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Jean Umber

Professeur agrégé de chimie (spécialisé en chimie organique) en retraite
Ancien élève de l'ENS St Cloud

Tableau de bord

  • Premier article le 16/02/2009
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Derniers commentaires



  • janequin 1er novembre 2007 15:53

    Pour Svenn,

    La vie n’étant faite que de réactions chimiques, je ne vois pas de quel droit on excluerait les chimistes de la recherche sur le sida, d’autant que ce sont eux qui font des hypothèses sur les mécanismes d’action des substances qu’ils synthétisent. Vous ne devriez donc pas limiter la capacité de réflexion sur un sujet concernant la vie à de simples virologues.

    A moins évidemment que vous soyez un adepte de la force vitale, auquel cas, évidemment, la chimie n’a plus voie au chapitre.

    En ce qui concerne ce nouveau médicament, un indole accolé à deux pyridines dont l’une est méthylée sur l’azote et l’autre chlorée, il empêche la recombinaison des exons (épissage) en ARNm. Il bloquerait la RNAligase. Il serait bon, après avoir vérifié que cette substance empêche les exons du VIH de se recombiner, en ne donnat plus les bandes caractéristiques attendues, de comprendre comment se fait ce bloquage. Quelles sont les propriétés chimiques intrinsèques à la molécule qui lui permettent d’éviter la reformation du HIV-RNA.

    Selon la publication, l’IDC16 se lierait spécifiquement aux protéines riches en sérine et en arginine. Il est intéressant de constater que la richesse en arginine est indispensable au bon fonctionnement du VIH.

    Quand on sait que l’arginine est le précurseur du monoxyde d’azote, lui même source d’acide peroxynitreux qui est l’agent effectif (mis en oeuvre par toutes les protéines de type caspase ou autres) de la mort des cellules T4, et peut aussi envisager une activité purement chimique de ce nouveau médicament, empêchant la formation des protéines à l’origine de cette chute des T4.

    De toute manière, l’avenir de la biologie est dans l’étude fine de toutes les réactions chimiques qui se passent dans la cellule, et non dans une étude trop globalisante (et donc fortement susceptible de perte d’informations) telle la virologie.



  • janequin 1er octobre 2007 19:32

    Maintenant, si l’eau est liquide, Svenn, c’est justement parce qu’elle est formée d’agrégats de molécules d’H2O assemblées par liaison hydrogène. Donc, la taille de tels agrégats (qui glissent les uns sur les autres dans la forme liquide) peut être très importante, dix fois, voire cent fois plus en diamètre que la molécule simple, soit donc jusqu’à 15 nm. Il faut toujours tenir compte des liaisons intermoléculaires lorsqu’on étudie les propriétés physiques d’une molécule.



  • janequin 1er octobre 2007 08:45

    Il semble maintenant clair que les multipthérapies ont fait baisser la garde des gens, mais il n’est pas sûr que ce soit la seule raison. Tout d’abord, le public se rend compte que les discours alarmistes de l’Onusida ne rendent pas compte de la réalité sur le terrain. Ainsi, le bureau de recensement américain donne des estimations pour la population d’Afrique du Sud en 2007, à savoir 44000000, avec un taux de croissance de - 0,5%

    http://www.census.gov/ipc/www/idb/country/sfportal.html

    Ils indiquent explicitement que leurs calculs tiennent comptent de la prévalence du HIV déterminée par les études anténatales :

    http://www.census.gov/ipc/www/idb/aidsproj.html

    Ces projections sont en désaccord profond avec les réultats publiés par le bureau des statistiques d’Afrique du Sud, qui donne une population de 47900000 et un taux de croissance annuel d’environ + 1%

    http://www.statssa.gov.za/publications/P0302/P03022007.pdf

    La désertification de l’Afrique, pourtant annoncée vers le milieu des années 90 comme conséquence de l’épidémie de Sida, n’a pas eu lieu, et au contraire, la croissance de la population africaine est la plus forte au monde. Cela est valable pour l’Ouganda, mais aussi pour le Botswana, dont la population est actuellement le double de ce qu’elle aurait dû être selon les prévisions.

    Tout ceci fait que les gens prennent de moins en moins pour argent comptant ce que disent les médias, d’autant que chez nous, si la mortalité progresse à nouveau un peu, elle reste marginale comparée à celle provoquée par les autres maladies importantes.

    Les publications par le ministère de la santé des taux estimés de transmission de la maladie par type d’acte sexuel conduisent également bon nombre de gens à prendre moins de précautions :

    http://www.sante.gouv.fr/pdf/dossiers/sidahop/ch16.pdf

    où il est indiqué que la transmission de l’homme vers la femme ne fonctionne que dans un cas sur deux mille environ, un cas sur trois mille de la femme vers l’homme.

    L’avénement de la trithérapie a effectivement considérablement modifié les choses. Elle a consisté essentiellement au début à diminuer les doses d’AZT de 1500 mg par jour à 500 mg par jour, et à y adjoindre un autre analogue nucléosidique, l’épivir et un inhibiteur des protéases. Actuellement, on privilégie toujours l’épivir, auquel on rajoute le plus souvent le lopinavir, du moins en France. L’atripla, lui, comporte un composé très voisin de l’épivir (emtriva), ainsi que le viread, qui est un organophosphoré. Tous ces nouveaux traitements semblent avoir un point commun : ce sont de puissants réducteurs chimiques, ce d’autant qu’il est de plus en plus convenu de dire que le VIH agit en provoquant la mort cellulaire grâce à des médiateurs chimiques, dont le principal serait un puissant oxydant, le peroxynitrite.

    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/sites/entrez?db=pubmed&cmd=Retrieve&dopt=AbstractPlus&list_uids=17012767&query_hl=5&itool=pubmed_docsum

    L’AZT lui aussi avait de bonnes raisons « chimiques » de diminuer le taux de ces oxydants, et donc la réponse positive au traitement était logique, cependant, l’amélioration n’était pas durable, car l’AZT peut être à l’origine de ces peroxynitrites lorsqu’il n’est plus contrôlé chimiquement par les réducteurs sanguins, qui disparaissent très lentement en présence du même AZT. L’épivir, par contre, a des propriétés réductrices voisines de ces réducteurs sanguins, et donc permet à la personne de voir sa santé s’améliorer plus durablement.

    L’accès à tous ces traitements est certainement très onéreux. Mais la synthèse de l’AZT, qui se fait en 2 étapes et utilise des substances peu chères, n’aurait pas dû conduire à des prix aussi élevés, et actuellement, il semble qu’il soit bradé dans les pays en voie de développement, alors qu’il n’est pas nécessairement ce qu’il y a de mieux. Par contre, l’épivir (ou l’emtriva), qui est une constante dans tous les traitements depuis dix ans en Europe, est très compliqué à sythétiser, et cette synthèse doit se faire dans des conditions opératoires anhydres (sans eau). Elle utilise des réactifs chers et des solvants chers. Et cette substance reste donc encore très chère, alors qu’elle semble être la mieux adaptée.



  • janequin 26 juillet 2007 23:09

    Les choses ne sont pas simples. En effet, la méthode vaccinale trouve son origine dans l’observation de personnes empiriquements guéries de la variole (jenner) par la vaccine de la vache. Jusqu’au moment où l’on a été capable de comprendre un peu mieux le système immunitaire, et en particulier la structure et les propriétés des anticorps, les diverses vaccinations ont consisté à rechercher une méthode permettant de modifier la souche virulente pour en faire une souche atténuée, qui provoque la réponse... mais à l’époque de Pasteur, il s’agissait encore d’applications bien empiriques.

    A partir du moment où l’on a découvert ces anticorps et leur structure, on s’est dit : "ça y est, on a trouvé la méthode ad hoc pour protéger des maladies, et on a essayé d’appliquer systématiquement cette méthode à tout ce qui était pathogène et provoquait la formation de ces anticorps.

    Hypothèse louable et très fructueuse apparemment. Mais a-t-elle vraiment été validée ?

    En ce qui concerne la tuberculose, les deux études épidémiologiques majeures suivantes, ont montré que l’apparition de la réaction antigène-anticorps n’était pas signe de protection :

    « Trial of BCG vaccines in South India for tuberculosis prevention : first report », Bulletin of the World Health Organisation, 57 (5) : 819-827 (1979)

    « Randomized controlled trial of single BCG, repeated BCG, or combined BCG and killed Mycobacterium Leprae vaccine for prevention of leprosy and tuberculosis in Malawi » Karonga prevention trial group The Lancet 348, July 6, 1996, 17-24

    Le dernier document montre une relative protection contre la lèpre, alors qu’il semble de peu d’utilité contre la tuberculose.

    par ailleurs, étudie-t-on correctement l’impact in vivo des vaccins, ou bien se contente-t-on de vérifier la formation in vitro d’anticorps « protecteurs » ? Il semble que non, au vu de cette histoire qui se passe en 2007 en Inde :

    UNTESTED VACCINE SURFACES IN POLIO OUTBREAK

    http://www.tehelka.com/story_main33.asp?filename=Ne280707untested_vaccine.asp

    Il y est indiqué qu’une nouvelle souche du vaccin antipolyomyélitique, apparemment non testée, a laissé apparaître un nombre important de cas de polyomyélite, au point que le Dr. Puliyel, pédiatre-chef d’un hôpital de New-Delhi, a parlé de fautes scientifiques et éthiques...

    cordialement

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