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Jacques Brodeur

Jacques Brodeur

Conseiller en prévention de la violence, éducation à la Paix, éducation aux médias
Ex-enseignant en éducation physique

Tableau de bord

  • Premier article le 23/07/2008
  • Modérateur depuis le 25/11/2009
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Derniers commentaires



  • Jacques Brodeur Jacques Brodeur 27 novembre 2009 01:35

    Torchon ? Vraiment ? Vous semblez à bout d’arguments. Traiter un avis différent du vôtre de torchon me laisse craindre un décrochage de la réalité proche de l’hystérie. 



  • Jacques Brodeur Jacques Brodeur 27 novembre 2009 01:29

    Croacroa, vous semblez avoir des comptes à régler avec Familles de France. Votre commentaire ne s’adresse donc pas à moi. 
    Jamais je n’ai parlé ou suggérer d’interdire la télé, les films et jeux vidéo violents. Je veux que les jeunes et leurs parents soient renseignés sur les effets de la surconsommation des écrans, y compris le journal télévisé. 
    Que vous vous mettiez en colère parce que des scientifiques ont trouvé des effets secondaires à votre produit de consommation préféré, alors que les études ont été menées avec prudence et objectivité, ne change rien à la réalité. LA RÉALITÉ est différente des fictions « divines » que vous utilisez pour vous divertir et votre façon de les défendre ne fait pas honneur à leur prétendue divinité. 



  • Jacques Brodeur Jacques Brodeur 22 novembre 2009 05:27

    Rejeter la faute de l’intoxication des enfants sur les médias serait une solution de facilité ? Quelle affirmation gratuite et ingrate ! Depuis plusieurs décennies, des chercheurs du monde entier se sont astreints à étudier le fonctionnement des médias électroniques pour vérifier, puis finalement comprendre, les dommages causés aux enfants, aux ados. Réponse des médias ? « Balivernes » ! Les adorateurs du petit écran se répètent (pour s’en convaincre) que les parents qui pensent que la télé nuit à leur enfant sont des malades imaginaires. Ces parents seraient victimes d’un préjugé ; ils auraient peur des fantômes, du diable, des comic books, de tous les nouveaux gadgets électroniques.

    Il a fallu beaucoup de persévérance pour réunir le financement nécessaire aux études sur les impacts des dommages causés par la consommation médiatique. Et que dire des efforts déployés par l’industrie pour cacher les conclusions de ces études ou déjouer les réglementations ? Les résultats n’étaient pas sitôt publiées que l’industrie les tournait en dérision.


    Devant des pratiques médiatiques condamnables, certains préfèrent condamner les parents. Ils se croient courageux et clairvoyants de leur jeter la pierre. Les parents ne sont pas organisés et sont donc vulnérables. Ils sont divisés entre pauvres et riches et se méfient les uns des autres. La vie trépidante moderne les incite à abandonner leurs responsabilités parentales pendant qu’à leur insu, des agences de publicité apprennent aux enfant à asticoter leurs parents jusqu’à la démission, grâce à une technique de marketing répugnante connue aux États-Unis sous le vocable de « nag factor », et de « pester power » en Angleterre. Les parents modernes sont dépassés et voient l’exercice de leur autorité présenté comme rétrograde et méprisable. Les parents qui prennent leur mission au sérieux se font dire par leurs amis, voisins et collègues qu’ils se font du soucis inutilement. Imaginez quand en plus, de prétendus experts, commandités par l’industrie, viennent expliquer à la télé que l’influence des écrans est superficielle, passagère et qu’il faut lâcher prise. « Il faut bien que jeunesse se passe ». La pression est telle que les parents les plus consciencieux se mettent à douter et finissent par se résigner à confier leurs petits à la télé-nounou.

    Quand on discute du partage des responsabilités entre médias et parents, on constate que deux équipes se font face. D’un côté, il y a les enfants, les parents, le personnel de l’école et la communauté. Les quatre membres de cette équipe ont en commun d’être des alliés naturels de la citoyenneté, de la responsabilité et de la solidarité dans la lutte de l’humanité contre l’ignorance et la violence. Dans l’autre équipe, on retrouve les médias électroniques et les agences de publicité, prêtes à tout pour augmenter les auditoires, attirer le plus grand nombre de cerveaux possibles pour pouvoir ensuite les vendre à des annonceurs. Ce commerce de cerveaux humains (très bien décrit par Patrick Lelay, ex pdg de TF1) ne peut s’exercer qu’en neutralisant les décideurs publics et en manipulant l’opinion publique. N’oublions pas que dans la vente des jeunes auditoires aux publicitaires, des fortunes colossales sont en jeu.

    Devant une telle conjoncture, chacun choisit son camp. Ceux qui croient que les parents ont besoin de support plus que de blâmes peuvent rendre service à l’équipe citoyenne. En jetant la pierre aux parents, ils concèdent du pouvoir à l’industrie. Jusqu’à quand laissera-t-on les divertissements électroniques nous cacher les intérêts des enfants ?



  • Jacques Brodeur Jacques Brodeur 21 novembre 2009 20:48

    La diabolisation est un réflexe d’ignorance. Quand ils ne comprenaient pas l’origine d’une catastrophe ou d’un fléau, nos aïeux les attribuaient à une intervention des dieux fâchés ou à des ennemis du dieu unique, le démon.

    Dans le cas qui nous intéresse ici, c’est HP qui diabolise ceux qui apportent des renseignements objectifs sur les dommages des divertissements électroniques violents aux jeunes cerveaux. Dans la présente discussion, nous n’avons invoqué que des arguments scientifiques alors que les défenseurs des jeux vidéo utilisent des arguments ad hominem, en tentant de ridiculiser ceux qui décrivent les impacts de la consommation médiatique.

    Il faut éviter de diaboliser les médias. Il faut au contraire étudier leur fonctionnement et comprendre à quels impératifs ils se soumettent. Alors que d’un côté, ces derniers doivent obéir à la loi des audimats et des revenus financiers, de l’autre, on a des écoles qui ont pour mission de préparer des humains éclairés. Consommateurs inassouvis ou citoyens éclairés ? On choisit son camp.
    Dans le présent débat, lequel des deux camps diabolise l’autre ?
    Les écrans, comme toute autre activité humaine, peuvent effectivement servir à « élever » des humains ou à les diminuer. C’est un fait que certains contenus enrichissent les enfants, et que d’autres les appauvrissent. Certains jeux nourrissent la curiosité des enfants, d’autres les abusent. Les industries qui utilisent les écrans pour enrichir des investisseurs en désensibilisant de jeunes humains sont des abuseurs d’enfants. Si ces industries défendaient la liberté et la civilisation, pourquoi bloqueraient-elles la route à ceux qui veulent protéger les enfants, renseigner les parents et éduquer les ados ?



  • Jacques Brodeur Jacques Brodeur 21 novembre 2009 20:12

    Notre ami Happy Peng (HP) conclut : « Ce n’est pas une question morale, c’est une question technique : vous ne pourrez plus empêcher l’enfant de voir. » Je le remercie de m’offrir l’occasion de préciser qu’en ce qui concerne les médias, y compris et surtout les jeux vidéo de meurter, la technique ne nous permet pas de voir, au contraire. Elle nous donne l’ILLUSION de voir ; en fait, elle nous empêche de voir. La première définition que donne Larousse au mot écran est : « ce qui empêche de voir ».

    Et c’est justement à cet écran qui cache la réalité que l’éducation peut pallier. L’éducation peut rendre des humains désireux et capables de voir au-delà des écrans. Des humains non éduqués ne voient (et se satisfont de) que ce qui paraît à l’écran. Les humains éduqués voient les écrans avec des rayons X. Ils doutent, jugent, questionnent, discutent, fouillent, et découvrent ce qu’ils cachent, au lieu d’aider les jeunes à utiliser n’importe quoi pour se distraire, y compris des technologies aux moyens de séduction modernes et puissants. Ici, il faut lire « distraire » comme dans « éloigner de la réalité ».

    HP rend le mot « éducation » synonyme de « contrôle ». Éduquer, c’est le contraire de contrôler. Éduquer c’est rendre capable de voir, et non pas empêcher de voir. C’est rendre capable d’échapper aux contrôles, de refuser l’esclavage. Éduquer c’est rendre capable de prendre des décisions en connaissance de cause, sans se laisser éblouir par la technique des écrans utilisés pour amuser (abuser) des enfants.

    HP juge assimile l’éducation à un « refoulement des pulsions », un réflexe presque « chrétien ». Il lui reproche de vouloir inhiber ces pulsions stimulées par les écrans de jeux vidéo. Je sais pertinemment qu’en permettant à des jeunes, enfants et ados, de découvrir les impacts de la consommation médiatique sur leur cerveau, sur leur santé personnelle, physique et mentale, et sur la santé de la société, on les rend capables (comme dans POUVOIR) de COMPRENDRE ce que cache cette consommation, ses effets secondaires, on leur permet de découvrir à qui profite de cette consommation, on les rend capables (et non obligés) de consommer de façon éclairée, avisée, clairvoyante et responsable.

    L’empressement de HP à condamner mon plaidoyer en faveur de l’ÉDUCATION aux médias révèle qu’il me prête des intentions évangélisatrices, inquisitoires. Serait-il devenu accro de sa propre consommation ? Serait-il devenu intégriste de la religion cathodique ?

    Éduquer c’est aussi démolir des mythes, que ça plaise ou non aux personnes qui les chérissent ou aux industries qui les nourrissent. J’imagine que Darwin a du rencontrer plusieurs sarcasmes en son temps quand il a douté que l’homme ait été créé par dieu le 7e jour de la création. Voici un mythe véhiculé au sujet des jeux vidéo : « Un jeune qui a en lui une violence importante imputable au contexte dans lequel il vit pourrait la libérer en exprimant son fantasme dans les jeux videos, au lieu de la laisser s’accumuler jusqu’au passage a l’acte réel ? » C’est un mythe commun, un des premiers que des scientifiques sérieux, objectifs, prudents, chrétiens ou pas, ont investigué, scruté, analysé et réduit en poussière. Les jeunes criminels qui se « soulagent » en tuant des personnes virtuelles, en assassinant des policiers (comme dans Grand Theft Auto) ou en violant des femmes ne font qu’augmenter leurs frustrations et les risques de passage à l’acte. Ces divertissements cruels ne guérissent pas, ils alimentent le pouvoir des abuseurs et les justifient dans leurs préjugés : « je suis une victime et les « autres » sont la cause de mes malheurs, ou s’en moquent. J’ai donc raison de les détester et de vouloir me venger. »

    Je voudrais citer le réputé Craig A. Anderson, professeur et chercheur au Département de Psychologie à l’université de l’État d’Iowa. L’exposition à la violence virtuelle peut-elle avoir un effet cathartique (thérapeutique) sur le comportement agressif ? « Research psychologists have extensively studied this issue for many years. A clear answer emerged over thirty years ago, and has been confirmed many times since then. The answer is NO. Observing violence (e.g., violent television shows) or behaving aggressively in symbolic ways (e.g., playing violent video games) generally increases later aggressive behavior. It does not reduce it. »
    http://data.edupax.org/precede/public/Assets/divers/documentation/7b4_jeux_ video/7b4_015_CATHARSIS.pdf

    Je suggère une autre lecture en anglais que je voudrais bien avoir le temps de traduire en français. Il s’agit d’un extrait d’article publié dans le New York Times et rapportant les travaux du Professeur Brad Bushman. « Over the past three decades, psychologists have tested the catharsis theory and found virtually no evidence for it. Catharsis has enjoyed a run of support in the popular media that far outstrips its support in the research literature. »
    http://www-personal.umich.edu/ bbushman/nytimes.htm

    Souhaitons que l’enthousiasme de ceux qui se portent à la défense des bienfaits des jeux vidéo se transforme un jour prochain en doute scientifique ; cela ferait d’eux des concitoyens au pouvoir d’empathie enrichi.

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