Voici l’avis de Ferghane Azihari ( article ds Le Figaro ce matin ) : Et si la France n’était pas raciste ?
1/2 : « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage », observait Montaigne, des siècles avant que Claude Lévi-Strauss n’érige l’ethnocentrisme en loi universelle de l’esprit humain. Toute culture trace une frontière entre un « nous » et un « eux ». « La plupart des peuples que nous appelons primitifs se désignent eux-mêmes d’un nom qui signifie “les vrais”, “les bons”, “les excellents”, ou bien tout simplement “les hommes” », notait l’anthropologue dans Race et histoire. Que des préjugés douteux survivent chez les Français n’a donc rien d’étonnant, sauf à oublier que ceux-ci comptent parmi les peuples les plus tolérants de la planète.
C’est, du moins, ce que donne à lire le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sur l’état du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie. L’institution née de la volonté de René Cassin déplore, à bon droit, la persistance des clichés xénophobes ; elle constate néanmoins que « depuis 2016, le niveau de tolérance est à la hausse », malgré le décrochage de 2023, au lendemain du 7 Octobre. Le racisme le plus brut, lui, reflue : 5,5 % seulement des sondés (0,3 point de plus qu’en 2024) souscrivent encore à l’idée d’une « hiérarchie des races humaines ». Parmi les facteurs explicatifs de la progression de la tolérance figurent l’élévation du niveau de diplôme, le renouvellement des générations, les expériences interculturelles et la pédagogie des discours publics.