« On ne pourra
pas passer en pertes et profits les cadavres humiliés par les
bourgeoises en goguette, les photos de cercueils ouverts, comme à la
foire, les déportés et les proscrits, les enfants arrêtés, les
femmes fusillées, souvent après d’expéditifs procès, les
prisonniers de Brest et de Cherbourg arrimés à des pontons, on ne
pourra pas non plus oublier Louise Michel. On n’oubliera pas les
chiffres, les chiffres terribles qui parlent tout seuls, implacables
constats de la barbarie de droit : 30 à 50 000 fusillés
pendant la « Semaine Sanglante » qui s’achève le 28
mai, 40 000 prisonniers, 4000 déportés dont la plupart ne
reviendront pas, des chiffres beaucoup plus impressionnants que ceux
de la Terreur de 1793 (3000 exécutions), qui pourtant passe toujours
dans les manuels d’Histoire comme l’exemple de la vengeance
aveugle ».