@Venceslas Vous racontez n’importe quoi. Je vis dans une ville du sud de l’Ukraine. Ici il n’y a pas de bombardements. Il y a eu quelques tirs ciblés à l’intérieur de la ville, mais qui sont toujours des ripostes. Les combats ont lieu à la périphérie. Je n’irais pas jusqu’à dire que la vie est normale, mais presque : ma femme a fait la queue à la pharmacie pour acheter des médicaments pour sa mère, et nous avons fait les courses. Les magasins sont ouverts jusqu’à 16 heures ou 17 heures. Je reconnais que nous avons de la chance car ici, contrairement à Kiev, à Kharkov ou à Marioupol, il n’y a pas de néonazis qui se planquent entre les maisons ou dans les écoles. Ici, personne n’empêche les gens de quitter la ville. Et bien sûr personne ne leur tire dessus s’ils tentent de le faire. Quand vous dites que les Russes font la même chose que les Américains, soit vous mentez, soit vous êtes mal informé, auquel cas vous feriez mieux de vous taire.
Vous
êtes d’une mauvaise foi proverbiale. Votre déformation de la
réalité et vos mensonges sont si grossiers que c’en est presque
comique. C’est ça votre problème : vous en faites trop. Vous
oubliez qu’ici vous n’êtes pas dans la presse mainstream.
Vous
dites que Yanoukovitch a été dégagé par le vote et par les
manifestations du Maïdan.
Faux.
C’est tellement faux que je me demande pourquoi je me donne la
peine de répondre. Si vous affirmez une telle bêtise parce que vous gobez la version de la presse mainstream occidentale, c’est risible. Mais si c’est par malhonnêteté intellectuelle... je vous laisse vous arranger avec votre conscience. Yanoukovitch a été dégagé par un coup d’État
piloté par la CIA. Les manifestations étaient pacifiques et
n’auraient jamais dégénéré en violence si elles n’avaient pas
été infiltrées afin de renverser le président démocratiquement élu. Quand vous dites « dégagé par le vote »,
vous êtes sérieux ? Pensez-vous pouvoir à ce point prendre
les gens pour des imbéciles ?
Vous
dites que Victor Yanoukovitch a fui en Russie. Sans le contexte qui
explique les raisons de sa fuite (il a fui pour sauver sa peau), ce
que vous dites n’est ni plus ni moins qu’un mensonge par
omission.
Vous
dites qu’il ne voulait pas des accords pro-UE que le peuple
voulait. Demi-vérité (par omission) mélangée à un mensonge grossier. Premièrement, il jouait sur les deux
tableaux, et s’il avait reçu une offre intéressante de la part de
l’UE il l’aurait acceptée. Il l’a refusée, non pas par choix
idéologique ou par principe, mais parce que l’offre russe était beaucoup plus
avantageuse. Deuxièmement, il est faux et mensonger de dire que LE
peuple le voulait. Une partie du peuple (la moitié ?) le voulait,
l’autre partie s’en foutait ou préférait conserver les liens
avec la Russie. Il suffit de voir la carte des élections ayant
conduit Yanoukovitch à la présidence pour savoir qu’il y a deux
Ukraines : l’ouest et le nord d’un côté, le sud et l’est
de l’autre.
Vous
dites que les pro-russes sont minoritaires. Qu’en savez-vous ?
Vous vivez en Ukraine ?
Vous savez ce que pense chaque Ukrainien ? Avec le régime qui
sévit en Ukraine depuis le Maïdan, il vaut mieux cacher ses
opinions politiques. Les gens ont peur, se méfient, ce qui est
normal. Ceux qui s’expriment ouvertement sont les pro-occidentaux
et pro-régime. Désolé de vous décevoir mais dans le sud de
l’Ukraine, où je vis, il y a une majorité de gens qui n’adhère
pas à la propagande gouvernementale, surtout chez les plus de 35
ans. Ils ne s’en laissent pas conter. Ce sont les plus jeunes, donc
les esprits les plus vulnérables et malléables, qui se laissent
endoctriner. Et puis qu’est-ce que ça veut dire « pro-russe » ?
Beaucoup d’Ukrainiens ne sont pas particulièrement pro-russes,
cela n’en fait pas des pro-occidentaux pour autant. Ce qu’ils
veulent c’est vivre mieux, avoir des conditions de vie décentes.
Le
pompon c’est quand vous dites que ce n’est pas une guerre civile.
Et l’argument que vous donnez pour étayer cette affirmation est
d’une débilité affligeante : vous croyez expliquer qu’il
n’y a pas de guerre civile par le fait que Yanoukovitch a été
dégagé. Autrement dit vous donnez la cause de la guerre civile en
croyant que cela suffit à démontrer qu’il n’y a pas de guerre
civile. Vous vous rendez compte de la stupidité de cette inférence ?
Voici un petit dialogue que j’ai écrit pour m’amuser. C’est une conversation entre deux individus très « normaux » dans un monde dystopique pas si éloigné du nôtre. Un joyeux Noël à tous !
- Ils me font rire, les non
corrects. Ils n’ont que le mot « liberté » à la
bouche. D’abord, la liberté ça se mérite. C’est pas vrai ?
-
Tout à fait. Et puis la liberté c’est de pouvoir choisir.
Maintenant je peux choisir le restaurant où je vais en fonction des
opinions politiques du propriétaire. Tu comprends, je n’ai pas
envie de donner de l’argent à quelqu’un qui a des opinions
politiques différentes des miennes.
-
C’est beau le progrès.
-
Oh oui, et ça vaut pour tout le reste. Par exemple je peux choisir
mes fréquentations en fonction de la notation. Ça m’a permis de
faire le tri dans mes amis. Il y en avait plusieurs qui n’étaient
pas corrects, avec des notes très basses.
-
Au fait, tu as combien de points sur ton permis à points ?
-
J’en ai dix. La semaine dernière j’ai serré la main d’un
complotiste, ils m’ont enlevé deux points.
-
Ton téléphone ne t’a pas averti ???
-
Si, mais comme j’avais baissé le son je n’ai pas entendu
l’alerte.
-
Ah, mince ! C’est embêtant. Moi j’ai encore mes douze
points mais je dois passer le contrôle technique le mois prochain.
J’ai fait faire des analyses de sang, tout va bien. Si rien ne
m’arrive jusqu’au mois prochain, je recevrai l’attestation qui
me permet de circuler pendant trois mois. Sinon, c’est confinement.
-
J’espère que tu contrôles régulièrement la pression des
artères ?
-
Bien sûr, j’ai pas envie qu’il y en ait une qui éclate.
-
C’est bien. Bon, il faut que j’y aille. À 14 heures il y a une
cérémonie de purification au centre ville, j’ai pas envie de la
manquer.
-
Oui, j’ai entendu dire qu’il y aurait une purification
aujourd’hui. Tu sais, j’ai beau détester les non corrects et les
complotistes en général, je n’aime pas trop l’odeur de la chair
brûlée. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à m’y
faire.
-
On s’y habitue vite, tu sais.
- Peut-être, mais pour le moment je
préfère voir ça à la télé.
Au sujet de
la création du diable, mea culpa, j’avais mal compris.
« Les
deux définitions que vous me proposez bien gentiment sont le
cheminement d’un mode de pensée n’est-ce pas ? »
Oui,
mais
pas
au
sens où on l’entend habituellement. Personnellement
je n’ai pas (encore) accès à ce savoir, c’est pourquoi je n’y
crois pas. Je trouve ces définitions intéressantes mais je ne m’y
attarde pas. Quand je dis que je n’y crois pas, je ne veux pas dire
qu’elles sont fausses, je veux simplement dire que je refuse
d’adhérer à quoi que ce soit que je ne peux savoir par moi-même.
Dans la vie pratique c’est différent : pour planifier ma
journée de demain, j’ai besoin de croire que le soleil se lèvera
et que ce sera une journée normale. Mais
pour ce type de connaissance, qui, à mon niveau, est spéculative,
je m’abstiens de tomber dans la croyance. Je la garde à titre
d’hypothèse à confirmer plus
tard par
une connaissance directe. Pour le moment, mon « travail »
consiste à être vigilant vis-à-vis des pensées qui surgissent car
il y en a un paquet que je perçois de plus en plus clairement comme
étant des intrus. Je m’exerce au discernement afin de trier les
pensées. Cela m’apporte un bienfait énorme : je
ne laisse plus entrer n’importe qui dans la maison de mon esprit.
Il n’y a pas de recette, mais ce que je peux dire c’est que le
fait de se détacher de ses croyances apporte une grande clarté. En
effet, les croyances agissent comme des aimants qui attirent notre
pensée vers elles, ce qui a pour effet de déformer et oblitérer
notre « perception » mentale. Quand
la
pensée n’est
pas polarisée par
des croyances,
ou l’est
de moins en moins, elle est beaucoup plus libre et donc plus lucide
et plus perspicace.
Pourquoi
est-ce si difficile de penser réellement et véritablement par
soi-même ? D’abord
parce qu’il faut prendre conscience de la manipulation mentale qui
se joue à notre insu depuis si longtemps
et qui provient d’un plan non matériel dont nous ne soupçonnons
pas l’existence.
Ensuite parce que nous sommes attachés à nos croyances. Leur
pouvoir d’attraction est d’autant plus fort que nous avons peur
de l’inconnu, peur de lâcher les
bouées du
connuet
nager par nous-mêmes. Nous nous sentons en sécurité dans le connu
et
ne sommes pas intéressés à changer.
Évidemment rien n’est fait pour permettre à l’individu de
s’émanciper : nous sommes infantilisés et maintenus dans un
état de soumission dès le
plus jeune âge.
« je
perçois que la pensée individuelle est d’une part influencée par
une conscience collective qui est celle de notre espèce et que
d’autre part chacune de nos pensées alimente cette même
conscience collective. »
Très
juste. À ceci près qu’il existe aussi une forme de pensée qui n’est
pas influencée. Mais elle est rarement utilisée. Le
plus souvent
elle
est polluée
par des influences externes. Quand
elle surgit, c’est-à-dire quand elle arrive à se frayer un chemin
entre les épais nuages de nos « connaissances » et de
nos croyances, on la reconnaît.
« Tout
ce que nous pouvons dire sur dieu vient de notre mode de pensée,
donc ce dieu là est une invention. »
Vous avez raison. Mais cela
s’applique aussi à l’athéisme : c’est la même pensée
qui est à l’œuvre. Les uns choisissent d’imaginer et de croire
en Dieu, les autres choisissent d’imaginer et de croire qu’il n’y
a rien de transcendant. L’erreur que font les athées c’est qu’il
déduisent du faux dieu des religions l’idée qu’il n’y a que
la matière et rien de spirituel. Vous tombez vous aussi dans le
piège de la pensée subjective quand vous dites que Dieu a créé le
diable. Dans une théologie créationniste cela pose, en effet, un
sérieux problème. Mais si vous n’adhérez pas à ce paradigme,
pourquoi continuez-vous à l’utiliser ? Vous voyez la
contradiction ? L’univers est un mystère que nous ne sommes
pas en mesure d’appréhender par la pensée. En tout cas pas pour
le moment. Nous devons nous contenter de nous élever en conscience
et en amour. Pour cela nous devons d’abord nous demander d’où
vient la pensée. Pardonnez-moi de revenir là-dessus mais c’est la
cause de tous nos problèmes : si nous savions d’où viennent
« nos » pensées, nous pourrions entamer un processus de
libération. Mais pour revenir à la question de savoir ce qu’est
ou qui est Satan, il y a d’autres conceptions que celles fournies
par les religions monothéistes. Le mieux c’est que je vous écrive
les définitions que je vous ai promises, qui sont tirées du livre de Sandra Vimont, Entrer dans le réel.
Satan :
Condensation personnalisée de toutes les émanations vivantes du
mensonge cosmique. Satan n’a pas d’âme ou d’esprit individué ;
il a plutôt une psyché collective, car il est né de la lumière
diffractée des êtres humains. Il a un plan caché, une intelligence
dévastatrice, la capacité de manipuler les formes qui correspond à
la force du mensonge cosmique sur la Terre et il n’a pas de cœur.
Ses énergies sont nourries par chaque humain qui n’a pas intégré
les sept alephs ; il habite plusieurs de leurs chakras. Son
énergie s’actualise parfois sur la Terre à travers un antéchrist,
dont il prend possession du plexus solaire.
Lucifer : Être
archangélique qui a utilisé sa volonté de diffracter le rayon de
l’Amour en utilisant cette énergie à ses propres fins. Il a alors
été expulsé du plan supramental et est devenu un ange déchu dans
le plan surmental. Ce porteur de lumière diffractée est considéré
comme étant le chef des esprits malins. Les émanations diffractées
qu’il a engendrées ont donné naissance à Satan ; le mariage
entre Lucifer et Satan a ensuite donné naissance à l’être humain
involutif sur la Terre. La force luciférienne est une force
involutive et descendante qui permet à l’ego d’élever sa
conscience au-delà du plan matériel, mais qui l’empêche de vivre
l’indépendance d’une conscience universelle et libre. Cette
force peut amener un individu à vouloir briller ou à penser qu’il
est plus important ou meilleur que l’autre, d’où l’émergence
d’orgueil, d’égoïsme ou de narcissisme chez lui.
Remarque : Le mot « ego »
n’a pas ici le sens péjoratif qu’on lui donne dans la
spiritualité, il a un sens neutre, il désigne le « moi ».