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perlseb

Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.

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  • perlseb 26 juillet 2010 20:39

    Encore une fois, l’égalité matérielle ne signifie pas que nous aurions tous la même lada dans le même appartement. Certains pourraient avoir une voiture de sport et un petit appartement pendant que d’autres préféreront une voiture plus banale avec une maison. Je crois que l’on peut être libre mais il faut savoir se limiter pour vivre en respectant les autres.

    Pour ce qui est de faire un système avec l’esprit humain tel qu’il est, il n’y a pas de choix, on ne peut pas déclarer l’altruisme, bien entendu. Mais déclarer l’inégalité pour tirer parti de la motivation qu’elle procure est un leurre. Sans fixer aucune limite à l’inégalité, elle conduit peu à peu à une forme de dictature de l’argent que l’on observe de nos jours (mainmise sur les médias, justice à 2 vitesses avec l’impunité de certaines castes, ...). L’inégalité sans limite efface peu à peu la démocratie  : les riches s’enrichissent sans cesse et imposent de plus en plus leurs volontés en achetant les décideurs puis en les imposant (médias).

    Or, dès que l’on accepte l’inégalité (pour la motivation), il est impossible d’établir un seuil d’inégalité : ceux qui l’auront atteint se retrouveront à nouveau démotivés (plus de possibilité de s’enrichir) et exigeront un relèvement de ce seuil. La définition d’un seuil pose les mêmes problèmes que l’égalité elle-même (absence de motivation).

    Entre nous, se passer de la motivation de personnes qui n’ont aucune maîtrise et ne cherchent qu’à vivre sur le dos des autres une fois sorties d’affaire n’est pas une si grosse perte. Ce que l’on observe aujourd’hui (les plus riches ou gros actionnaires sont ceux qui en font le moins), n’est pas un modèle de mérite. Comment, dans un tel système, exiger la motivation des pauvres qui savent qu’ils ne s’en sortiront jamais même en travaillant 24h/24 ? On perd plus de personnes avec notre système, sans même parler du chômage, volontairement entretenu.

    Si la motivation est le centre de la réflexion pour une nouvelle société, il faudrait une société à la carte, et ça serait une énorme liberté. Ceux qui veulent de l’inégalité se retrouveraient entre exploiteurs, les autres vivraient sans parasites sur le dos. Par exemple, dans la société inégalitaire, on ne pourrait pas embaucher de personnes de la société égalitaire, et vice-versa. Les châtelains auraient bien du mal à trouver des femmes de ménage et devraient accepter de vivre avec des rats dans leur château. L’inégalité, c’est la volonté de l’esclavage.



  • perlseb 26 juillet 2010 13:18

    Merci pour ces objections ThierryCH.

    Je ne réduis pas du tout la liberté à l’esclavagisme. Mais je réponds à ceux qui affirment que l’égalité restreint leur liberté : c’est plutôt une égalité relative qui leur permet d’être libre. De trop grands écarts n’en feraient que des serfs (ou, pour les très rares « chanceux », des seigneurs : et c’est uniquement seigneurs, qu’ils s’imaginent !).

    La liberté a de toutes façons des limites, Shaytan666 l’a bien rappelé :
    « Ma liberté s’arrête ou commence celle des autres
    Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse »
    C’est le non respect des autres par une propension sans limites à la liberté qui crée la nuisance, l’esclavage. Le vrai respect des autres implique une forme élémentaire d’égalité (on considère que l’autre a autant de droits que soi).

    Chacun est « motivé, appliqué et inventif » parce que c’est son intérêt.

    Mais si l’intérêt, c’est d’avoir plus que son voisin, c’est très infantile : cela peut amener à nuire, à détruire. Un adulte conscient, vivant en société, devrait souhaiter qu’un maximum de gens profite de son travail, pas uniquement lui, et espérer un retour équivalent des autres (c’est là qu’intervient notre fraternité). Cela n’a rien à voir avec la religion mais avec la volonté de ne pas être un vil égoïste qui cherche à tirer parti des autres en n’en rendant le moins possible : un tel comportement procure un grand sentiment d’insatisfaction, de culpabilité intérieure plus ou moins consciente. Parce que nous vivons en société, nous utilisons déjà des milliers d’inventions pour lesquelles nous n’avons pas été acteurs : individuellement, nous ne sommes rien, c’est cela, la « conscience sociale », c’est une forme d’humilité. J’invite ceux qui sont dépourvus de cette conscience à se débrouiller tout seul, sans aucune aide des autres : les voir se débattre pour survivre serait vraiment pitoyable (cultiver un lopin de terre avec des pierres comme seul outil, c’est tout ce à quoi peut prétendre un « héros » quand il est isolé).
    Je n’ai cependant aucune illusion : les adultes conscients de leur petitesse et non infantiles sont largement minoritaires.

    certaines inégalités existent

    Certaines DIFFERENCES existent. Mais encore une fois, l’homme n’est pas classable par ses différences. On ne peut pas établir une relation d’ordre des humains où « untel est supérieur à un autre ». Si, sur certains critères (comme la taille, le poids), la relation d’ordre est possible, cela ne nous dira pas comment classer les critères et donc comment classer les humains. Donc les humains sont différents, mais inégaux est parfaitement absurde, provocateur et très réducteur. L’égalité la plus parfaite n’a rien à voir avec l’identité qui n’est même pas vérifiée pour des vrais jumeaux. L’égalité la plus parfaite signifie simplement : « je suis un humain et pas un dieu, je ne peux donc classer les humains ».



  • perlseb 25 juillet 2010 13:56

    Merci pour cet article. J’ai bien aimé les commentaires de William7.

    Je suis pour l’égalité la plus parfaite, ce qui ne veut pas dire, effectivement, que tout le monde doit être habillé en gris.
    Contrairement à ce que certains ont pu dire sur l’opposition liberté-égalité, seule l’égalité permet la liberté. L’inégalité conduit inévitablement à une forme d’esclavage plus ou moins prononcé. Le problème de raisonnement de ceux qui veulent de l’inégalité (ou d’une liberté esclavagiste), c’est qu’ils se placent toujours dans la position de celui qui a plus, ou qui va bientôt (l’espoir fait vivre) avoir plus (et qui pourra donc profiter un peu plus de l’asservissement de ceux qui auront moins).

    Quant à ceux qui se trouvent contraints parce qu’ils ne pourraient pas gagner plus que les autres, il faut avoir un esprit très infantile, à l’image de cette société. L’égalité n’a jamais empêché l’expression des talents. Seuls les enfants mal-aimés se trouvent démotivés par un jouet qui n’est pas plus gros que celui de leur voisin. Un adulte n’a pas besoin d’écraser les autres (ou de voir des SDF sur son trajet domicile-travail) pour avoir de la motivation, être appliqué ou inventif.

    Nous avons presque tous à gagner de l’égalité. Premièrement parce ce que les inégalités sont tellement fortes, que nous serions, à l’exception de quelques gros actionnaires, tous plus riches (pensez capital, plus que revenu). Deuxièmement, car nous ne serions plus coupables de la misère des autres car il n’y en n’aurait plus. Troisièmement, car la gestion de l’inégalité est excessivement coûteuse pour la communauté (gestion de l’impôt et taxes, services de redistribution sociale, ...).

    Mais que les enfants se rassurent : on ne crée pas une société d’adultes à partir d’une société où l’infantilisation a atteint des sommets. Vous pouvez continuer à travailler inégalitairement (et librement !) pour vous enrichir ... et être esclaves de vos consommations parfaitement dispensables (ou jouets). Cette pseudo-liberté est vraiment comique, la défendre c’est être aveugle ou ... gros actionnaire.



  • perlseb 24 juillet 2010 12:38

    Peut-être bien même que la plupart des pauvres sont comme ça, mais que ça ne se voit pas puisqu’ils sont pauvres : le problème est là.

    Pour moi la réussite est avant tout mentale : être bien dans sa peau, n’avoir rien à se reprocher. Etre riche (forcément sur le dos des autres, soyons un peu honnête), c’est un grave échec moral et des souffrances psychiques inutiles. Mais c’est ce que presque tout le monde veut, être riche = souffrir moralement en se rendant coupable de son égoïsme.
    Peut-être que les riches ne souffrent pas, comme des crocodiles sans esprit : et dans ce cas, ces animaux sont à plaindre car ils leur manquent beaucoup par rapport à un humain.



  • perlseb 24 juillet 2010 11:32

    Si, pour sauver le monde, on a besoin de consommateurs qui vous paient en monnaie de singe alors on pourra toujours remplacer les Etats-Unis : il suffira d’imprimer une nouvelle monnaie, en remplacement du dollar, que chacun pourra prétendre récupérer en jetant une quantité de marchandises équivalentes au fond de l’océan.

    On ferait mieux de travailler moins et de ne pas avoir besoin de consommation destructrice pour vivre, cette société est tout sauf écologique. Dans l’absolu, si les chinois ont des surcapacités de production, ils devraient se sentir soulagés de ne plus être dans le besoin. Or c’est tout le contraire : ils ne savent pas comment ils vont occuper la population. Navrant.

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