« La pierre qu’on rejeté ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle ».
La catharsis est en effet le sujet principal de la violence.
La catharsis est la violence qui arrête la violence, la « pharmacie » de la violence, puisque l’être humain ou l’animal sacrifié s’appelle en grec le « pharmacos ».
La représentation de la violence vise un effet de catharsis, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un exercice délicat, qui peut déraper et se retourner contre lui-même.
La représentation chrétienne de la violence ne vise pas, en principe, un effet de catharsis, même si elle peut souvent être interprétée comme telle, y compris par le dogme catholique lui-même.
En faisant de Jésus, l’agneau qui lave nos péchés, l’église cherche à créer un pharmacos de tragédie grecque. Elle ne saisit pas souvent à quel point la crucifixion a au contraire pour effet de supprimer la logique de la catharsis, pour que la violence ne trouve plus sa pharmacie.
Si la violence ne peut plus enrayer la violence, les sociétés sont condamnées à s’entretuer ou à renoncer totalement à la violence. C’est le dilemne de la guerre froide, l’équilibre de la terreur de puissances surarmées et capable de s’anéantir.
Voilà, je le dis tout net et sans préavis, Bon Scott était sans doute le dernier prophète biblique.
Les paroles de ses chansons sont d’une profondeur confondante, en particulier son « Ma’s own weeping boy » qui veut dire « le bouc émissaire de sa mère ».
Ce type a fait plus que nous divertir avec de la bonne musique. Il a rendu quelque chose, un espoir, une envie d’exister, à une génération en désérence. Il y a une humanité explosive dans ses chansons, soutenue par les riff excellents de Malcolm Young et par ce petit ange d’Angus, qui réveille les sens engourdis par ses gesticulations sauvages.
Il y a aussi quelque chose de nouveau dans ce que dit Bon Scott sur les rapports entre les hommes et les femmes.
Après sa mort, Brian Johnson, qui ne se sentait pas à la hauteur, a été l’un des rares à remarquer à quel point Scott était un véritable génie.
Je pense qu’il est vrai que nous, les femmes, sommes, en majorité, moins créatives et révolutionnaires que les hommes.
Et je constate tous les jours la façon dont les familles savent parfaitement étouffer dans l’oeuf les élans de créativité et d’originalité que pourraient développer les petites filles.
En dehors de l’instinct maternel, qui n’a d’ailleurs rien d’automatique, la dureté des femmes n’a souvent rien à envier à celle des hommes.
Je pense sincèrement que leur sentimentalisme est souvent une affectation d’apparence ou un conditionnement social.
Pour résumer, les hommes et les femmes ont exactement les mêmes sentiments mais ils ne MONTRENT pas les mêmes.
Beaucoup se laissent piéger aux apparences et beaucoup de gens croient même à leur propre apparence. Il suffit pourtant parfois de peu pour les démasquer.