J’ai beaucoup hésité avant de qualifier cet article d’inintéressant, car l’introduction partait dans le bon sens et qu’il est à mon sens saint de développer la réflexion dans toutes les directions. Las, c’est réellement un effort titanesque pour parler forme là où il y a beaucoup à faire sur le fond.
C’est d’autant plus creux et fragile que la conséquence logique des assertions de cet article est qu’on ne peut donc pas enqueter ou débatre sur une interprétation des faits à moins d’avoir des preuves. Au demeurant, l’auteur serine sans arrêt qu’il n’y a pas de preuve, ce qui est faux. Nombre d’éléments serait suffisant dans le cadre d’un procès équitable. C’est plutôt celui ci qui fait défaut.
Je suis en désaccorcd avec vous, VCCGT. Je ne nie pas que ce genre de sujet incite à la masturbation intellectuelle, mais attention non plus à ne pas réfuter toute réflexion sur ce simple préjugé. Sysiphe fait certes dans le commentaire, présentant en fait avéré ce qui l’est réellement mais nécessite plus ample démonstration aux yeux du profane. Néanmoins il ne montre aucun dogmatisme et il me semble qu’on ne peut pas en dire autant de votre commentaire, non plus que de l’article initial, qui font tous les deux des points radicaux et cassants sur des sujets où l’on sent bien que les auteurs ne sont pas en leur fort interieur tout à fait convaincus d’avoir la légitimité nécéssaire à leurs propos.
Ce n’est pourtant pas une question de légitimité, et ce n’est certes pas Sisyphe qui vous la balance à la figure.
C’est une question, comme toujours, de dire des choses valides ou non.
Ainsi Paul Villach réussit il l’exploit, sur un débat fait et refait, que dis-je, sur la tarte à la crème de l’art non pas contemporain (oui, Picasso ce n’est déjà plus de l’art contemporain, c’est que le temps passe ! ), de tomber le bec dans la première orinière venue - pourtant bien balisée !
En l’occurence qualifier Picasso, qui doit bien être le seul peintre de l’histoire à avoir des peintures classiques de son enfance suffisament crédibles pour être exposée dans un musée, et qui est le type même du virtuose, de tâcheron.
Est-ce que Sysiphe le crucifie ? Pas vraiment. Mais il fait juste remarquer, à juste titre, que Villach manque visiblement de connaissance sur son sujet. Villach fleure bon le type cultivé, mais pas en peinture, qui a force de trainer ses guètres dans des musées se paye un article sur la peinture sans se sentir obliger de se documenter d’aucune manière. Et l’on doit pouvoir le dire sans pour autant être taxé d’intellectualisme, s l’on veut éviter qu’Agoravox prêtent par trop le flan aux attaques des journalistes professionnels à peine plus (mais néanmoins plus, en l’occurence) compétants.
D’autant que dans le genre "faire des phrases et se payer de mots", Paul Villach tape assez fort. Il est d’ailleurs un peu triste de voir autant de moyens intellectuels mis au service d’une cause aussi erronée.
De même, quand vous affirmez :
"Un tableau, une sculpture ne doivent pas nécessiter une heure d’explications et d’hypothèses improbables qui commencent par " l’artiste a voulu dire que..." pour commencer à vous atteindre ou il ne s’agit plus, comme son nom l’indique, d’art pictural."
... vous transformez une opinion en fait, en l’occurence érroné. Pictural signifie qu’il s’agit d’image, en aucun cas que celles ci doivent être évidentes ou universelles. Comme toutes les autres disciplines développés pas nos civilisation, la peinture est issue d’un parcours et tout ce que font les nouveaux arrivants doit être compris en regard du contexte - tant de l’histoire de la peinture que de l’histoire tout court.
Partant, il est évident qu’une oeuvre ne peut être entièrement comprise sans connaissance de ce contexte.
Votre confusion vient à mon avis du fait qu’il n’est pas toujours nécéssaire de connaitre une oeuvre pour l’apprécier. Selon la personne et l’oeuvre, celà peut être même dommageable. Mais comme nous parlons ici de ceux qui n’apprécient pas, il n’y a plus de raison d’esquiver le contexte.
Maintenant je suis d’accord que certains se gargarisent effectivement d’un verni de connaissances et se soucient dans les faits plus de le jeter à la figure de leurs interlocuteurs de façon méprisante que de réellement comprendre ce dont ils parlent. C’est un travers désagréable à combattre, mais ça ne devrait pas vous dissuader non plus de chercher à investiguer pourquoi Picasso est universellement reconnu par ceux qui l’ont réellement étudié. Notament n’importe quel étudiant en art graphique, pourtant initialement plus porté sur le Manga que sur le cubisme.
Je le répète, il n’est que temps de mettre de coté le mythe du Picasso tacheron et de comprendre que les anecdotes, aussi amusantes qu’elles soient, restent des anecdotes, déformées au bon vouloir de chacun, y compris d’un Picasso notoirement espiègle.
Traiter Picasso de tâcheron ne peut se faire que par une grande et triste inculture. A 14 ans, éduqué par son père, Picasso faisait des peintures classiques d’un niveau que moi même j’étais loin d’atteindre à 20 ans alors que j’étais reçu premier en dessin au concours de l’ENSAD, le plus difficile en dessin académique d’un pays qui a une forte tradition à ce niveau.
Voici une peinture de Picasso à 17 ans. C’est d’un niveau terrifiant : pas seulement dans la maitrise académique, mais aussi dans la touche et de la maturité de l’ensemble.
Picasso était un virtuose - en fait en peinture, je crois bien que c’est le seul dont on connaisse des oeuvres de jeunesses aussi impressionantes. Devenu adulte, il a fait ce qui s’imposait à tout peintre de son temps : dépasser la figuration, rendue sans objet par le développement de l’imagerie photographique. Il a beaucoup inventé, beaucoup volé avec talent, et produit au final une oeuvre d’une variété et d’une audace remarquable.
Il serait donc plus que temps qu’on sorte, au moins sur un site comme Agoravox, de ces considérations incultes sur un Picasso tacheron. Il n’y a rien d’obligatoire a apprécier son oeuvre pour autant. Il est juste faux et foncièrement préjudiciable à l’art de ne pas comprendre que la plupart des peintres cubistes ou expressionnistes aurait fait des peindres classiques tout à fait solide. Et Picasso plus que tout autre !
La plupart des commentaires me semblent manquer l’essentiel. D’autant que la question du concours de quéquette n’est pas tout à fait la bonne, puisqu’un tel building n’aura pas la palme très longtemps, et que les promoteurs du projet ne peuvent l’ignorer.
J’estime plus vraisemblable que l’idée de fond des promoteurs de ce projet est de donner une image différente de lslam. Battre le record est la garantie d’une couverture média mondiale et le redneck texan bloqué sur Fox News qui verra ça devra revoir son cliché "barbu musulman = terroriste". Oui, c’est assez bête, mais je pense néanmoins que l’effet sera sensible. Alors pourquoi pas ?