Français, 54 ans, médecin spécialiste, diplômé de Sciences politiques, vit en Alsace, milite en faveur de la souveraineté nationale, de même que les deux autres signataires de la "Lettre ouverte aux parlementaires".
Merci pour cet excellent échange juridique. A l’heure actuelle encore, comme il est dit dans le commentaire de cette décision du Conseil constitutionnel de juin 2004 (Pierre Mazeaud, éminent juriste, étant le président du C.C.), la Constitution nationale reste un rempart. Mais il est certain que la rédaction du futur traité en préparation fera sauter ce verrou et rendra les jurisprudences européennes et bien sûr les directives et règlements, supérieures aux Constitutions nationales, en faisant référence, de façon plus subtile mais tout aussi efficace que la « Constitution européenne » rejetée en 2005, solennellement, par le peuple convoqué en référendum, aux jurisprudences de la Cour de Luxembourg et de celle de Strasbourg. Alors la France ne sera plus, dans le sens exact de ce terme, souveraine, et ne sera plus qu’un Etat subordonné, une Californie ou une Bavière. C’est cela la logique du fédéralisme, et de cela, les souverainistes dont je suis, ne veulent pas et luttent contre, comme je le fais, de toutes leurs forces. On peut vouloir le contraire comme les fédéralistes le veulent, mais il faut avoir l’honnêteté de le dire clairement aux Français. En tout cas, sur le plan juridique, les choses sont claires.
Certes, les points de vue peuvent s’exprimer. Mais il ne faut pas être naïf, derrière les séparatistes bretons fréquentant la FUEV, il y a toute une machinerie de celle-ci, puissamment active auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg à titre d’ONG, - suivez mon regard... - et qui entend bien pousser ses feux dès l’adoption du traité européen en gestation. Que cela aujourd’hui encore ait un aspect caricatural, je vous le concède, mais qu’en sera-t-il demain ? Dispensons-nous de cette Charte inutile, ce sera le plus prudent. Et après, il reste bien sûr le débat pur, non pollué par l’ethnicisme, entre fédéralistes et souverainistes, débat honorable et immense.
Le Pouvoir ayant de moins en moins le pouvoir, qu’il abandonne à Bruxelles, est contraint de gesticuler, d’envoyer ses gendarmes sur la route, et ses inspecteurs non-fumeurs dans les bistros pour se prouver qu’il existe et qu’il peut encore quelque chose à quoi que ce soit. Voilà la vérité.
A tous les naïfs qui ne comprennent que lorsque c’est trop tard, et à tous les Français de bonne volonté qui ne demandent qu’à être informés avant de juger sur pièces, une amie me signale ce texte de la FUEV (à l’adresse : www.fuen.org/) dont nous avons parlé plus haut, et qui préfigure ce qui attend la France avec la Charte (remarquez la référence contre-révolutionnaire, et l’appel à des juges « internationaux ») :
RÉSOLUTION 2007-06
L’Assemblée des Délégués de l’Union Fédéraliste des Communautés Ethniques en Europe adopte le 17 mai 2007 à Tallinn la résolution suivante :
Au vue de la volonté manifeste de l’Etat français de poursuivre jusqu’à son terme l’éradication totale de la langue bretonne, la délégation bretonne adjure ses compatriotes européens d’exercer sur l’Etat français, par le truchement de leurs représentants, toute la pression nécessaire pour qu’il se conforme enfin à l’éthique internationale concernant le droit des minorités autochtones sur leur territoire historique et cesse de pratiquer à leur encontre une politique d’uniformisation linguistique inexorable tout en prêchant à l’extérieur les vertus de la diversité culturelle.
(...)
Nous demandons enfin, puisque le peuple breton, sur le territoire correspondant à l’Etat breton, Etat souverain jusqu’à l’abolition unilatérale de cet Etat par la Révolution française, a adopté dans sa majorité le projet de Constitution Européenne, à la différence du peuple français qui l’a rejetée, qu’une commission d’experts internationaux indépendants soit constituée pour examiner le véritable statut juridique de la Bretagne au regard du droit international et et qu’on developpe des formes appropriées d’autogestion linguistique, culturelle, administrative et politique. Il y va de la survie d’un peuple européen, le peuple breton, en tant que peuple."