Comme d’habitude, toute tentative de disséquer le rire et de l’instrumentaliser est un contresens chiantissime et laborieux, uniquement capable de vous gacher un bon gag. Il n’est jamais commis par les gens authentiquement drôles, qui savent eux que le rire est bien au delà du verbiage des analystes.
Pas encore vu le débat mais je vois mal comment faire passer Bayrou pour un homme de droite serait une bonne chose quand on est de droite. Ca ne dessert pas Bayrou (qui a souvent dit : "j’ai des divergences de programmes avec le PS, de valeur avec l’UMP") mais ça envoie un signal fort aux électeurs de l’UMP : "si jamais vous en avez marre de nous, vous pouvez voter Bayrou, ça ne vous mettra pas sans dessus dessous"). C’est une bonne stratégie pour faire le beau, mais je doute que ça paye dans les urnes.
J’ai trouvé l’article intéressant, encore que je ne sois pas d’accord avec. A quelque pas de là, toujours sur Agoravox, on trouve ce chiffre qui m’a consterné (en relativisant car les sondages...) :
"Seuls 37% des Français se prononcent contre ce retour, selon un sondage Ifop/Paris Match à paraître jeudi. 89 % des Agoravoxiens y sont défavorables..."
Difficile donc d’y voir un opportunisme quelconque. D’autres part votre thèse repose sur l’idée que l’Europe est comme ci et pas comme ça. Je pense pour ma part que l’Europe est un gros gloubi boulga sur laquelle chacun projette ce qu’il veut. Il n’y a qu’à voir, sans même parler du parlement, l’écart entre la présidence tchèque et française. Il me semble donc possible que Bayroux soit pour "cette" Europe (je comprends ce que vous voulez dire par "cette", mais ça reste une approximation) sans pour autant inclure dans le tableau l’abandon de toute autonomie vis à vis de l’OTAN.
Il se peut aussi, bien entendu, qu’il y ait calcul. Mais je pense que les citoyens doivent réalistement accepter cette composante dans le manière de fonctionner des élus. Car sinon, les élus ne le sont pas, élus...
Ca me rappelle cet ingénieur qui me disait sur un mode pince sans rire que sa vocation, dans la vie, était de remplacer les cons par des machines.
En fait toute cette mécanisation ne serait, si nos valeurs suivaient, qu’une très bonne nouvelle. Il "suffirait" de remplacer la valeur "travail" par la valeur "connaissance" et boum, à nous les lendemains qui chante : un peuple plus informé qui vote mieux, une société avec plus de savoirs faires intermédiaire, plus resistante en cas de crise (sanitaire, alimentaire).
Beaucoup de gens pensent qu’il y a un obstacle économique. A mon avis, rien n’est plus faux : l’économie n’est jamais que la manière dont on décide d’organiser les activités humaines. Tant que le nécessaire est produit et que les différentes classes de la société y trouvent leur compte, aucun problème.
En revanche, l’obstacle culturel est serieux car tant que travail (et même, de préférence, "production") = dignité, chaque renoncement au travail est perçu comme une souffrance. De même, la valeur "connaissance" est bien trop sous estimée, au point d’être souvent complètement oubliée par les gens qui disent "mais si on ne travaille plus, que fera-t-on ?". Et bien, mais pour commencer tu auras le temps de t’informer et d’être un meilleur citoyen, le tout conduisant à de meilleures décisions, et au final à un mieux pour tous. Tu pourras également améliorer tes connaissances sur les sujets de ton choix, sans forcément te soucier d’y trouver un rendement professionnel, et puis tu pourras en faire ce que tu voudras. Connaissance et mise en application ne sont pas oisiveté !