, qu’il faudrait à tout prix remplir de tout et de n’importe quoi : (mauvaise) musique dont on s’assomme, images (grotesques) dont on se gave, (mauvaise) nourriture dont on se goinfre, (mauvais) alcool dont on se soûle, jeux virtuels (déments) où on s’oublie, etc.

    Le Net n’est qu’un moyen contemporain de s’aliéner comme tous les autres que je viens d’énumérer en exemple. Maintenant que le déploiement d’Internet est pour l’essentiel achevé, il a l’avantage de ne consommer que de l’électricité en termes de ressources, ce qui, considérant le rapport entre le potentiel d’abrutissement obtenu et les ressources consommées apparaît comme extrêmement rentable.



  • Bovinus Bovinus 31 janvier 2012 23:33

    Merci d’avoir pris le temps de lire et de commenter.

    Je pense néanmoins qu’un rejet complet d’internet n’est pas vraiment possible.

    C’est évidemment possible (demandez aux Afghans ou aux Inuits), mais ce serait une réponse radicale à une question que, finalement, je ne pose pas. La bonne question serait plutôt « à quoi bon s’en servir ? », qui peut donner lieu à des réponses beaucoup plus intéressantes, et amener d’autres questions, non moins dignes d’intérêt. Par exemple : « que puis-je en faire d’utile ? » ou bien « ai-je BESOIN d’y passer autant de temps ? », sous-entendant « n’ai-je pas MIEUX à faire ? », qui, toutes, laissent à cet outil un emploi possible, mais le remettent en même temps fermement à sa place.

    Je pense qu’internet, seulement s’il est bien utilisé peut nous être vraiment utile, à nous citoyens.

    Non. Ça c’est la version qu’essaient de nous fourguer nos maîtres, par l’entremise des « indignés ». Ce dont nous avons urgemment besoin en tant que citoyens ce serait plutôt de véritable conscience politique et d’armes, ainsi que d’agoras dans chaque ville, chaque bourg et village.

    Il est quand même merveilleux de pouvoir ouvrir le débat avec des personnes à des dizaines, des centaines de kilomètres voir plus de chez soi. Surtout quand on a pas tout le temps l’occasion de le faire dans notre vie non-virtuelle.

    Oui, mais... ces « débats » ne seraient-ils pas quelque part une sorte d’autosatisfaction narcissique, une flatterie faite à son propre ego ? Nous en sommes tous plus ou moins victimes, je sors de la même « culture » que vous. Parfois, il est vrai, il nous apportent vraiment quelque chose (comme je l’écrivais plus haut à herbe, grâce à lui j’ai découvert J. Ellul). Grâce à moi, vous avez découvert Bernays et Baudrillard... mais il y a tout de même un truc qui cloche. À quoi bon ouvrir des débats (anonymement) avec des personnes (inconnues) qui peuvent être à l’autre bout du monde, alors qu’on pourrait le faire avec son voisin, qui vit à deux mètres de chez vous, juste derrière la cloison qui sépare vos cages ?

    Ne serait-ce pas plutôt une sorte de « prothèse » sociale compensant un manque réel, à savoir le manque de véritables rapports humains ? Ce qui, par ailleurs, n’est en aucun cas une situation « normale ». Il est vrai que de nos jours, on a tendance à voir un agresseur potentiel en chaque inconnu... Au lieu de chercher à justifier un truc (le Net virtuel) dont nous n’avons en aucune manière besoin (sauf peut-être si on est paralysé, et encore...), on ferait mieux de se demander comment on en est arrivé à être en train d’essayer de le justifier.

    Dans quelques mois, éclatera peut-être la pire crise économique jamais vue ; nous risquons d’être alors vraiment dans la dèche (c’est à dire que certains d’entre nous vont avoir faim ou se retrouver dans la rue). Croyez-moi, Internet sera la dernière chose dont nous aurons besoin à ce moment-là.



  • Bovinus Bovinus 31 janvier 2012 22:58

    Excellente observation, M. Aldo Rifort ! Le fond de l’article est en effet la condition humaine, son état de servitude. Personne, pas même la très haute élite n’est libre ; les individus libres existent, mais se comptent en unités par rapport à la grande masse des esclaves. En ce sens, rien de ce que nous pouvons créer ou fabriquer ne peut nous aider, le véritable enjeu est ailleurs. Ce n’est pas à nos mains de libérer notre esprit, mais l’inverse.



  • Bovinus Bovinus 31 janvier 2012 22:32

    @ herbe

    Merci de votre commentaire. De plus, vous me faites découvrir un auteur qui paraît très digne d’intérêt. Jacques Ellul est ajouté à ma liste de lecture (qui ne cesse de s’allonger...).

    De mon point de vue la technique peut être un formidable levier d’aliénation (c’est ce que vous privilégiez comme thèse il me semble) comme elle peut être aussi un formidable auxiliaire de libération.

    Je ne suis pas d’accord avec la deuxième partie de la phrase. La libération véritable n’a pas besoin de technique, elle se passe d’abord dans l’esprit et ensuite se traduit en valeurs et principes, qui guident ensuite les actes. Tout le reste est négligeable. Les moyens matériels, les outils employés pour matérialiser ces actes n’ont aucune importance. Faute de tracteur, on peut aussi employer un tank pour labourer un champ...

    Une pelle peut servir à planter des patates, mais on peut aussi tuer avec. Sa fonction dépend uniquement de l’homme qui la manipule. Internet (en tant qu’assemblage de câbles et d’ordinateurs) est à mettre au même niveau qu’une pelle ; tant qu’il est utile, pourquoi ne pas s’en servir en effet ? Ce dont je parle dans l’article, c’est le Net en tant que entité dématérialisée, et qui pour la vaste majorité de ses usagers ressemble fort à une sorte d’idole, un Veau d’Or. Sur un homme déjà libre, ce truc n’a aucun pouvoir, mais je ne vois pas en quoi il peut contribuer à libérer un adorateur fasciné, à part peut-être par une overdose entraînant un dégoût ?

    L’hypothèse de l’Internet libertaire et « résistant », que j’ai d’ailleurs déjà mentionné en répondant à Aldous ci-dessus paraît à première vue séduisante, d’ailleurs nous en sommes tous les naïves victimes, moi-même compris puisque je suis là à en débattre. Il semble que les élites essaient de museler cet Internet dissident, mais essaient-elles vraiment ou font-elles juste semblant d’essayer, pour mieux nous y faire croire ? À mon avis, et apparemment, c’est aussi l’opinion d’Aldous, elles se servent de cet « Internet dissident » pour nous ficher et établir nos profils psy. À l’avenir, ça peut aussi être un bon moyen de chantage pour les éléments « repentis » (ça existe aussi).

    La question me paraît difficile, c’est pourquoi j’ai préféré ne pas y répondre dans l’article et la laisser ouverte pour un éventuel débat.

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