Il y a des fois où il ne faut pas avaler tout cru ce qui est sur internet.
Internet véhicule des millions d’informations, des sérieuses, des moins sérieuses, et des complètement farfelues.
En une demi-heure je peux créer un blog Nippon et y inscrire que l’irradiation transforme les cheveux en vert. Vous tomberiez sur ce site et colporteriez l’information comme le font des millions d’internautes.
Vous trouveriez ensuite sur YouTube une belle vidéo d’un homme qui fait une détection de radioactivité, comme vous me l’avais proposé pour faire le lien à mes propos.
Et pour vous, tout sera lié : irradiation au Japon=cheveux vert...et pour vous ce serait d’une logique implacable puisque c’est sur Internet !....et que ça correspond exactement à ce que je veux faire véhiculer comme message.
Le seul hic, c’est que scientifiquement, bin ça tiens pas la route !
Voilà à quoi vous jouer. Prendre pour argent comptant tout ce qui transite sur internet. Des faits qui n’ont aucunes validations scientifiques.
Ce Mr a découvert un « point chaud ». S’il s’en éloigne, le débit de dose aura diminué d’un facteur en proportion avec l’inverse du carré de la distance le séparant du point chaud.
A 2m, le débit de dose sera divisé d’un facteur 4
A 3m d’un facteur 9.
A 10 m d’un facteur 100.
Etc.
Pour en revenir à la question du début :
Un débit de dose de 43 µSv/h n’a jamais fais tomber les ongles.
Selon une étude très contestée parue dans la revue médicale « International Journal of Health Services », 14 000 décès aux Etats-Unis survenus au cours des 14 dernières semaines pourraient être liés à la catastrophe de Fukushima.
L’épidémiologiste Joseph Mangano et la toxicologue Janette Sherman sont les auteurs de cette première étude du genre publiée dans une revue médicale internationale.
Le titre choisi est prudent : « Une augmentation inattendue de la mortalité aux Etats-Unis après l’arrivée du nuage radioactif de Fukushima : y a-t-il une corrélation ? » (« An unexpected mortality increase in the united states follows arrival of the radioactive plume from fukushima : is there a correlation ? »)
Mais si l’intitulé en forme de question reste circonspect, les chiffres qui nourrissent cette étude sont inquiétants : « Dans les 14 semaines qui ont suivi l’arrivée du nuage radioactif », repéré sur la côte ouest des Etats-Unis six jours après l’explosion, « le nombre de décès recensés dans 122 villes américaines a augmenté de 4,46% par rapport à l’année 2010 ».
Les auteurs ont travaillé sur des statistiques significatives qui portent sur près de 30 % de la population totale des Etats-Unis.
« Durant cette période, le nombre de décès provoqués par la grippe et la pneumonie a été multiplié par 5 par rapport aux 14 semaines précédentes. Les enfants sont particulièrement vulnérables aux isotopes radioactifs car leurs tissus se développent rapidement, leur système immunitaire n’est pas encore parvenu à maturité et les doses de radioisotopes qu’ils reçoivent sont proportionnellement plus importantes que pour un adulte » explique Janette Sherman.
Ces chiffres seraient similaires, assurent les auteurs de l’étude, à ceux enregistrés aux Etats-Unis dans les six mois qui ont suivis la catastrophe de Tchernobyl.
L’étude a été aussitôt contestée par d’autres experts qui soulignent que Joseph Mangano et Janette Sherman ne mettent en évidence aucun lien de causalité entre cette légère augmentation du taux de mortalité et les retombées de Fukushima. « Leur niveau de radioactivité est bien trop faible pour être dangereux surtout sur une période aussi courte » conteste le physicien Andrew Maidment.
Quant à l’origine de cette hausse de la mortalité, elle serait due à un mécanisme connu de tous les scientifiques, la variabilité biologique. « Mangano et Sherman relèvent une augmentation du nombre de cas de morts subites du nourrisson. Or, on peut étudier les statistiques sur un mois et ne trouver qu’un seul cas et en compter trente le mois suivant : c’est cela la variabilité biologique » explique le professeur Robert Brent, membre du conseil National de Protection contre les Radiations.