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Capreolus

Capreolus

Philosophe agricole

Tableau de bord

  • Premier article le 19/09/2006
  • Modérateur depuis le 31/01/2007
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Derniers commentaires



  • Capreolus Capreolus 28 février 2008 11:21

    L’argument classique selon lequel l’exemple de mauvais couples hétéros suffit à prouver le droit des homos à se marier est vraiment insuffisant. Il y a de mauvais policiers, cela ne disculpe pas les voleurs.

    Dans votre exemple, ce n’est pas l’homophobie qui tue, mais le manque d’amour et de vérité : manque d’amour, parce qu’on doit aimer son enfant même s’il vous dit qu’il est homo, manque de vérité, parce que personne, à mon sens n’est homo. En tant que masculin ou féminin, je soutiens que notre identité sexuelle est relative à l’identité sexuelle opposée. Autrement dit, le masculin ne se comprend que relativement au féminin, et réciproquement. Par nature, nous sommes hétérosexuels, et c’est une erreur de croire que certains d’entre nous pourraient se définir par des tendances qui sont en réalité à l’opposée de leur identité sexuelle.

    Il ne s’agit pas de réserver le mariage aux "seuls couples reproducteurs", comme vous dites, mais à deux personnes de sexes opposés. Cette structure (deux personnes de sexes opposés non parents) est certes prise par rapport à l’enfant : interdit de l’inceste, et pour engendrer un enfant il faut et il suffit d’être deux personnes de sexes opposés. Mais plus profondément elle s’enracine dans cette relativité de l’identité sexuelle.

    Remarquez au passage que le PACS, qui n’est pas structuré par rapport à l’enfant, conserve cependant et injustement des éléments de cette structure : je ne peux me pacser avec mon frère, ni avec plus d’une personne. Si vous trouvez une raison valable à cette limitation, ça m’intéresse !

    Enfin, l’argument d’homophobie est un mensonge : je ne suis pas homophobe, pour une raison très simple : pour moi, personne ne peut se définir comme homosexuel.



  • Capreolus Capreolus 20 février 2008 12:14
     
     
     
     
    Et enfin :
     
    Enfin, ce n’’est pas la mère ou son désir qui confère le statut de personnalité juridique au foetus puisque celui-ci n’en a justement aucune en droit, l’inscription sur le livret de famille du foetus mort comme enfant décédé ne délivre en rien ce statut. Le désir de la mère intervient pour faire que le foetus mort soit inscrit comme enfant mort et non pas comme personnalité juridique ; ce qui n’aurait pas grand sens puisqu’il est mort. La CC a très bien fait la distinction : seul un enfant né vivant donc séparé (séparable en tant que vivant) du corps de la mère peut (doit) obtenir la personnalité juridique et être considéré comme sujet de droit. L’inscription vaut comme droit de la mère et non pas de l’enfant, sinon elle aurait été rendue obligatoire, ce qui n’est justement pas le cas. Cette inscription participe pour la mère qui a perdu l’enfant vivant qu’elle attendait et à sa demande expresse de son propre travail de deuil, ce qui lui était jusqu’alors interdit. Il s’agit donc de l’extension de la liberté de la mère et non d’un droit du foetus.
    En effet, mais en même temps cette possibilité de reconnaissance de l’enfant mort suppose que cet enfant a été vivant avant d’être mort. Et l’objet de mon propos était de montrer le paradoxe qu’il y a à inscrire à l’Etat civil un enfant mort à qui on refusait alors qu’il était vivant la personnalité juridique.
    Cette reconnaissance d’une personnaité juridique a tout de même bien, pourtant, son fondement dans la nature humaine du foetus.
     
    Tout ceci étant dit, je veux bien que vous mettiez tout cela sur le fil de votre rasoir... Me permettrez-vous d’en faire autant ? il faudra reprendre tout de même cette question de l’origine du droit : est-elle dans une volonté souveraine et donc arbitraire, ou est-elle dans la nature d’un être à qui je reconnais ce qui lui est dû ?


  • Capreolus Capreolus 20 février 2008 12:05

    Vous dites encore :

    En effet ,en droit libéral, la volonté de l’individu peut être créatrice ou source de l’accès au droit (privé), c’est ce qui se passe dans tout contrat formel par exemple. Dans la mesure où c’est la volonté de la mère seule qui fait qu’un enfant mort est reconnu comme tel socialement, c’est cette volonté qui fonde cette inscription et rien d’autre et cela ne me choque pas plus que le fait de droit (chez nous) qui veut que ce soit la seule volonté des époux qui constitue l’accès au droits et au devoirs constitutifs du mariage.

     

    La vie de l’enfant n’est pas le terme d’un contrat parce qu’elle ne relève pas du droit privé de la mère ! Votre comparaison ne tient pas, pour cette raison que l’enfant n’est pas une création des parents, comme s’ils créaient une entreprise !

    Le droit se décrète politiquement et ne s’impose pas par nature ou par commandement divin. Il est un acte humain de souveraineté. Cela vaut, chez nous, pour le droit d’une femme d’avoir un enfant désiré et non pas imposé, de même que son droit de refuser un mariage forcé ou arrangé. La liberté de la femme est au prix de ce droit.

    Dieu merci, on revient sur cette idée de souveraineté avec l’idée que les droits fondamentaux de la personne humaine sont au delà de la souveraineté populaire. Pas besoin d’aller bien au delà de Benjamin Constant... Ici encore, Nuremberg a marqué un progrès contre le mythe de la volonté populaire souveraine et infaillible.

     



  • Capreolus Capreolus 20 février 2008 12:00

    Je me permets de reprendre point par point vos réponses :

    Ici vous me semblez prendre la question à l’envers : le fait que la mère ait le droit légal de "mettre fin à sa grossesse" ne lui retire pas sa qualité de sujet de droit, simplement aux termes de la loi Veil ce droit à vivre est suspendu dans des conditions déterminées par la loi. C’est là seulement le problème que mon article soulève : comment le droit positif peut-il prétendre suspendre un droit dont il n’est pas l’origine, je veux dire le droit de vivre qui est lui-même la condition de tout autre droit, et qui s’attache simplement au fait que l’être humain est un être humain. Vous comettez une imprécision sur le terme "juridique", en réduisant le juridique au légal. Comme antigone, ou comme le procureur du procès de Nuremberg, je crois qu’il y a des lois non faites par l’homme, qui s’attachent au fait que l’on est homme, et que nul droit humain ne peut nous ravir. Car au fond, les lois de Vichy sur les juifs étaient, par définition, légales.

    Vous dites ensuite :

    Je ne fais qu’argumenter la position du CC. L’enfant mort n’est reconnu comme tel que par le désir de la mère de la faire reconnaître ; c’est un fait de droit en tant qu’acte politique décisionnel , non une simple opinion. Il est donc vain de prétendre opposer la position du CC sur cette question à la loi sur l’avortement car cette inscription et la décision d’avorter relèvent en effet de la seule décision de la mère ; le droit à la vie du foetus en tant qu’enfant ( virtuel) reconnu est en effet subordonné, selon ce jugement, à la seule volonté de la mère et à rien d’autre.

    C’est précisément ce que je conteste : comment la volonté d’un individu (fut-elle la mère biologique), peut elle créer un statut ontologique à un enfant, et d’autre part être le fondement de son droit à vivre ou d’ailleurs de n’importe lequel de ses droits ?

    Quant à savoir s’il faut reconnaître au foetus un droit de vivre équivalent à celui de sa mère c’est un choix éthique, mais qui n’a aucun fondement juridique et qui est très discutable sur le plan rationnel ou philosophique ; mais c’est un autre débat que celui que vous posez à partir d’une fausse interprétation du jugement du CC.

     

     

    Discutable sur le plan rationnel ? Oui, sans doute, c’est pourquoi il faut en discuter. La dignité d’un humain tient-elle au fait qu’il est humain, ou à ses performances psychiques ? Question essentielle !

    Vous dites : Je ne discute pas la question de savoir si le foetus est humain ; c’est indiscutable, mais celle de savoir s’il est une personnalité juridiquement indépendante de sa mère ou un sujet de droit en tant que foetus ; la réponse est non puisqu’une mère a le droit de mettre fin à sa grossesse, sans avoir à justifier son désir d’avorter.



  • Capreolus Capreolus 16 février 2008 18:07

    J’ai du mal à comprendre comment le désir de la mère pourrait donner un statut de personne humaine au foetus, alors qu’elle ne le peut pas sur son toutou chéri. Or force est pourtant de constater que telle femme pourra chérir davantage son toutou que telle autre ne chérira son foetus. Ce qui tend à confirmer une chose pourtant assez simple : quel que soit le désir maternel, cet être appartient au genre humain ou il ne lui appartient pas !

    Sylvain, sans rire, crois-tu que la volonté puisse être ainsi créatrice ?

    Mon propos dans cet article n’est pas tellement là, mais plutôt de souligner le fait que la loi Veil elle même reconnaît que le foetus est un être humain.

    Maintenant, il est asse spécieux de dire "oui, c’est un être humain, mais pas une personne". Parce que c’est donner comme condition du respect de l’homme une certaine conception de la personne., c’est lui dire "je te respecte parce que tu me ressembles assez". Cela ne me semble pas très sain...

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