Contester un article qui s’appuie sur des chiffrages Eurostat à partir de chiffrages OIT dénote d’une méconnaissance flagrante des statistiques nationales et internationales :
- Eurostat couvre une région homogène (comparer le Vénézuela, le Kenya, les USA, la Corée du Sud et l’Allemagne est bien plus hasardeux que comparer les Pays-Bas, la France et l’Allemgane), première différence
- et surtout Eurostat exige des instituts officiels nationaux les séquences statistiques brutes qui lui conviennent et calcule ensuite des statistiques homogènes, là où l’OIT ne peut que recueillir des contributions volontaires au niveau agrégé, cela fait une sacré différence en matière de comparabilité des chiffres d’un pays à l’autre
à l’auteur
La fin de l’article se conclut par un virage sur l’aile vers des considérations très peu reliées au reste du texte. Pourquoi ?
Sur l’idée de vendre des logements HLM à leurs occupants :
- si c’est au prix du marché (du m2) ils n’en auront guère les moyens en général
- sinon, si c’est à un prix d’ami ou « social », pourquoi faire un tel cadeau et comment ensuite construire un nouveau logement si le produit de la vente est trop faible pour cela ?
- tout le monde s’accorde à dire que l’on manque de logement sociaux en France, à commencer pour les très bas revenus, ce qui se traduit nous dit-on par 100 000 SDF et des centaines de milliers de familles mal logées. Personne n’a encore expliqué pourquoi ou comment vendre une part du parc locatif des HLM permettrait de régler cela. Il y a bien l’idée - théorique - suivant laquelle le produit de la vente permettra (et devra permettre : obligation légale pour les organismes HLM) de construire de nouveaux logements locatifs. Sauf que le temps que les fonds soient rassemblés, les terrains achetés, les bâtiments construits, on s’engage pour des période de 5 à 10 ans pendant lesquelles il y aura moins de logements HLM à louer...
Par rapport à certains commentaires mal informés : les fameux HLM de la mairie de Paris qui permettent de loger des gens aisés, souvent proches de MM Chirac et Tiberi mais pas seulement, à des prix d’ami ne sont pas des HLM. Il s’agit d’un parc locatif privé de la ville géré en concession par des SEM (contrôlées pour la plupart jusqu’à il y a quelques mois par des proches du RPR). C’est un tout autre sujet.
à donino30
Supposons qu’un guichetier d’un organisme quelconque traite en moyenne 10 personnes par heure, en effectuant correctement et promptement son travail. Le lendemain même du passage aux 35h, il continue de tenir cette moyenne. Et bien selon la définition de la productivité, son salaire (contribution au PIB) ayant été maintenu, il est 15% plus productif du jour au lendemain, comme par enchantement. Je ne sais pas ce que les lecteurs en penseront, mais moi une telle définition, même si elle garde un sens, me parait difficilement exploitable pour une négociation.
Cet exemple - ou ce calcul - est grossièrement faux : le calcul de productivité horaire est fait au niveau d’un pays en tenant compte du nombre d’heures travaillées et du PIB. C’est ce qui permet d’avoir un minimum de comparabilité internationale.
Dès lors, si en diminuant (légèrement) le nombre d’heures travaillées en total consolidé (et estimé) on arrive quand même à maintenir plus ou moins la même production on a bien une (légère) augmentation de productivité horaire.
Et cela n’a rien d’aberrant.
Il est toujours loisible de critiquer les estimations d’agrégats utilisées (par ex. le PIB), comme pour toutes les statistiques macroéconomiques, mais c’est un tout autre débat.
D’abord la ségrégation noirs - blancs (en train de devenir noirs - latinos - blancs) existe toujours très fortement. Cela ne veut pas dire qu’on ne trouve pas quelques endroits où il y a mélange, mais la situation habituelle est plutôt les noirs dans des quartiers de noirs (et parmi eux les noirs riches dans des quartiers de noirs riches) et les blancs dans des quartiers de blancs. Je ne sais ce qu’il en sera dans 40 ans, il est possible que la situation actuelle résulte du fait que les lois de ségrégation (apartheid aurait-on dit en Afrique du Sud) ont été abolies il y a 2 générations en droit et réellement mises en vigueur à partir de 73-74. De ce point de vue il est radicalement inexact de dire que la situation est donc si similaire à ce qu’on voit en Europe. Ici des jeunes noirs qui viennent traîner le soir dans un quartier blanc (après les heures de travail) sont suspect et la police est appelée.
En revanche une chose est vraie : l’évolution en Europe depuis les années 70 tend à rapprocher de plus en plus les deux situations, avec la création de ghettos en Europe aussi. La cause initiale en est l’évolution politique et sociale (chacun pour soi) et la distance culturelle initiale entre des populations immigrées (et non là depuis 2 ou 3 siècles comme les noirs américains) et les locaux des pays concernés.
Il n’y a certainement pas de quoi en être fier en Europe.
Je me rappelle qu’à l’époque des émeutes à LA en 92 je m’étais dit que ça allait finir par arriver en Europe, c’est arrivé en France en 2005... C’est le décalage actuel.
à l’auteur ;
Je crois devoir insister une nouvelle fois : parce qu’il faut sortir des mécanismes du traité de Nice, je pense qu’il faut que la consitution ou ce traité modificatif (et pas simplifié !) qui la remplace soit adopté. C’est dit sans enthousiasme mais par réalisme et je le dis clairement.
Ceci étant dit, il faut que les politiques en faveur de cette adoption, M Sarkozy le premier, se lancent à fond pour expliquer le pourquoi et justifier le choix qu’ils proposent.. à tous les français consultés à nouveau par référendum.
Cela prendrait du temps ? Rien n’obligeait en juin dernier à se dépêcher et - qui plus est - depuis 4 ou 5 mois le président et son gouvernement auraient largement eu le temps de faire une campagne sur ça (au lieu de faire campagne pour eux-mêmes comme s’ils devaient être réélus demain).
Au lieu de cela on s’achemine vers la pire des solutions. Un texte a été rejeté par référendum et le succédané qui le remplace va être adopté par le congrès. Qu’est-ce qui va en rester ? On aura renforcé chez les gens le sentiment du fait que l’Europe se fait sans eux, voire contre eux. « On vote contre et puis ils s’entendent dans notre dos pour faire comme bon leur semble... ». Beau résultat pour la crédibilité de l’UE et des politiques...