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Moonz

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  • Moonz 4 novembre 2008 20:24

    J’ai pendant quelques années de mon adolescence (mais on ne finit jamais l’adolescence, n’est ce pas ?), j’étais plutot orienté anarchiste.

    Je dois avouer que ce qui a refroidi mon ardeur, ce sont des sites comme « http://vivrelibre.lautre.net/accueil/index.html » (même si je continue d’y jeter un oeil de temps en temps, on ne se refait jamais totalement ;)) et la foultitude de variantes (anarcho-communisme, collectivisme, syndicalisme, capitalisme, individualisme, et j’en oublie, tous différents !), qui montrent la dérive sectaire de la plupart de ses adeptes (l’anarchisme, c’est MON anarchisme — au mépris de toute logique qui voudrait que en l’absence de toute coercition, il est ridicule de tenter d’imposer un système comme étant « le seul vrai ». Et les anti-anarchisme, on discute pas avec, on les pends)



  • Moonz 4 novembre 2008 20:12

    > Certains libéraux parmi les plus extrèmistes (tendances lbertarianisme) sont convaincus que le fait de chercher un moyen d’améliorer l’accès des plus pauvres à un logement est responsable de la crise.

    Mauvaise foi évidente (ou mauvaise compréhension, mais je n’aime pas insulter l’intelligence d’autrui ;)). Les « libéraux extrémistes » ne disent pas que chercher un moyen d’améliorer l’accès des plus pauvres aux logements est en soi générateur de crise ; ces « méchants extrémistes » disent juste que c’est la méthode démagogique (et, on est en train de le voir, éminemment dangereuse) utilisée pour arriver à cette fin qui est en cause (politique de crédit facile, démagogique parce que ça n’augmente pas les impôts, dangereuse car on sait (enfin, pas les hommes politiques apparemment) depuis 1929 que jouer avec les taux de crédit n’est pas une politique très avisée sur le long terme — le problème, c’est que tous les hommes politiques se foutent du long terme, espérant qu’il tombe pendant le mandat de leur adversaire).

    Il y a une différence entre critiquer un moyen et critiquer la fin. En l’occurence, ce qui est critiqué, c’est le moyen.

    Quant à la justesse du fait en lui-même... Il est indéniable que c’est un facteur qui a joué dans la crise, il est indéniable aussi que c’est ce qui a lancé la crise (faillite des institutions para-étatiques émettant les prêts « sub-prime »). Mais cette crise est la combinaison de multiples facteurs...

    > Aujourd’hui, pour résoudre la crise financière ils se rappellent que l’État qu’ils vouaient hier aux gémonies, sait être bonne fille : ils en usent comme d’une vache à lait.

    « ils », les libéraux ? Je crois que vous confondez « banquiers » et libéraux, c’est très (très) loin d’être équivalent :)

    > sans interventionnisme démocratique de l’État non corrompu par les puissants, la société dérive vers l’esclavagisme et le gâchis.

    Cela me donne beaucoup de matière pour une seule phrase, je vais essayer de faire le plus court possible :)

    Déjà, le sort d’une société sans État est franchement discutable ; les anarchistes (capitalistes comme socialistes) ne seront pas d’accord avec vous. Et ça pose la question : qu’est-ce que l’état ? Quelle est la limite entre minarchisme et anarchisme ? En répondant à la question qu’est-ce que l’état, cela donnera une indication pour la question plus importante pour « quel est son rôle » ? D’où tire t-il sa légitimité ? Comment éviter qu’il dépasse ses prérogatives ? De là, on en arrive aux questions centrales : si on commence à dire à l’état qu’il a la légimité pour se porter garant des bonne moeurs et « corriger » l’économie, où (et comment !) trace t-on les limites ? Autrement dit, si vous commencez à autoriser l’état à intervenir légèrement dans l’économie quand tout le monde dit que c’est bénéfique, qui l’arrêtera quand il chercher à intervenir parce que la majorité le pense bénéfique, puis quand il ira de plus en plus loin (après tout, il a déjà agi par le passé, il en a donc la légitimité !) jusqu’au capitalisme d’état à la URSS ? Qui l’arrêtera quand après avoir sévèrement contrôlé les lecteurs de Mein Kampf (ils sont immoraux, l’état doit se porter garant de la moralité), les « génétiquement potentiels pédophiles », puis les criminels financiers, il cherchera à contrôler les homosexuels, les syndicalistes, et les autres minorités jugées « pas très chrétiennes » (désolé) par la majorité ?

    L’état a ceci de terrifiant que si vous lui tendez la main, plus rien ne l’empêche de vous manger le bras (pas le bras des honnêtes citoyens bien moraux bien pensant, bien entendu, mais des minorités décriées — que ce soient les trotskystes, les capitalistes, les homosexuels ou les lecteurs de Mein Kampf). D’où la position minarchiste de pas mal de libéraux (dont moi). Seule une constitution limitant sévèrement les pouvoirs de l’état peut éviter les dérives, on ne peut compter ni sur les hommes politiques, ni sur la bienveillance de la majorité (qui a une fâcheuse tendance à accueillir à bras ouverts les hommes politiques qui leur apportent un bouc émissaire : les juifs dans l’allemagne nazie et les spéculateurs dans les démocraties modernes). Pour les anarchistes, même une telle constitution n’est pas assez.

    Au niveau de la corruption, je pense que c’est inhérent à l’interventionnisme (à moins de sur-payer les fonctionnaires). Comment en serait-il autrement quand un simple fonctionnaire peut faire gagner des millions à un entrepreneur en signant un bout de papier ?



  • Moonz 4 novembre 2008 19:32

    > Péripate, puisqu’on vous dit libéral convaincu, de votre point de vue le libéralisme est-il appliqué aujourd’hui ?

    Ça ne s’adressait pas moi, mais étant un libéral convaincu, je vais répondre simplement : non, absolument pas. Je vais donner un exemple simple : selon Mises (qu’on peut difficilement taxer d’anti-libéral), une condition nécessaire au libéralisme est une politique monétaire saine (pas d’inflation (dans le sens émission de monnaie) ni de contrôle des taux de change ou des taux d’intérêt). C’est réellement une condition forte, dans le sens ou une politique monétaire malsaine perturbe tous les calculs (des calculs les plus savants des entreprises du CAC 40 à ceux de la menagère qui achète au leader-price du coin) des agents économiques ; privatiser quelques entreprises d’un côté pour faire une politique d’argent facile à côté est un non-sens, contre-productif et dangeureux (parce qu’àprès, les électeurs ont tendance à mettre les problèmes sur le dos du méchant néo-ultra-libéralisme : regardez, on privatise, et après ça, une crise !)

    Ceci en tête, vérifions la validité de l’axiome de base de la plupart des anti-libéraux mal informés (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, il existe des anti-libéraux bien informés ;)), comme quoi les USA ont une longue tradition d’ultra-libéralisme. Voici la courbe d’émission de monnaie (au sens large, en incluant les crédits) de la fed (la banque centrale des USA) :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Currency_component_of_the_US_money_supply_1959-2007.gif

    Elle parle d’elle même, je pense...

    Ajoutez à ça Bretton-woods, la loi interdisant aux citoyens américains de détenir de l’or, les politiques protectionnistes, l’incarcération illégale de citoyens américains d’origine japonaise pendant la seconde guerre mondiale, ça donne déjà une idée de « l’ultra-libéralisme » aux états-unis... Et pour ceux qui croiraient encore que Keynes n’était qu’un brève intermède socialiste entre l’ultra-libéralisme d’avant et le néo-libéralisme d’après, je ne peux que vous conseiller de lire ceci :

    http://www.objectifliberte.fr/2008/10/new-deal-2.html

    Je ne parlerai même pas de la politique américaine des 10 dernières années, Patriot Act suffira :)



  • Moonz 4 novembre 2008 19:15

    * S’il est vrai que personne n’a vraiment cherché à appliquer honnêtement les idées des libéraux, qui n’ont servi que de prétexte à une nouvelle forme d’oppression, la même chose n’est pas vrai pour le communisme. Les conseils ouvriers, l’expropriation des capitalistes, l’attaque violente du système financier ont eu des ardents défenseurs. Et c’est là que ça déconne : l’échec du communisme vient bien de sa mise en application, qui a chaque fois se termine par le peuple devant régler l’ardoise.

    * Il est frappant de noter que certains préceptes des théoriciens du marxisme (polylogisme, rejet de la social-démocratie) ne trouvent que peu d’écho chez les commnunistes eux-même, étrangement. Justement les principes du communisme qui dérangent les chefs des partis, par une étrange coïncidence...

    * Le communisme prétend assurer l’égalité des gens, y compris les non-entrepreneurs, par un effet de billard à 50 bandes dont on serait bien en peine de trouver un exemple concret[1]. Dans la pratique, c’est simplement un prétexte à l’exploitation des pauvres par les riches, et pour jouer au billard, vous pouvez toujours rêver...

    De rien, c’est tout naturel :)

    [1] bon, ok, je doit admettre que l’« effet de billard à 50 bandes » ne s’applique pas trop là, le principe du communisme (l’état s’approprie la production pour la reverser égalitairement) est conceptuellement plus simple :)



  • Moonz 29 octobre 2008 12:07

    > Mais alors moonz, si le libéralisme est un système si parfait pourquoi le monde ne se porte il pas à merveille ?

    Vous présupposez que le monde est actuellement dirigé par les préceptes libéraux, mais c’est totalement faux. Comme un dessin vaut mieux qu’un long discours : sachant qu’une condition nécessaire au libéralisme est une politique monétaire « saine » (j’aime pas ce mot, il présuppose un jugement de valeur, mais bon...), essayez donc de trouver un seul moment où une politique libérale a été réellement mise en place aux USA : http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Currency_component_of_the_US_money_supply_1959-2007.gif

    À part un minuscule et ridicule bout en janvier 99 (la fed faisait grève ? ;)), je vois pas trop personnellement...

    Il ne suffit pas de privatiser à l’arrache pour être libéral, de même qu’il ne suffit pas de nationaliser à l’arrache pour être socialiste (sinon, les conservateurs sont socialistes !).

    (de plus, le libéralisme n’est ni parfait ni magique, au passage ; tout socialiste, nationaliste, libéral, conservateur, communiste ou anarchiste qui dit que son système est parfait est un charlatan)

    > celui qui est proné par le FMI, La Banque Mondiale, L’OMC, etc..

    Je me contenterai de citer Frédéric Bastiat (qui ne les a pas connus, mais qui est parfaitement adapté ici ;)) sur ce sujet :

    « C’est que, quand un homme, au lieu d’agir pour lui-même, décide pour autrui, l’intérêt personnel, cette sentinelle si vigilante et si sensible, n’est plus là pour crier : Aïe ! La responsabilité est déplacée. C’est Pierre qui se trompe, et c’est Jean qui souffre »

    C’est entre autre pour cela que ces organismes ont été fotement critiqués par des libéraux comme Hayek ou Mises.

    > Pourquoi si les théories libérales de Friedman sont si magnifiques

    Je n’aime pas dire ça, ça fait un peut guerre de clocher, mais puisque j’y suis acculé... Friedman est, à mon avis, anti-libéral. Je ne dis pas qu’il est hypocrite ; je suis certain qu’il est complètement acquis à la philosophie libérale, à la fois dans ses dires et au plus profond de lui. Mais voilà, sa théorie économique n’est absolument pas incompatible avec une politique inflationniste ; au contraire, elle y est favorable, et lui aussi. Comment arrive t’il à accorder ses convictions politiques avec ses conclusions énonomiques (un des rôles de l’État est d’ajuster la quantité de monnaie au PIB), je n’en sais rien, mais j’ai du mal à voir... (pour plus d’infos là dessus : « Friedman est il keynésien ? », de Garisson, qui répond... oui, en grande partie)

    > Peut etre pourriez vous lire la stratégie du choc de Naomi Klein

    Puisque tout le monde me le conseille, je le lis dès qu’il me tombe sous la main (d’autant plus qu’il me semble avoir lu des choses intéressantes de lui. Par contre, si c’est un Jacques Généreux en bis, poubelle direct)

    Pour l’amérique du sud, je vous avouerai mon incompétence totale en la matière :).

    > Excellent poetiste, le texte est de vous ?

    Moi ? Non, c’est juste que j’étais en train de lire Proudhon, et son style (j’aime beaucoup, même si je ne suis pas d’accord avec le contenu) a légèrement déteint sur moi ;)

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