Supposons « un simple géniteur qui n’a jamais reconnu un enfant ,ne l’a jamais élevé , nourri,éduqué,apporté de l’amour ».
Il suffit que ce géniteur soit l’objet d’une action en reconnaissance de paternité assortie d’une demande de pension alimentaire de la part de la mère et vous verrez s’il n’est pas « considéré et défini comme un parent ».
« on s’en fout ,que ce soit pour les hétérosexuels ou pour les homosexuels ,d’avoir légalement ou formellement une filiation paternelle ou maternelle ou non ,ce n’est pas ça qui va déterminer si un être va être heureux ou non ,ce qui compte c’est le bonheur des individus grâce à l’amour des parents quels qu’ils soient ». ----------------------
Si l’on s’en fout de la filiation, pourquoi donc revendiquer le droit d’adopter pour les couples homosexuels ?
La loi française permet tout à fait qu’un couple homosexuel elève des enfants, par exemple ceux que l’un des partenaires a eu avec une personne de l’autre sexe avant de tourner la veste, ou ceux que l’une des partenaires a eu par insémination.
Puisque l’amour et le bonheur suffisent, pourquoi faut-il que l’autre partenaire adopte les enfants, ce qui a seulement pour effet de créer ce lien de filiation dont vous vous moquez ? ---------------------------
« D’autre part comment pouvez vous dire que l’enfant adopté par un couple homosexuel n’ a pas de père ou de mère ,alors que le projet parental existe comme vous l’affirmez vous-même ,que le père adoptif ou la mère adoptive existe ,à moins que vous considérez les parents adotifs comme nuls et non avenus et que seuls les géniteurs etc.... »
J’avais mis les termes de « projet parental » entre guillemets. Ce projet existe peut-être mais il n’a jamais fait d’enfant. Pour moi un projet c’est une oeuvre de l’intellect : il ne peut déboucher que sur une chose, un meuble, un bâtiment, une machine, une carrière professionnelle etc..., mais il ne peut donner naissance à un enfant.
L’enfant ne nait que de la rencontre charnelle de deux individus de sexes opposés, fût-ce par la médiation de la technologie moderne, et que ces deux personnes aient ou non un projet parental n’est en rien une condition nécessaire à cette naissance.
Quant aux parents adoptifs, je ne dis certainement pas qu’ils sont de faux parents. Mais s’ils sont de vrais parents c’est uniquement en vertu de la loi. Et si la loi peut imposer cette fiction comme vraie, c’est parce qu’elle est vraisemblable. La loi n’est pas toute puissante.
Contrairement à ce que vous écrivez le Tribunal Administratif de Besançon n’a pas admis l’adoption par un couple homosexuel, ce qui est interdit par la loi puisque seuls les couples mariés peuvent adopter.
La décision de l’adoption et son contentieux relèvent d’ailleurs des Tribunaux judiciaires et non pas des Tribunaux Administratifs.
Le TA de Besançon a seulement dit que l’administration ne pouvait refuser un agrément en vue d’une adoption (future et éventuelle) d’un pupille de l’Etat à une femme ( et non à un couple de femmes), sous le seul motif qu’elle vit en concubinage avec une autre femme. Sa compagne, elle, n’avait fait aucune demande.
Pour mémoire, l’agrément n’est qu’une décision administrative préalable qui permet de solliciter le placement d’un pupille de l’Etat et, ultérieurement, son adoption, sans garantir ni l’un, ni l’autre.
Quant à l’adoption par les couples homosexuels, c’est une toute autre affaire.
Quoiqu’on pense des capacités éducatives de ces couples, ou des risques psychologiques qu’ils peuvent représenter, ou ne pas représenter, pour des enfants, l’essentiel n’est pas là quand il s’agit d’adoption. (s’il ne s’agissait que d’affection, d’éducation ou d’entretien matériel, la délégation de l’autorité parentale ou d’autres formules juridiques suffiraient et le lobby homo ne réclamerait pas l’adoption)
Ce qui caractérise l’adoption, et particulièrement l’adoption plénière, c’est qu’elle inscrit une nouvelle filiation sur l’état civil de l’intéressé. C’est la notion de filiation qui est l’essentiel dans l’adoption.
Permettre l’adoption plénière d’un enfant par un couple d’homosexuels c’est permettre que l’état civil de cet enfant porte la mention « né d’un homme et d’un autre homme » ou « d’une femme et d’une autre femme ».
Cela revient à falsifier l’identité de cet enfant.
Certes toute adoption comporte une fiction dans la mesure ou le nom de l’adoptant est substitué à celui du père ou de la mère biologique.
Mais du moins, jusqu’à ce jour, cette fiction respecte la logique car un homme ne sera pas substitué à la mère et une femme ne sera pas substitué au père et, actuellement il est impossible qu’un adopté se voit affligé d’une « seconde mère » prenant la place du père, comme la Québécoise ci-dessus, ou d’un « second père » prenant la place de la mère.
Ce qui arrivera avec l’adoption par les couple homos, c’est qu’on aura des individus (pas seulement des enfants car l’adoption c’est pour la vie) qui n’auront légalement aucune filiation paternelle, ou aucune filiation maternelle.
L’individu « né de père inconnu » a une filiation paternelle. Elle n’est pas connue, ni établie mais elle existe et le père peut être recherché, imaginé, rêvé.
L’enfant de l’homoparentalité, lui, sera celui auquel la loi dira : « tu es né du »projet parental« de deux hommes ou de deux femmes et tu n’as jamais eu de père ou de mère ».