Je pense qu’il serait utile de lister, compte tenu de ce que l’on dispose aujourd’hui comme informations, toutes les incohérences de cette affaire,
celles d’avant le 15/03/12 (voyages, passeport(s ? ), obtention de visas, itinéraire « public » et « privé » de ces dernières années...),
et celles d’après, notamment la mise en équivalence de toutes les déclarations « officielles » vues et entendues dans les médias, relatives à :
- la découverte (voire l’existence !) de la vidéo qui aurait été filmée par une caméra GoPro sanglée sur le thorax : confiée par une proche chez qui elle aurait été déposée, trouvée dans l’appartement après l’assaut, trouvée dans un véhicule loué garé à proximité de la rue Vigié... - le montage de cette vidéo (quand ? ) - l’envoi de cette vidéo (voire sa réelle existence ! ) au bureau parisien d’Al Jeezera (quand ? comment ?) - le témoignage de « Martine » lors du 2ème assassinat à Montauban (signes physiques distinctifs non concordants : corpulence, tatouage ou cicatrice sur la joue), qui, bousculée par le tireur après son geste, ne parle pas d’une caméra qui aurait été sanglée sur son thorax, malgré la proximité (contact physique) qui fut sienne et qui aurait dû à tout le moins lui faire remarquer la chose - la communication téléphonique donnée 11 minutes durant à la journaliste de france24 à 1 h 00 du matin la nuit du mardi 20 au mercredi 21/03, d’une cabine téléphonique publique, à opposer aux éléments racontés sur la localisation, puis la présence, de Merah dans son appartement dès l’après midi du 20 par la police, et dont le contenu supposé s’avère pourtant être un des seuls supports - sur trois - d’une revendication « djihadiste » des assassinats commis, les 2 autres étant la revendication de l’émir taliban, posthume et récente, et la conversation à « bâtons rompus » rapportée entre Merah et la police au début du siège (2 variantes : à travers la porte d’entrée - pourtant salement abimée très tôt par la 1ère et vaine tentative du Raid de la défoncer -, ou bien via un talkie walkie soit-disant fourni par la police en échange d’une de ses armes, comme par hasard de calibre 11’43) - la nature du gilet pare balles porté par Merah (modèle utilisé par la police) - les diverses affirmations du RAID et autres sur l’assaut, en les opposant aux éléments factuels dont on dispose aujourd’hui (photos, plans, vidéos BFM pour le son lors des tirs et leur minutage, ...) qui les rendent sujettes à caution - les divers éléments intervenus durant les 32 heures de siège (1ère tentative de pénétration dans l’appartement, échange (?) de tirs le matin du mercredi, ...)
La liste n’est pas exhaustive...
Savoir ensuite qu’est-ce qui est vrai dans divers éléments cités dans la presse étrangère :
Les passeports (source journal Libre Algérie) : avait-il réellement 2 passeports, l’un français, périmé depuis 2008 car non renouvelé, l’autre algérien, valide au jour du décès ? si oui, les a-t-on récupéré après l’assaut, ce qui permettrait de savoir quels visas y figurent, et sur quel passeport figurent quels visas ? Les voyages au Proche Orient (sources Il Foglio), et les éventuels services de renseignements, français ou autres, qui auraient pu les faciliter : quels voyages sont effectivement avérés (notamment celui peu probable en Israël) ? Les vidéos en possession de l’avocate algérien du père de Mohamed Merah sont-elles réelles ? Pourquoi à ce jour (info du 1er avril...) rien n’a encore filtré (possible connivence entre services de pays « complices » ?) sur leur contenu, présumé explosif et contradictoire aux éléments officiels ?
Compte tenu de l’intervention médiatique de Bernard Squarcini « fonçant » voir Le Monde pour s’y épancher, lui qui n’opère jamais ainsi, préférant le retrait : Pourquoi cet interview ? Sur quelles zones périphériques aurait-il pu vouloir influer ? Quelles contradictions déjà dévoilées aurait-t-il pu vouloir « corriger » par sa version des faits ?
Comment Merah a-t-il su, du Pakistan où il était, qu’il devait se rendre à une convocation de l’antenne régionale de la DCRI en novembre 2011 ? Comment connaissait-il le numéro de téléphone de cette antenne ? De quel cybercafé pakistanais a-t-il téléphoné ? Il paraît, dixit Squarcini, que ses services se sont assurés, via la géolocalisation, de l’authenticité de l’appel comme émanant bien de cette zone-là... Skype ou téléphone cellulaire ? Si oui au second, lequel ? celui de sa mère (écouté de mars à novembre 2011...), dont on nous a dit qu’il l’utilisait plutôt que d’en disposer d’un sien propre... ?
Quand toutes ses réponses auront été données, peut-être alors pourrons-nous faire le tri entre le vrai et le faux : tant qu’elles ne seront pas fournies, cette histoire a tout du storytelling si cher à nos puissants, qu’ils soient d’ici, de l’autre côté de l’Atlantique, ou d’ailleurs...
J’attends l’article d’Oumma sur la commission sénatoriale récente avec impatience...
désolé de citer le Réseau Voltaire : je ne le fais pas pour le mettre en avant (les liens entre Meyssan et le pasteur Doucet ne m’intéressent pas, même s’il m’est arrivé d’en lire un peu là dessus).
La partie intéressante de leur article, lu à l’époque où Médiapart sortit l’info au sujet du docteur Grosskopf et au mémo rédigé par Jean Charles Brisard quant aux rétrocommissions sur les marchés libyens agencés par Ziad Takieddine, était celle relative aux enregistrements audio des entretiens « sensibles » s’étant tenu à Tripoli, que Bachir Saleh aurait gardé précieusement ...
"... Cependant, dans les cinq semaines qui précédèrent la chute de Tripoli,
le gouvernement libyen décida de réunir des éléments matériels relatifs à
cette affaire et à plusieurs autres (la vente d’un avion par Michèle
Alliot-Marie en Tunisie, les vacances de collaborateurs de François
Fillon en Égypte, le détournement de 400 millions d’euros au profit de
Cécilia Sarkozy lors de la libération des infirmières bulgares, et le
programme d’expérimentation médicale du docteur François Sarkozy au
Tchad et au Soudan)....
Concernant le financement de la campagne électorale de 2007, il
n’existe pas de preuve écrite reliant les versements à leur
destinataire, mais principalement des enregistrements audio réalisés
systématiquement lors de chaque réunion...
... Les différents éléments collectés par le gouvernement libyen ont été
conservés par le très habile Bashir Saleh Bashir, chef de cabinet de
Mouammar el-Kadhafi. Arrêté par les Français lors de la prise de
Tripoli, il a rapidement été libéré et s’est provisoirement installé
dans un grand hôtel parisien. En décembre 2011, il a quitté la France,
puis a été nommé conseiller spécial du président du Niger, Mahamadou
Issoufou. Il bénéficie désormais d’un statut diplomatique qui lui
interdit de répondre à un juge d’instruction français."
Au moment où cet article fut mis en ligne, c’était plutôt le calme plat
sur le sujet du financement éventuel de la campagne 2007 de Sarkozy, et
en lisant l’article du Canard Enchainé d’hier, ça m’a fait « tilt »... Peut-être que les entretiens tunisiens de l’été dernier avec De Villepin ont tourné autour des clefs du coffre fort libyen, mais pourquoi n’auraient-ils pas également tourné autour de la récupération de quelques enregistrements possiblement compromettants.... ? Tel était le but de mon intervention, à la suite de votre excellent article...
Sur le même sujet (l’article du Canard d’hier, et les liens avec le financement libyen éventuel de la campagne 2007 de Sarkozy), j’avais posté un petit commentaire à Imhotep sur son article d’aujourd’hui... Je n’avais pas encore découvert le vôtre, très bien documenté...
Je poste quand même de nouveau le lien avec l’article du Réseau Voltaire sur Bachir Saleh, car s’il s’avère vrai (daté du 13/03/12), il pourrait peut-être apporter un complément d’information intéressant... http://www.voltairenet.org/Nicolas-Sarkozy-a-neutralise-les