D’accord. Je ne vais pas te contredire ou donner une réponse franche et massive dans l’autre sens, je veux juste montrer que la question est moins simple qu’il y paraît : y a-t-il un argument objectif pour, comme tu le fais, placer l’homme au-dessus des animaux en matière de souffrance ?
Pour la vie elle-même, c’est un peu différent, je pense que oui : on peut dire que la civilisation humaine rend la vie humaine beaucoup plus riche psychologiquement, culturellement, qu’une vie animale, et qu’une vie humaine vaut donc objectivement plus qu’une vie animale.
Pour la vie, d’accord donc, mais pour une souffrance, une douleur physique ? Je ne vois pas d’argument objectif justifiant d’accorder une considération différente à une même douleur selon la nature de l’être qui la subit.
« au vu de ce qu’il se passait dans les arènes romaines, les souffrances
animales ne semblaient pas déranger non plus les adeptes des religions
dites païennes.... »
En même temps, les souffrances humaines non plus !
Quoiqu’il en soit, Foufouille et MarcDS, on est apparemment tous d’accord pour dire que les animaux peuvent souffrir. Je vous propose donc la même question qu’à Traroth : une souffrance physique de même intensité a-t-elle moins d’importance si elle est subie par un cochon (un chien si vous préférez) que si elle est subie par un humain ?
« Et si je balance un coup de pied à mon chien, il me fera comprendre sa douleur aussi. »
Si on s’appelle Descartes ou si on est de mauvaise foi, on peut prétendre que le chien n’est qu’une machine sans âme (on dirait aujourd’hui un robot), programmée pour réagir ainsi...
« Est-ce que ça veut dire que les êtres vivants qui n’ont pas la même structure que nous (des pattes pour se déplacer, un système nerveux,...) ne souffrent pas ? Affirmer cela, c’est faire preuve d’un anthropomorphisme [...] »
Pas besoin de faire de l’anthropomorphisme. A priori, on est issu de la sélection naturelle, dans laquelle la douleur pouvait être un avantage pour nous (et pour la plupart des animaux) car elle nous incite à fuir le danger. À quoi pourrait servir la douleur à une plante (ou pour quelques animaux immobiles comme les éponges et les coraux) ?
Ça veut dire quoi que la plante est vivante, et en quoi ça implique qu’elle souffre ?
D’après Wikipédia, « La vie est un phénomène caractérisant l’état
dynamique ou latent d’unités complexes auto-organisées et homéostatiques
de la matière (organismes vivants), possédant éventuellement une
capacité de duplication et d’évolution. ».
Je n’ai peut-être pas tout compris à cette définition, mais je ne vois
en tout cas pas en quoi elle implique automatiquement la notion de
souffrance.