Je suis
entièrement d’accord avec vous. Je suis enseignante en maternelle et pas plus
tard qu’aujourd’hui j’ai vu une collègue qui enseigne en petite section,
prendre une petite fille et lui mettre la tête sous l’eau (peut-être parce
qu’elle faisait un caprice ?) puis elle l’a laissée et est partie en empêchant
les autres élèves de l’approcher. J’avoue que les collègues présents, ont
tourné la tête et ont feint de ne rien voir ! Moi-même, je suis passée près de
la petite fille et même si elle m’a lancée un regard de détresse, j’ai continué
mon chemin !
J’applique ou du
moins je m’efforce d’appliquer chaque jour ce que vous proposez. J’ai une
classe où les élèves sont contents d’y venir. je ne crie pas (cela fait du bien
à ma gorge !) et du coup j’ai une bien meilleure image de moi en tant que
maîtresse ! Les enfants ont confiance, ils connaissent les sanctions qu’ils
encourent s’ils ne respectent pas les règles ainsi que les récompenses
auxquelles ils ont droit quand ils se comportent bien. Je les respecte et il règne
une bonne ambiance dans la classe. Et ....je m’efforce de faire la même chose à
la maison avec mes enfants et petit à petit j’ai vu les tensions diminuer et
l’amour et la confiance grandir.
La paix existe
mais beaucoup d’entre nous se sont habitués, malheureusement, aux guerres au
point qu’ils pensent que le rapport de force est « normal ».
Quand j’ai lu votre article (très bel article !) je sentais la panique me gagner. L’apocalypse...l’avenir ne sera pas meilleur mais pire ! Et pourtant comme mon présent est bien malgré le chaos qui semble régner à l’extérieur !
J’ai rêvé au lycée idéal. Moi je rêve d’une maternelle idéale. Enseignante en grande section depuis 6 ans, cette année j’approche de mon idéal ! Une classe où les élèves viennent avec plaisir, travaillent, s’amusent et sont punis quand il le faut.
Le cadre éducatif qui n’avait de sens que sur du papier est devenu concret lorsque j’ai rencontré un psychologue scolaire. Le cadre éducatif, les règles de la classe sont à mettre en place avec les élèves, les transgressions de ses règles sont suivis de sanctions auxquelles les élèves ont donné leur accord et sont appliqués dans le respect de chacun. A bàs la relation de force, car le conflit est latent !
Comment croire en l’efficacité du RASED quand notre inspectrice décide que celui-ci n’interviendra pas en maternelle ?
Nous sommes insuffisamment formés pour faire face aux difficultés de plus en plus nombreuses que nous rencontrons dans notre classe. Aussi, je me suis appliquée à faire des demandes d’aide pour des élèves dont j’ai jugé crucial l’intervention du psychologue et effectivement mes demandes d’aide m’ont été retournées avec la mention « intervention psy » mais de psy je n’en ai point vu jusqu’à présent !
Mes collègues de maternelle et moi-même finissons par nous résigner...et souhaitons quelquefois avec un sourire vengeur que du RASED il n’en reste que des Ruines !
Les membres du RASED sont débordés et ne prennent pas le temps de nous expliquer ce qu’ils font et, heureusement que votre texte en précisant la nature de l’intervention de chacun de ses maîtres spécialisés...rend compréhensible le rôle du réseau ! je suis d’accord avec vous, des RASED, on en veut !
Je continue de croire que l’école est nécessaire pour les enfants même si au fond une petite vois me dit « tu mens ! ».
J’ai eu une scolarité où je n’ai jamais eu à me confronter au douloureux problème de l’échec. Après mes études, j’ai été formatrice et j’ai enseigné à des jeunes de 16 à 25ans qui étaient en échec scolaire. J’ai vu des jeunes qui « haïssaient » l’école dont ils avaient eu le sentiment d’avoir été exclus ! D’après eux, ils n’avaient pas été bons ! Ils haïssaient tel ou tel prof qui les avait humilié, méprisé...Ils semblaient n’avoir gardé aucun souvenir agréable de leur « séjour à l’école » qui semblait relevé plus d’un centre pénitencier que d’un lieu d’apprentissage. Ils avaient été déçus de l’école ! Et c’est à ce moment que je me suis interrogée sur les « bienfaits » de l’école. Je continue à m’interroger et reconnais que quelquefois l’école nuit gravement aux élèves. On brise leur estime d’eux-mêmes, la confiance en les adultes et une école soucieuse de leur réussite. J’envie le modèle finlandais, les écoles Montessori, les écoles krishnamurtiennes...
En lisant ton texte j’ai pensé à ces vers de Verlaine
« Tout suffocant et blême quand sonne l’heure, je me souviens des jours anciens et je pleure
Et je m’en vais au vent mauvais, qui m’emporte deçà delà, pareil à la feuille morte »
J’espère que ton cri sera entendu, ce cri semblable à celui du nouveau né ? Est-ce pour cela que tu as choisi de nous présenter les photos de tes enfants ? Je blague...bien entendu.