Intéressante démonstration du fossé qui sépare les élites du populo. En effet comment croire encore aux discours des hommes politiques après tant de trahisons et d’affaires ?
Mais plus que de la haine c’est surtout de l’indifférence que l’individu lambda oppose à toute cette agitation qu’on nous présente comme primordiale pour notre avenir.
Non consultés à la base pour savoir comment et pourquoi faire cette europe, le passage en force opéré au grand dam des premiers concernés laissera vivace en eux un sentiment de défaite et de détachement d’un monde politique qui ne se souvient des citoyens qu’une fois de temps en temps, lorsque vient l’heure de nous faire signer le chèque de caution démocratique.
On a beau jeu de blâmmer le peu d’intérêt et de responsabilité des citoyens, on ne pourra pas dire que tout n’est pas mis en oeuvre pour qu’il en soit ainsi. Après les élections le spectacle continue et les médias, fidèles serviteurs des pouvoirs auront tôt fait d’attirer notre attention sur des sujets sensasionnalistes et de peu d’intérêt.
Pensez-vous sincèrement que la politique puisse changer les choses dans le sens d’une amélioration de nos conditions de vie, d’éducation, la préservation de notre santé, en plus de faire de la France / Europe un modèle pour le reste du monde ?
Ne croyez-vous pas plutôt qu’une fois élus nos politiques se découvrent des urgences et des préoccupations toutes personnelles et narcissiques, comme de rempiler ou de faire profiter les petits copains.
Que pensez-vous d’un référendum à mis-mandat, quel homme politique aurait le courage de se soumettre réellement au couperet des décisions populaires, s’il travaille véritablement dans le sens de la mission politique qui lui est impartie par les électeurs, il ne devrait rien avoir à craindre ?
c’est exactement ce que je voulais tu dise, c’est quand même mieux quand c’est toi le dit Fouad, c’est plus crédible et ça conforte mes convictions. Par contre je ne te permet pas de parler au nom des kabyles qui eux sont capables d’aller vers la démocratie.
Ils l’ont promis, ils se
mobilisent pour le faire. Les parlementaires islamistes koweïtiens
commencent d’ores et déjà à semer des embûches vertes sous les pas des
députées récemment élues. Elles sont quatre à avoir franchi l’écueil
des pesanteurs tribales et religieuses et à accéder à la députation. Le
problème est simple pour deux d’entre elles : elles portent le hidjab
et sont donc conformes aux canons en vigueur.
Les deux autres, Roula Dochti et Assil Al-Awadhi, ne
portent pas le hidjab et ne manifestent aucune envie de le faire même
avec un siège parlementaire à la clé. Malgré l’opposition de la
présidence du Parlement, les élus islamistes s’apprêtent à déposer une
motion pour obliger les deux récalcitrantes à se conformer à la Charia.
Ils ont également saisi de la question le ministre en charge des cultes
afin que soit appliqué l’article premier de la « constitution islamiste ».
Cette constitution, déjà appliquée en divers pays,
dispose que le hidjab est la première obligation de la femme. Le reste
des devoirs et des droits étant laissé aussi à l’appréciation du
législateur, je dis bien législateur, appellation contrôlée et
réfractaire à la féminisation en terre d’Islam. Donc, au cas où Roula
et Assil refuseraient de se conformer à ce qui pourrait bien être un
droit d’entrée à l’Assemblée, elles verraient leurs mandats frappés de
nullité.
La représentation féminine à l’Assemblée nationale du
Koweït pourrait se voir rognée de cinquante pour cent. Ce qui réduirait
d’autant la confiance en l’avenir suscitée par l’accession des femmes à
la chambre législative. Ceci, bien sûr, dans l’hypothèse où les deux
élues en viennent à refuser de se plier à la règle la plus controversée
de l’Islam, à cause justement de l’usage injuste qui en est fait. Si,
toutefois, Roula et Assil décident de passer sous les fourches caudines
dressées à l’entrée du Parlement et mettent le hidjab, personne ne leur
en tiendra rigueur.
Dans un pays, une société, où quelque 52% d’électrices
s’arrangent pour n’envoyer que 4 femmes pour les représenter, il y a
comme un appel à la résignation. Et puis, Roula et Assil pourront
toujours se consoler en se disant que même le président de la première
puissance mondiale, Barack Obama, s’est converti au hidjab. Une des
plus importantes personnalités de son cabinet étant une musulmane
accoutrée selon les normes en vigueur.
Le hidjab, voilà le secret de la réussite en politique et en diplomatie !
Le président des Etats-Unis d’Amérique, bon chrétien
mais successeur d’un adventiste enragé, a enfin touché du doigt le
talon d’Achille des Arabes. D’abord, il recrute une femme en hidjab
comme conseillère pour les affaires de l’Islam, avec ce message à la
clé : une bonne musulmane est une musulmane à couvre-chef.
Dorénavant, plus besoin de satellites et d’Awacs pour
surveiller les musulmans, ils seront détectables par leur signe
d’identification, le hidjab de leurs femmes. Avec la conseillère en
hidjab en guise de prélude, Obama a frappé un grand coup qui est allé
droit au cœur des Arabes, faute de trouver leur tête. Pour la première
fois, il a mis d’accord le pouvoir arabe mâle et la rue arabe
masculine : en dehors du hidjab point de salut.
Il n’y a que quelques enragés du « tchador » et de la
« burka » qui ont fait la fine bouche devant cet avant-goût de coup de
maître. Puis, il y a eu Le Caire jeudi dernier, jour choisi par hasard
puisque c’était la veille du vendredi, l’idéal pour recueillir les
impressions à chaud. Et c’est là que Barack Obama a sorti sa carte
maîtresse, son as de pique gagnant : un discours truffé de citations du
Coran qui a fait frémir les ventricules.
Pour séduire les Arabes, nul besoin de verroteries, de
voitures de luxe ou de sandwichs Mac do. Un hidjab à la bonne place et
quelques versets du Coran bien choisis et le tour est joué : c’est
ainsi que se retournent les opinions, n’en déplaise au Hezbollah et à
Al-Qaïda. Tout le monde est tombé sous le charme de cet homme qui a été
musulman un jour et qui s’en est bien sorti.
En quelques phrases bien senties, Obama a relégué
Laurence d’Arabie et Glubb Pacha au rang de reliques d’alcôves, sans
rien renier de leurs valeurs. Contrairement à ses prédécesseurs à la
Maison Blanche, il a enfin accepté de reconnaître l’Islam américain, en
terre d’Egypte. L’Islam se voit ainsi octroyer une place entière sur le
territoire des Etats-Unis, en attendant qu’il gagne sa place ailleurs
dans le monde.
Le discours a fait plus que séduire, il a enchanté
l’auditoire, à commencer par les témoins directs, les invités de
prestige comme l’acteur Adel Imam. L’interprète du Terroriste s’est dit
subjugué par les propos de Barack Obama dont il a salué le magnétisme
et le charisme. Il s’est dit convaincu que le discours de Barack
effacera toutes les impressions négatives laissées par Bush Jr et qu’il
ouvrira une page nouvelle avec le monde entier. Adel Imam n’est pas le
seul à avoir été atteint par l’effet Obama.
Toute la presse égyptienne a salué comme il se doit
l’extraordinaire performance rhétorique du nouveau président américain.
Fahmi Howeidi, le chroniqueur islamiste (1) ,
connu pour son anti-américanisme virulent, est une exception à la
règle. Il a su résister au charme comme il le dit lui-même dans le
quotidien Echourroukdu Caire, mais il n’a pas su taire son aversion
pour tout ce qui est israélien.
Fahmi Howeidi était l’un des huit journalistes (sept musulmans et un israélien (2) invités
à interviewer le président américain, après son discours du Caire. Il
raconte que lorsqu’il a appris qu’il y avait un journaliste israélien
dans le groupe des huit, il avait senti comme une piqûre de scorpion.
Une consœur malaise, invitée elle aussi, lui avait
confirmé cette présence et lui a même montré le journaliste israélien,
devisant avec un confrère saoudien. Du coup, il a été tenté par l’idée
de boycotter la réunion mais il eut un sursaut. « Comment
décliner une invitation à rencontrer un chef d’Etat dans un pays où on
vous met en prison pour le simple refus de rencontrer un gendarme ou un
officier de police ? Qu’en serait-il alors s’agissant de la première
puissance, du gendarme du monde ? » Finalement, Fahmi Howeidi a accepté d’aller à la conférence, « à condition de ne pas être installé à côté du journaliste israélien ».
C’est avec de tels arguments que les Arabes perdent régulièrement pied et territoires depuis 1948.
Notre confrère Bilal Fadhl, du quotidien
Al-Misri-Alyoum, a justement une explication au comportement de Fahmi
Howeidi et des Arabes, en général. « Obama et ses
conseillers croient, à tort, que leur message s’adresse à des êtres
vivants et susceptibles de réagir aux messages positifs qui leur sont
adressés. S’ils étaient plus attentifs, ils s’apercevraient qu’ils ont
affaire à un monde figé, sans volonté et sans cervelle. »
Un monde, ajoute-t-il, auquel s’appliquerait le
commentaire de John Stewart, le célèbre animateur de télévision,
lorsqu’il brocarde les réactions de la droite américaine aux propos
d’Obama : « Qui est cet homme ? Pourquoi veut-il qu’on réfléchisse ? Est-ce qu’il ne sait pas que ça nous épuise de réfléchir ? »
(1)-Le journaliste égyptien, membre du mouvement des
Frères musulmans, avait effectué, en 1989, un reportage en Algérie au
cours duquel il avait découvert les « Kabyles impies » en compagnie de
Ali Benhadj.
(2)-Pour Fahmi Howeidi, le terme israélien se suffit à
lui-même. Il indique à la fois la nationalité et la religion. Ce qui
fait peu de cas des milliers d’Egyptiens, émigrés en Israël qui ont
acquis la nationalité israélienne, sans compter les Palestiniens
d’origine.