Et la finance dans tout cela ? Et les fortunes issue du commerce des esclaves ? Quelle bourgeoisie a pris le pouvoir en 1789 ?
Cela ne pouvait pas être la bourgeoisie industrielle, elle n’existait quasiment pas, puisque le système économique était fondé sur le binôme manufactures d’état (grande industrie propriété de l’Etat) / corporations (université d’artisans propriétaires).
Ce qu’on disait à l’époque des commerçants : faiseur de rien, vendeurs de tout.
En vérité, ce terme de bourgeoisie est bien mal choisi, car les bourgeois sont ceux qui habitent les bourgs.
Cependant, ceux qui ont pris le pouvoir, il l’ont fait grâce à leur très grande fortune, et celle-ci fut fondée sur l’import/export ou la spéculation : acheter pas cher ici, revendre très cher là-bas.
Ces gens devaient leur fortune à leur capacité d’aller et venir entre les nations, sur mer. Ils n’habitaient donc pas des bourgs. Il n’étaient donc pas des bourgeois. Ils circulaient sur les mers : ils étaient des merois.
Bon vous persistez à parler de monothéisme là où moi je vois plutôt une
fossilisation de l’esprit due à l’incapacité des églises à accéder au
plan symbolique et gnostique des univers religieux..
Il me semble que c’est précisément le refus de cette fuite en avant dans le symbolisme et le gnosticisme qui permit de canaliser les esprits à l’étude du monde réel ;
En cela, l’alchimie s’est toujours fourvoyée. Interpréter des symboles, c’est faire travailler l’imaginaire. Or, il est impossible de prouver la validité d’une déduction symbolique. Donc cela finit toujours en débats stériles et improductifs.
La science ne doit pas se contenter de symboles, elle doit expérimenter dans le réel. C’est bien pour cela que le catholicisme, refusant de laisser libre-court aux spéculations symboliques par ses dogmes, a orienté les esprits à une produire une science non vainement spéculative, mais au contraire efficiente.
... reflux de la pensée magique => révolution scientifique.
Quant à la science elle n’est en rien le fruit du monde biblique comme
certains essayent de faire croire sous prétexte de création. Non elle
est le fruit du matérialisme croissant des grecs. D’ailleurs elle s’est
mise à exploser après la Renaissance précisément à l’époque où l’on a
redécouvert les Antiquités.
Les exégètes chrétiens du monde biblique n’ont en effet pas cherché à occulter les antiquités, puisque la vérité ne peut se contredire elle-même. Ce qu’ont découvert de vrais les civilisations antiques a été simplement intégré dans le corpus chrétiens.
Quant à la révolution scientifique de la renaissance, je pense qu’elle est précédée d’une longue période de préparation. Il y eut une première renaissance sous les carolingiens, avec la naissance d’écoles, reprenant l’éducation Romaine, et l’invention de la minuscule caroline, l’écriture que l’on utilise actuellement. Cependant l’état carolingien s’est effondré.
Mais les écoles fondées subsistèrent. Le pape Sylverste II tenta d’introduire les chiffres indiens à cette époque. Ensuite il y eu une seconde renaissance au XIIème siècle, qui vit la généralisation des universités avec le développement du mouvement scolastique, qui fourmille de débats en tous genre sur diverses notions (principes extrémaux, mouvement, temps, lieu, le rapport entre les idées et le monde - querelle des universaux), ce qui permet de préciser les concepts (pour faire de la science, il faut avoir des concepts précis). Les premières explorations commencèrent (Marco Polo).
Cependant, il y eut diverses crises : la guerre de cent ans ; l’effondrement économique du XIVème siècle (la peste noire).
Puis le travail repris avec une certain nombre d’artistes-ingénieur comme Léonard de Vinci. Mais l’époque était alors plutôt à l’exploration du monde (Colomb, 1492 ; Vasco de Gamma 1498). Il fallait déjà une sacré maitrise de la navigation pour entreprendre de tels voyages, ce qui implique aussi une grande qualité en matière d’horlogerie et aussi une parfaite capacité à déterminer la position des astres. Copernic proposa l’héliocentrisme.
Cependant, les troubles civils (guerres de religions), vinrent à nouveau troubler l’avancée scientifique.
Le travail repris donc au XVIIème siècle. Il y eu l’acclimatation des plantes, beaucoup d’études en botanique. Ce siècle vit Pierre de Fermat inventer l’algorithme géométrique du calcul différentiel (méthode d’adégalisation pour passer à la limite), calcul qui sera mis ensuite sous forme algébrique et symbolique par Leibniz. Il y eut la découverte de la pression atmosphérique par Pascal, donc du baromètre, de la presse hydraulique et de la seringue (Pascal inventa aussi la brouette et la pascaline). Kepler démontra rigoureusement que postuler des trajectoires elliptiques aux astres autour du soleil, permettait de faire l’économie des épicycle des systèmes de Ptolémée, de Copernic et de Tycho Brae, menant donc à une théorie plus simple. L’évolution des techniques optiques (réfraction) permirent la création des lunettes et des télescopes. Huygens donna le principe des ondes, il découvrit les anneaux de saturne, inventa la notion de force centrifuge. Hook, la force élastique. Le moteur à vapeur est inventé. Le calcul différentiel va permettre de passer du simple qualitatif au quantitatif. Newton mathématise la gravitation.
Au XVIIIème, beaucoup de botanique, amélioration des aciers, du thermomètre et de la couveuse (Réaumur). Publication des cahiers des Arts et Métiers. Dufay, aux jardins du roi, découvre l’existence des 2 types d’électricité (la vitreuse et la résineuse). Le XVIIIème siècle verra dans toute l’Europe des démonstrations de l’électricité. Les automates sont fabuleux. Louis XV envoie une expédition mesurer le 10 000ème d’un quart de méridien terrestre pour unifier le système de mesure. La Mongolfière s’envole. Le fardier de Cugnot se transporte tout seul. Le premier bateau à vapeur est testé en France. Lavoisier invente la chimie et éradique l’alchimie. Coulomb mathématise l’électricité statique.
...etc
Donc, tu vois bien que la recherche scientifique n’a jamais cessée. Le goût était là, mais encore fallait-il que la société aient suffisamment de prospérité pour assigner des hommes à cette tâche.
Maintenant, je t’accorde que la science est en assez mauvais état aujourd’hui. Il est sûr que l’atomisme est critiquable. Mais c’est que la science s’est faite happée par le coté quantitatif et que modéliser par des petites boules dures, ça correspond bien à ce paradigme.
Cependant, je ne crois pas que le retour à des gnoses, qui confinent à rester dans le symbolisme pur, soit la solution. La science quantitative actuelle aussi se perd dans les symboles, mathématiques, ceux-là.
La science a laissé se dégrader la réflexion purement qualitative (la dualité onde/corpuscule -> c’est ambigu : chaque chose à son essence ; le b.a.b.a de la science, son marche-pied, c’est d’avoir des définitions non-ambigües et c’est ce qui a été précisément l’oeuvre de la scolastique, se livrant aux clarifications et précisions nécessaires à la révolution scientifique).
Pour retrouver cette qualité de définition, cela passe évidemment par la métaphysique, mais celle-ci ne peut être gnostique, car il s’agit de contempler le monde externe, pas le monde interne à nous-même.
Pour moi, c’est clairement l’exotérisme chrétien qui fut porteur de vérité sur le plan des sciences. Mais nous en avons déjà parlé. Je te sais porté à l’ésotérisme. Tu me sais porté à l’exotérisme, car me contempler le nombril m’ennuie.
Je ne te convaincrais pas aujourd’hui, mais, qui sait, peut-être un jour ?
Quiconque a fait un peu d’histoire des sciences conçoit bien que la science moderne est un pur produit du monothéisme.
Prenez la notion de Loi : c’est le gouvernement du créateur sur le monde...
Prenez l’académie de Mersenne : il en sort l’algorithme du calcul différentiel inventé par Fermat (cf discussion entre Descartes et Fermat via Mersenne).
Distordre les évidences a une limite : Vous êtes en train de nous dire que le monothéisme chrétien serait selon vous l’ennemi irréductible de toute science, pendant que toutes les autres religions y seraient très favorables...
Cependant l’Europe, qui a passé deux millénaire chrétiens - religion paraît-il ennemie de la science, a produit une avancée scientifique telle qu’elle colonisa le monde entier, composé de religions amies de la science... Allez comprendre...
C’est évidemment n’importe quoi. Pour qui se frotte à l’histoire des sciences, il est absolument flagrant que le christianisme a récapitulé toute l’antiquité en son sein, conciliant le monothéisme juif et la philosophie grecque, le sacré et le profane.
En effet, en christianisme, l’homme est l’assistant-ingénieur de Dieu et se doit donc de participer à la création.
Euh, pour le français en Afrique... Bon, c’est un peu comme l’anglais dans le monde... Shakespeare et Molière sont bien loin.
Mais c’est une loi générale : une langue qui s’étend finit par se créoliser en dialectes.
Mais sinon, c’est amusant comme l’organisation de la Francophonie, qui ne devrait s’occuper que de la qualité du Français, se voit obligé d’y emmêler des considérations politiques (« des valeurs humanistes qui s’y rattachent »).