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Cauvin

Tableau de bord

  • Premier article le 19/10/2006
  • Modérateur depuis le 09/05/2009
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Derniers commentaires



  • Cauvin Cauvin 16 février 2007 21:34

    Eh les gars attention, il n’y a pas de neige pour partir aux sports d’hier demain.

    Alors je vous préviens que je vais être révolté, oui révolté des révoltes dont ce pays est porteur, là oui, comme l’avenir qui est là, devant nous (sans blague), des révoltes des insécurités des désirs, euh, non, les insécurités des désirs des révoltes...

    bon bref je serai porteur de cette révolte

    car oui il y a cette révolte

    il y a cette révolte qui est là

    plus de neige pendant les vacances d’hiver !

    Eh oui c’est ainsi dans la France d’aujourd’hui qui est là.

    Mais la révolte est là et je vais l’écouter (le doigt pointe les intestins)

    en conséquence de quoi j’irai demander, vous savez quoi, j’irais demander une ALLOCATION, et à qui j’irai la demander mon allocation à laquelle j’ai droit ? hein ? à qui c’est ? à qui c’est qui va la donner l’allocation à son toutou ?

    devinez un peu...

    et en plus là en plein dans les vacances de la région parisienne : là encore, il faut lutter contre les discriminations, toutes les discriminations, oui, ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas de neige spécialement pendant les vacances en banlieu.

    Alors oui j’en fais le serment, si cela devait se produire, je porterai ce combat.

    (sourire, applaudissements)

    Proposition n°101 ANV Allocation de Neige de Vacances

    (ma participation aux débats participatifs)



  • Cauvin Cauvin 8 novembre 2006 20:46

    ... Le Bobo a défendu le Zyva en zoologiste distingué, protecteur des animaux, et cela, comble de l’ironie, du haut de sa singitude ricanante.

    Le centre de Paris est occupé par Homo Homo. Cet hominidé pétulant, plein de couleur et de fantaisie, n’appartient pas à la même espèce qu’Homo Sapiens. En effet il ne se reproduit pas avec ce dernier, et - faut-il le rappeler - la définition d’une espèce est précisément le fait pour deux êtres vivants de pouvoir se reproduire entre eux. La reproduction est la clé de l’espèce. Homo Homo a produit certains esthètes parmi les plus brillants de l’espèce humaine. On pense notamment au Marcel-Proust, sorte de Lémurien au poil soyeux vivant en hibernation permanente dans une caverne tapissée de liège, capable de vous envoûter avec son regard velouté et ses longues phrases chuintées. Mais il y a un peu de tout. D’autres préfèrent secouer leur zizi en public, lors de parades appelées Gaies Praïdes. Ces défilés sont imités sur celui qui est le clou du film Le Livre de la Jungle, de Walt Disney, avec une petite touche coquine en plus. Bagheera, Mowgli, Baloo, le cortège des éléphants, le Roi Louis et ses singes, tous les amis sont entraînés dans une joyeuse sarabande pleine de pirouettes, de tambours et de rires. Les secousses de zizi, principale occupation de la plupart des personnages de la Gaie Parade, s’effectuent en rythme, du haut d’un char dominant la foule. Souvenez-vous : les personnages de Disney eux aussi battent la mesure avec la queue !

    Trêve de plaisanterie ! Un article scientifique n’est pas vraiment le meilleur endroit pour se laisser aller à des blagues de collégien. Excusez-moi. Place maintenant à l’analyse.

    On s’interroge encore sur la signification de ce rite de procession. Les scientifiques ont d’abord imaginé un parallèle avec des pratiques de temps encore plus reculés de l’histoire de l’humanité. Le spectacle fait immédiatement penser à une punition publique et infamante infligée à quelque condamné, à l’image de ce qui se pratiquait au Moyen âge. Quel ignoble forfait pouvait donc justifier pareil supplice ? De quelle hérésie ont-ils pu se rendre coupable pour mériter pareil châtiment ? Imaginez un instant ces pauvres diables, juchés sur une charrette, presque nus au milieu la foule... anéantis par la honte. Cette procession, vue avec notre regard d’aujourd’hui, est une ignominie. Tous ces sexes malmenés et ces culs écarquillés évoquent irrésistiblement les tortures publiques pratiquées au Moyen-âge. Mais gardons-nous de toute interprétation facile, simplement dictée par un parallèle historique un peu trop évident. Après tout les fouilles effectuées à la sortie des parcours empruntés par la Gaie Praïde n’ont jamais révélé la moindre trace de bûcher. Parmi tous les détritus enfouis sous terre, pas le moindre reste d’ossements calcinés. S’il s’agit d’une punition, force est de constater qu’on a perdu la trace des condamnés. Un autre scénario s’est alors présenté aux chercheurs : peut-être avons-nous là plutôt une sorte d’automutilation fanatique destinée à exorciser le membre fatal ? L’explication serait alors à chercher du côté des épidémies qui parcourent la terre à cette époque, et contre lesquelles Homo Homo aurait cherché à se défendre en chassant les mauvais esprits. Que faire quand les parties génitales au lieu de donner la vie se mettent à semer la mort ? C’est probablement que le diable s’en est emparé... D’où cet exorcisme collectif. Les participants font tournoyer leur sexe sans ménagement comme des sorciers leurs grigris, dans un sens, puis hop dans l’autre, les jambes arquées et les bras en croix dans un tonnerre de tambours. Cette transe aurait eu pour but de chasser le mal. Mais qu’en savons-nous au juste ? Une grande cérémonie expiatoire... Le scénario est séduisant, mais relève d’une pure spéculation. En vérité les Gaies Parades gardent tout leur secret.

    Les chercheurs s’accordent seulement pour exclure l’idée selon laquelle Homo Homo se réduisait à un zizi accessoirement porté par un corps. Mais une telle inversion des fonctions cérébrales et sexuelles est tout simplement inconcevable. Une chose est sûre : un Homo quel qu’il soit ne saurait se laisser porter, guider et gouverner par son zizi. Convenons simplement que nous n’avons pas d’explication certaine à donner aux Gaies Parades. Un peu de modestie n’a jamais fait de mal. Qui saura expliquer ce mystère ?

    Quoi qu’il en soit Homo Homo vit en harmonie avec le singe Bobo qui l’accepte volontiers (c’est l’exception qui confirme la règle). Le centre de Paris est ainsi une zone souriante et préservée de toute pollution extérieure, un peu comme dans un dessin animé. Ce décor de carton pâte n’abrite que des plaisirs et des sentiments, de préférence délicats ; les contraintes matérielles ont disparu. Rien d’agressif. Tout est propre et coule. Les autres espèces comme le petit commerçant ou le plombier ne sont acceptées que comme les techniciens, tout au plus les figurants d’un film dans lequel le Bobo joue les rôles principaux. Bobo vit emmuré dans un film, héros supérieurement pur et vaniteux qui toute la journée se projette sur le petit écran de son moi important. Autour de lui, chaque personnage est à sa place et joue son petit rôle mignon dans le petit monde Bobo.

    Enfin presque.

    Revenons donc à Homo Zyva et suivons-le en ses pérégrinations parisiennes, telles qu’elles ont été reconstituées par des fouilles systématiques et très scientifiques. Grâce à ces travaux de longue haleine, on peut maintenant se faire une idée assez précise d’une rencontre entre Homo Zyva et le singe Bobo, dans un parc pour enfants, un wagon de métro ou la file d’attente d’un mokda. Plusieurs spécimens de Bobo assemblés échangent des signes de connivence, qui consistent généralement à se raconter quelques incidents harassants de la vie quotidienne - l’horreur disent-ils - tout en affichant les sourires entendus de ceux qui comprennent le monde et le dominent. Cette petite jactance vise à montrer que l’on est un membre de l’élite donc très débordé, assez passionnant, un peu débraillé, ironique sur tous les sujets, peu attaché aux biens de ce monde dont on dispose - c’est amusant - de manière abondante. Surgit un clan d’Homo Zyva. Le singe Bobo est saisi par la peur mais il se garde bien de le laisser paraître. Tous ses sens se mettent en éveil, l’alerte est sonnée, mais dans la discrétion la plus totale. C’est tout juste si l’on peut observer un certain raidissement de la colonne vertébrale accompagné de coups d’œil circulaires destinés à évaluer le danger. Une fois ceci fait le Bobo développe une stratégie de soumission amusée, qui consiste à éviter tout contact avec Homo Zyva tout en affichant une complicité, feinte bien entendu. Car en réalité le singe Bobo déteste Homo Zyva, instinctivement, par tous les pores de la peau car tous les deux ne sont pas de la même espèce (du moins en sont-ils totalement persuadés... l’un comme l’autre...). Les mimiques du singe Bobo sont très élaborées et il déploie là des trésors d’intelligence pour s’écarter d’Homo Zyva tout en lui adressant des signaux de bienvenue. Si Homo Zyva bondit en criant et en sortant les dents, ce qui est fréquent, le singe Bobo étale un large sourire... en tremblant de tous ses membres. Terrassé par la peur, risquant de s’évanouir à chaque instant, le singe Bobo ne quitte pas Homo Zyva des yeux. Cette stratégie n’est pas sans rappeler celle de Sigourney Weaver dans le film Gorilles dans la brume, pour parvenir à s’approcher des grands singes (le parallèle ne doit pas être poussé trop loin, car les gorilles de la jungle africaine sont sensibles à leur environnement et doués d’une forme d’intelligence, rien à voir donc avec Homo Zyva, le VRAI Homo Zyva).

    Les femelles Bobos ne restent pas inactives et tentent par tous les moyens d’amadouer les petits d’Homo Zyva. Pour cela, elles n’hésitent pas à mettre leurs petits à contribution en les incitant à prêter leurs jouets. C’est un moment particulièrement intéressant car on observe que la femelle Bobo enseigne à sa progéniture le moyen de se comporter face à Homo Zyva. Nous avons là une vraie pédagogie ; ces scènes montrent la transmission d’un véritable savoir-faire face à l’ennemi. Dans ces moments, le Bobo mâle, le VRAI Bobo, voudrait être loin, très loin de là, il voudrait bien détaler en courant pour rejoindre les branches supérieures de son immeuble cool et bien protégé, seulement voilà, il sait que cela ne fera qu’attirer l’attention d’Homo Zyva. Alors il reste là, à espérer de tout son cœur que les Zyvas vont rapidement aller traîner ailleurs, si possible maintenant tout de suite.

    Voilà ce que l’on sait aujourd’hui à propos d’Homo Zyva. Le singe Bobo a bien évidemment disparu ; cette espèce n’est en définitive qu’un léger refrain de l’histoire, dans la lignée des précieuses ridicules, muscadins et autres snobs des siècles antérieurs. En réalité il avait déjà quitté ce monde.

    Mais sur son contemporain, le Zyva, le champ de recherche est immense.

    Il reste sans doute beaucoup de choses à découvrir à propos d’Homo Zyva, le premier post-humain.

    Les meilleurs archéologues ne sont pas parvenus à déterminer si Homo Zyva a finit par rejoindre Homo Sapiens et se fondre dans l’humanité, celle qui rigole, cherche, pleure, palpite et se cabre, ou s’il est parvenu à se maintenir en tant que groupe distinct avec toutes ses caractéristiques zyvatiques. Encore aujourd’hui en 8106 cet aspect reste un grand point d’interrogation. Que sont-ils devenus ? Sont-ils parvenus à se reproduire ? Fonder une famille purement zyva ? Tous les spécimens découverts avaient moins de 20 ans. Comment ont-ils évolué une fois arrivés à la quarantaine ? La soixantaine ? Peut-on imaginer une scène réunissant grand-père zyva et bébé zyva ? Mais si tel a été le cas alors où sont donc leurs descendants ? Ces graves interrogations restent sans réponse. Il serait absurde de considérer que nous puissions être des descendants des Zyvas, c’est proprement impensable, alors il se passera sans doute bien des années, peut-être des siècles avant que l’on puisse apporter une ou des réponses à cette grande énigme de la science...

    Ce début du 21ème siècle est désormais enseveli dans la boue et la poussière et il n’en est rien resté, tout a disparu en particulier du peuple Zyva, un peuple qui reste une anomalie dans sa provenance... comme dans sa postérité.

    Où es-tu donc passé, Ooooh Zyva Mon Ami ?

    C’est sur ces mots que je vais clore cette conférence.

    Wech Madame, Wech Mademoiselle, Wech Monsieur.

    ******************************************************* **

    Nota : l’attention des lecteurs et en particulier des étudiants est attirée sur le fait que, lors des prochaines fouilles, les découvertes éventuelles ne pourront être rattachées à l’une ou l’autre des espèces décrites dans la présente étude que pour autant que la totalité des critères désormais établis auront été dûment constatés et prouvés, ainsi qu’il sied à toute démarche scientifique. Un spécimen ne saurait se voir attribuer l’une ou l’autre de ces dénominations, à savoir Homo Zyva (le VRAI l’authentique Zyva), singe Bobo (le VRAI Bobo), Homo Homo (le vrai...), sur la foi d’un ou de deux indices plus ou moins isolés dans un portrait par ailleurs infiniment varié. La plus grande rigueur est de mise, on veillera à mener les investigations de manière ordonnée, systématique, sans rien laisser au hasard. Ces personnages ont bel et bien existé mais il est évident que toute généralisation serait contraire aux lois de la science. A défaut de retrouver toutes les caractéristiques expliquées dans la présente étude, on considérera le spécimen comme, comme, comme un, comme un quoi ? Un bâtard !

    ******************************************************** **



  • Cauvin Cauvin 6 novembre 2006 22:11

    Une bonne tranche de viande de voiture, bien cuite, rien de tel pour se remettre d’une bonne journée à se peloter le sexe (fatiguant).

    je suis bien maintenant.

    je baille un peu, pour me détendre.

    Que faire ?

    d’abord je vais aller admirer une Gaie Parade, pardon, une Gay Pride, un de ces jours, sur L’Odyssée d’une espèce (la suite et fin ne va plus tarder...).

    Un détour par le Rapid’Bouffe, histoire de se sustenter...

    Bon, c’est pas tout ça, mais moi le Zyva, le vrai l’authentique Zyva, il va falloir que j’aille approfondir mon petit Rousseau préféré, celui avec les bons sauvages. Imbattable. Honnêtement cela dépasse, et de loin, toute cette littérature, la mienne en particulier.

    Allez, faites tous chier (comme dit mon voisin, un intellectuel de Agoravox, la voix des Rats), allez tous vous faire mettre bande de...

    (bande de quoi déjà, comment on dit déjà ? vous le saurez en lisant, quand j’aurai le temps, le prochain épisode de L’ODYSSEE D’UNE ESPECE), disons semaine prochaine.

    Emmanuel Zyva 1er, le Roi des Zyvas



  • Cauvin Cauvin 26 octobre 2006 15:58

    Mais je m’aperçois que je n’ai rien dit de l’appareil reproducteur du Mokda

    Non ?

    consommé de façon séparée, à l’image des organes mâles et moites appelés Neuguaits [...]

    Non vraiment ? Bon, d’accord, ce sera pour une prochaine fois.

    Autre élément de retour en arrière : Homo Zyva prospère dans le cadre d’une économie de prédation, non de production. Il pille et arrache, mais ne cultive rien. Il s’agit d’exploiter son milieu, le soumettre même, mais pas de le transformer ni de l’améliorer. Zyva n’a pas le sens de la propriété, ou plutôt il vit sur le postulat rigoureusement unilatéral selon lequel « tout ce qui est à moi est à moi et tout ce qui est à toi est... à moi ». A ce sujet l’éducation des petits commence très tôt. Reconstitution : un bébé Homo Zyva accompagné de sa mère pénètre dans un bac à sable. Trois ans tout au plus. Il se dirige droit sur les jouets qui l’intéressent et s’en empare pour aller les remettre à sa mère qui se dépêche de les enfouir dans son grand sac à carreaux rouges. Tranquille. Cette scène est authentique, nous le savons de façon sûre grâce à une étude patiente et minutieuse des empreintes dans le sable. Des restes de seau en plastique vert ont été retrouvés dans le grand sac de la dame. La leçon sera retenue par le petit. Elle est d’autant plus importante qu’à cette époque le bac à sable était la première école de la vie, une sorte d’oasis où affluaient les différentes espèces, avec leurs petits.

    Une fois devenu pubère, la pratique sexuelle d’Homo Zyva reste, à l’image de ce parasitisme systématique, marquée par une pure bestialité. Son cerveau n’est pas développé dans la zone de la réflexion, du scrupule et de la vie en société, à l’inverse de la zone correspondant à la satisfaction des besoins naturels. Ceci s’explique très facilement : en dehors de quelques rudiments de maraudage, on sait aujourd’hui que l’éducation des petits chez les Zyvas est réduite à bien peu de chose, en fait rien.

    On ne s’étonne donc pas de trouver des traces de massacres d’Homo Sapiens par Homo Zyva, un spécimen toujours solitaire étant pris à partie par un clan déchaîné. Ses chances de s’en tirer ? A peu près nulles. Le scénario macabre est toujours le même. Après une attaque fulgurante menée par un groupe féroce, le Sapiens s’effondre. Il est abandonné, mort, par les autres membres de son propre troupeau qui préfèrent poursuivre leur marche, un regard apeuré en arrière, laissant le Zyva à sa victoire. On a retrouvé dans les territoires occupés par Homo Sapiens des traces d’habitation montrant de véritables fortifications grâce auxquelles ce dernier tentait probablement de se défendre contre les incursions d’Homo Zyva. Ce sont de véritables camps retranchés qui ont parfois été édifiés, sur les emplacements des anciennes zones pavillonnaires.

    Mais il est vrai Homo Zyva est capable de tournoyer sur ses fesses de manière assez habile. C’est là sa grande fierté.

    Décidément on n’échappe pas à une sympathie spontanée pour son sujet d’étude... difficile de rester objectif quand on consacre des années et même des décennies à un certain sujet, qui devient alors comme un compagnon qui vous accompagne dans votre vie de tous les jours. Un ami. C’est vrai, il n’y a rien à faire, je ne peux pas m’empêcher d’insister sur les aspects sympathiques d’Homo Zyva.

    Alors, tous avec moi, car vraiment il faut faire preuve d’indulgence : un grand bravo pour le tourné/retourné sur les fesses !

    Les sites archéologiques de la région parisienne permettent de se faire une idée assez précise de ses déplacements à la recherche de nouvelles zones de chasse. Homo Zyva a certainement pu franchir la barrière du boulevard périphérique, pour pénétrer dans Paris.

    Paris est le territoire du singe Bobo. C’est une espèce à fesse blanche, qui ne mange que des végétaux et vit en autarcie complète. Le singe Bobo présente une caractéristique intéressante au niveau des chevilles, démesurément enflées. Notons également que cette variété de singe a troqué la liane pour le vélo ; on peut l’observer roulant avec assurance de rue en rue, les cheveux au vent, avec des habits soignés et sur le visage une expression de supériorité indifférente. Homo Zyva s’affiche dans Paris comme un prédateur. Alors le singe Bobo se réfugie en haut des immeubles pratiquement inaccessibles pour les autres espèces. Car il n’aime pas frayer avec les autres habitants de la forêt ou alors d’en haut, bien à l’abri perché sur les branches supérieures de sa forêt. Depuis les cimes lointaines il peut lancer toutes sortes de cris bienveillants en direction des autres espèces, notamment Homo Zyva. La forêt toute entière résonne de ses chants protecteurs.

    Mais ne nous y trompons pas. La sollicitude du singe Bobo pour notre Zyva est exactement la même que celle qu’il déploie pour l’éléphant du Bengale, la Baleine bleue ou l’abeille des vertes prairies. Les arguments, l’intonation, l’attirail de communication est le même, mais appliqué à un hominidé plutôt qu’à des représentants du règne animal. C’est ainsi que le Zyva serait naturellement bon mais contraint par son milieu à certains mauvais comportements, victime des affreux pas beaux qui ne veulent pas le comprendre, il-est-pas-méchant-si-on-l’attaque-pas etc... Le Bobo a défendu le Zyva en zoologiste distingué, protecteur des animaux, et cela, comble de l’ironie, du haut de sa singitude ricanante.

    [...]



  • Cauvin Cauvin 26 octobre 2006 15:47

    technocrate à mèche rebelle

    Ferme Ta Gueule

    et laisse moi raconter mon histoire (note de l’auteur)

    Pendant des années, Homo Zyva s’est contenté de chasser les voitures en stationnement, abandonnées par leur famille. Il lui a donc fallu apprendre à leur ouvrir le ventre. C’est le temps des premières découvertes, des premiers outils, rudimentaires bien sûr (années 1980/1990). La fierté est déjà là. La famille sera nourrie. Mais on imagine le désarroi du chasseur assistant, impuissant, au spectacle des troupeaux de véhicules en transhumance, trop rapides, trop difficiles à attraper. Puis ses techniques se sont améliorées et il en est venu à chasser des voitures en marche, allant même jusqu’à poursuivre leur propriétaire à leur domicile pour leur dérober les clés. Nous sommes aux environs de l’an 2000. Son appétit n’a pas reculé devant la taille des bestioles. A l’instar de ses ancêtres qui apprirent à piéger les mammouths, Homo Zyva a fait des 4X4 son gibier préféré. C’est l’époque de la grande chasse organisée. Pistage, affût, approche silencieuse : il a tout inventé. D’ailleurs certains éléments permettent même d’avancer l’hypothèse selon laquelle Homo Zyva aurait pratiqué la technique ancestrale du caillou tranché contre les gros monstres qui viennent pour l’écraser, le dévorer. Il comprend qu’il faut se regrouper, parce qu’on est plus efficace à plusieurs, alors il apprend à maîtriser sa peur devant le chauffeur de bus et ses formidables défenses en forme de casquette (Safèvinminutkonlatten Diplotobus). Pourtant, avec ses 4 tonnes c’est le genre de bestiole à qui il suffit de foncer droit devant pour vous pulvériser et vous réduire en bouillie. Notre ami comprend qu’il peut maîtriser sa terreur devant le hululement du camion de pompiers, sa couleur rouge au moment où il charge. Les pompiers (Sapaur Pompiécantus) sont des monstres sans pitié, qui ne reculent devant rien pour assouvir leur soif de sang, et cela à l’aide d’une trompe démesurée qui leur permet d’attaquer à distance. La partie supérieure du crâne comprend une armure indestructible et sa peau est aussi épaisse que celle d’un dinosaure. Alors Zyva s’arme de cailloux coupants et de projectiles divers, et il monte à l’assaut. Merveille d’inventivité et de courage. Il se regroupe et passe à l’attaque, Zyva a compris que la meilleure défense c’est l’attaque. Toute son action est tendue vers un seul objectif : ses proies.

    Les monstres seront chassés du territoire, on pourra repartir en quête d’un gibier. La capture est au bout et le clan viendra profiter de la manne. Le repos maintenant, on va faire cuire la viande de voiture : cette maîtrise de la cuisson a été attestée les fouilles, de manière irréfutable, à travers notamment la découverte de foyers remplis de restes métalliques calcinés. Les états de service d’Homo Zyva dans la chasse à toutes les espèces de véhicules à moteur sont admirables et le situent au meilleur niveau des espèces connues à ce jour.

    Par contre les spécialistes se sont longtemps partagés sur la capacité d’Homo Zyva à émettre un langage articulé. Il semble maintenant acquis qu’Homo Zyva avait développé un proto-langage constitué d’une douzaine de sons, bon d’accord, disons dix. Ce catalogue sonore permettait de désigner les éléments de son environnement qu’il était parvenu à individualiser. Il est difficile pour nous d’imaginer la somme d’efforts nécessaire pour parvenir à ce résultat. Rien de tel ne pourrait se faire sans une vraie capacité de mémorisation. Oserons-nous dire que nous avons affaire à un intellectuel ? La comparaison peut faire sourire, mais reconnaissons tout de même que cette douzaine de sons articulés constitue une admirable prouesse. Quant au bonjour, nous savons qu’il ne s’exprimait pas par des mots mais par une série de gestes de bienvenue formant un rituel assez élaboré, véritable signal de reconnaissance entre Zyvas à base de petits coups sur le dos de la main. Flap, flap.

    Bipédie, langage, culture, maîtrise du feu : le portrait idyllique que nous venons de tracer ne doit pas faire illusion. Les merveilleuses performances décrites ci-dessus s’inscrivent dans un contexte beaucoup moins positif. Si l’objet de notre étude nous fascine tant par certains côtés, il ne faut pas oublier, par souci de rigueur scientifique, que l’arrivée d’Homo Zyva marque une régression globale dans le processus d’évolution. C’est la grande découverte de ces dernières années. Jusqu’à présent toutes les théories sur l’évolution de l’homme et de ses ancêtres s’accordaient au moins sur l’idée d’un progrès continu. A travers toutes les époques et sous tous les climats depuis des millions d’années nos ancêtres n’ont eu de cesse de s’affranchir de leur bestialité originaire : du moins c’est ce que l’on croyait jusqu’à ces dernières années. La découverte d’Homo Zyva a réduit ce postulat à néant. On découvre aujourd’hui que les choses ne sont pas si simples. Toutes les hypothèses des grands paléontologues, Yves Coppens et consorts, sont à revoir.

    Les quelques éléments positifs font figure de poudre aux yeux, en comparaison des tares immondes de cet Homo. Car le Zyva marque un tournant, négatif, dans l’histoire de l’humanité. Pour la première fois, un hominidé tire l’évolution en arrière. Quelques faits avérés suffisent à la démonstration.

    Tout d’abord Homo Zyva pratique un mode d’alimentation abandonné depuis la préhistoire, le charognage. Il ingurgite notamment de grosses éponges appelées Mokda. La science a permis de reconstituer cette nourriture. Il s’agit d’un gastéropode gras qui se reproduit dans des cages vitrées et bien éclairées appelées Rapid’Bouffes. Dès l’arrivée, une épaisse odeur vous enveloppe, douceâtre et un brin salée. La partie comestible du Mokda se trouve dans une coquille de carton ou de polyester qui s’ouvre comme une huître ou une moule. La bête spongieuse est à l’intérieur. De forme cylindrique et haute de quelques centimètres, elle déborde d’une bave jaunâtre. Une calotte de couleur marron se soulève facilement, ce qui permet d’observer les viscères. On y trouve des disques de plastique rejetés par la fabrique de pneu la plus proche et pour le reste il s’agit de tout ce que le Mokda n’a pas eu le temps de digérer. Normalement la bestiole ne bouge pas car elle est morte (pour s’en assurer il est possible de lui asséner un grand coup de gourdin, c’est plus prudent... VLAN !). Homo Zyva mangeait cette chose, ce qui n’est pas le signe d’un quelconque progrès... Il devait fouailler là-dedans comme un vautour, avec le nez, en tenant le Mokda à deux mains. On imagine la mâchoire grande ouverte tâtonnant puis se refermant un peu au hasard pour découper les matières et s’en repaître. Comme les cages à singes de nos zoos, un Rapid’Bouffe était toujours jonché de paille, déposée par les gardiens du lieu sous forme de petites bottes serrées dans des cornets rouges. Son Mokda avalé, Homo Zyva devait probablement se vautrer sur la petite table couverte de paille elle aussi, et en picorer quelques brins qui restaient pendouiller sur le coin de la bouche. Espiègle, il jouait avec la paille, et il n’était pas rare qu’il reparte avec quelques brins collés à ses vêtements.

    Heureusement les gardiens passaient régulièrement dans la cage pour donner un coup de balai et ramasser les coquilles vides. Ils servaient aussi à boire. Le Mokda était arrosé de bile de caco-laco, un brontosaure froid pourvu de plusieurs canaux excréteurs. Il s’en écoulait une bile sombre dont le goût saumâtre était habilement dissimulé par un gaz naturel directement extrait des intestins du caco-laco. Ce breuvage était ensuite recueilli dans des poches à encre attachées au Mokda. Zyva plantait une paille dans l’anus situé, de manière surprenante, sur la partie supérieure de la poche (ce qui a donné le verbe « encaculer » pour désigner ce geste légendaire). Certains prétendent que la bête ainsi pénétrée émettait un petit cri grinçant. Homo Zyva pouvait ainsi sucer le liquide... particulièrement apprécié (des découvertes récentes semblent indiquer que d’autres espèces venaient également à la cueillette des mokdas... une théorie surprenante...).

    On constate sans peine que toute trace de civilisation a été balayée. Les avancées au demeurant incontestables d’Homo Zyva dans différents domaines ne pèsent pas lourd face à ces pratiques alimentaires. Mais je m’aperçois que je n’ai rien dit de l’appareil reproducteur du Mokda

    [...]

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