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Chinois et Américains sont complices pour se partager le monde selon les Russes. Cet article date de quelques mois mais garde toute son actualité.
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La dernière étape, la plus importante, de la tournée asiatique de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton - sa visite à Pékin - a confirmé toutes les prévisions : l’Amérique propose à la Chine un nouvel agenda, très fort.
Le voyage d’une semaine de Mme Clinton en Asie (Tokyo-Jakarta-Séoul-Pékin) s’est avéré étonnamment stérile, dans sa totalité, sur le plan de la signature de documents. La secrétaire d’Etat a effectué son premier voyage à l’étranger dans l’unique but d’esquisser un nouvel agenda des rapports avec chaque pays.
. "La Chine reconnaît notre interdépendance, a déclaré la secrétaire d’Etat. Clairement, nous allons nous en sortir ou tomber ensemble".
L’économie mondiale a été profondément marquée, ces dernières années, par ce « pacte sino-américain », aux termes duquel la Chine pouvait se permettre d’inonder les Etats-Unis (et le monde entier) de ses produits bon marché grâce aux investissements effectués par des compagnies américaines dans les entreprises chinoises. C’est pourquoi les Américains ont vécu au-dessus de leurs moyens en achetant des produits américano-chinois bon marché et de bonne qualité. Dans le même temps, Pékin achetait des bons du Trésor américains. C’est ce système qui s’est écroulé. A présent, les Etats-Unis et la Chine doivent élaborer en commun de nouvelles règles du jeu financier, que les autres seront contraints d’accepter. C’est ainsi qu’il faut interpréter l’idée de « direction américano-chinoise du monde » mise en avant actuellement aux Etats-Unis.
C’est, du reste, la raison pour laquelle les experts chinois ne sont guère enthousiasmés par les propos tenus par Mme Clinton, lorsqu’ils les commentent sobrement, à la lumière des dernières données du Fonds monétaire international. En 2003, le produit national brut des Etats-Unis représentait 32% du PNB mondial, alors que celui des « économies émergentes » - Chine, Inde, Russie, Brésil - et de deux ou trois autres pays n’en constituait que 25%. En 2008, les chiffres se sont inversés : 25% pour les Etats-Unis, 32% pour les Etats émergents. Le monde multipolaire est arrivé, mais la politique de George W. Bush n’a été qu’une tentative désespérée et effrénée de prévenir l’inévitable, souligne le journal chinois Jenmin Jibao.
Mais il est évident depuis longtemps que les tentatives des Etats-Unis et de leurs alliés européens de monopoliser le droit de dicter leurs critères de la démocratie ou des droits de l’homme ont eu, comme toute chose, un début et une fin. Sur le plan moral, cette idéologie ne diffère en rien des idées de propagation de la « civilisation » ou du christianisme, au nom desquelles l’Europe a exterminé de par le monde des milliers et des milliers de personnes (voire des civilisations entières). Cela ressemble aussi à l’idéologie des conquêtes de Gengis Khan qui envoya aussi ses armées à l’ouest pour y faire régner la justice et les lois célestes (!).
Outre cet aspect moral de la chose, il en est un autre. Une véritable industrie, qui coûte des milliards de dollars, lutte aux Etats-Unis pour les droits de l’homme à l’étranger, mêlant l’argent et l’enthousiasme, l’idéologie et le travail subversif ordinaire. Ses méthodes sont connues : miser sur l’opposition pro-américaine dans de nombreux pays, ou tout simplement la créer, la proclamer seule et unique combattante pour les droits et les libertés et l’aider ouvertement. Autrement dit, il s’agit d’entretenir le mécanisme de sape le plus puissant au monde, à l’instar du Komintern (l’Internationale communiste, ndlr.), qui créa des organisations communistes dans le monde entier entre les deux guerres mondiales. Mais en plus de l’hostilité générale envers les Etats-Unis que suscite cette machine, elle s’avère trop onéreuse et, bien entendu, inefficace, dans les conditions présentes. Si les Etats-Unis veulent rester assez forts pour « gouverner le monde en commun avec la Chine » ou, tout bonnement, survivre dans ce monde, quelqu’un devait dire tôt ou tard ce que dit aujourd’hui Hillary Clinton.
Fondamentalement anti-communiste je regrette néanmoins sincèrement la disparition de ces derniers du paysage politique. Le débat politique a maintenant perdu toute consistance, toute saveur, la médiocrité triomphe, pas la liberté. Lefebvre n’est qu’une Termite du système, qui se gave et affaiblit ses structures. Pour ces individus qui se goinfrent en parasitant le système, on devrait spécifiquement réinstaurer les ré-éducations MaoIstes et les envoyer gratter la terre dans des fermes collectives dans la Creuse pendant quelques années. Ces personnes tuent la France.
Le commentaire de « L’Express » en 2006
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Frédéric Lefebvre, le très influent conseiller parlementaire de Nicolas Sarkozy, est resté actionnaire majoritaire d’un cabinet de lobbying
Qui, à l’Assemblée nationale, ne connaît pas Frédéric Lefebvre ? Ce quadragénaire à l’élégance de Borsalino, cheveux longs gominés et cravates voyantes, passe une grande partie de son temps dans les couloirs du Palais-Bourbon, en tant que conseiller chargé des relations avec le Parlement du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Lorsqu’ils l’aperçoivent, le portable collé à l’oreille, les députés interrompent leur conversation. « Voici le porte-flingue de Sarko », chuchotent-ils. Frédéric Lefebvre, chargé de s’assurer de leur loyauté envers son mentor, jouit d’un respect mêlé de crainte parmi les élus de la majorité.
Les ménages des assistantsL’une des spécialités de Pic conseil-Domaines publics est de faire travailler les collaborateurs des députés sous des formes variées : temps partiels, missions ponctuelles de « veille parlementaire ». Stephan Denoyes, l’un de ses directeurs associés, est assistant à temps partiel du député UMP des Alpes-Maritimes Charles-Ange Ginesy, suppléant du ministre Christian Estrosi. La collaboratrice de Jean-Michel Couve, député UMP du Var, est également employée par Domaines publics pour le compte de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania). Une pratique légale, plus répandue qu’on ne l’imagine au Palais-Bourbon. Mais éminemment discutable.
Les députés savent qu’il connaît intimement le Palais-Bourbon, pour avoir commencé sa carrière de jeune militant RPR comme collaborateur parlementaire de Patrick Ollier, actuel président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée, et qu’il navigue au cœur des réseaux sarkozystes des Hauts-de-Seine, en tant qu’adjoint au maire de Garches (92) et conseiller régional d’Ile-de-France.
Ce que Frédéric Lefebvre se garde bien de leur dire, en revanche, c’est qu’il est resté actionnaire majoritaire d’un cabinet de lobbying en pleine ascension : Perroquet institutionnel communication (Pic conseil). Une entreprise qu’il a créée en 1996 et dont les profits font pâlir d’envie ses concurrents : 792 000 euros de bénéfices nets en 2005, pour un chiffre d’affaires de 1,582 million d’euros, en progression de 60% sur l’année précédente. « Nous vendons notre matière grise plutôt cher », reconnaît Steven Zunz, cofondateur de la société et ancien assistant parlementaire de Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire, fidèle de Nicolas Sarkozy.
La firme s’est activée en coulisses
Pic conseil s’est rapproché en 2004 d’une autre société de relations institutionnelles, Causalis (1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2004), et se présente désormais sous le nom de Domaines publics. Ses clients ? Des syndicats professionnels (industrie alimentaire, masseurs-kinésithérapeutes, répartiteurs en pharmacie, producteurs audiovisuels, agents immobiliers, pompes funèbres) et des industriels (Suez, Bouygues, Alcatel, Sodexho, les casinos Lucien Barrière, le fabricant de rhum Bacardi, le cigarettier Altadis). La firme s’est activée en coulisses, ces derniers mois, lors des débats parlementaires sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics, la publicité pour le vin, les droits d’auteur sur Internet ou la lutte contre l’obésité.
Curieux mélange des genres ? « Je ne m’occupe absolument plus de Pic conseil depuis 2000. Je n’y exerce aucune responsabilité et ne touche aucun dividende », précise Frédéric Lefebvre. Il reste toutefois détenteur de 51% du capital de Pic conseil, en « nue propriété », ce qui signifie qu’il conserve ses titres, mais en a confié l’usufruit temporaire à son associé jusqu’au 30 juin 2007. A cette date, la France aura un nouveau président et Frédéric Lefebvre deux options : revendre, à bon prix, les titres de son entreprise prospère ou en reprendre les commandes comme lobbyiste en chef.
C’est plus clair en relisant l’article en question
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200.000 euros pour Frédéric Lefebvre en 2008 : "Pas de conflit d’intérêts"
Frédéric Lefebvre, UMP, Nicolas Sarkozy, Noël Mamère, lobbying, Politique
Par Alexandre
le 13/11/2009 à 11:37, vu 34495 fois, 98
Info Le Post. Le porte-parole de l’UMP touche de l’argent comme actionnaire de sa société de conseil. On l’accuse de profiter de « lobbying ».
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP
maxppp
Frédéric Lefebvre et le lobbying ? C’est une polémique qui dure...
Quelques mois avant la présidentielle, en 2006, une équipe de Canal + trouve que la question est gênante, pour celui qui était déjà un proche de Nicolas Sarkozy, l’Intérieur et à l’UMP.
"Frédéric Lefebvre, le très influent conseiller parlementaire de Nicolas Sarkozy, est resté actionnaire majoritaire d’un cabinet de lobbying." (un cabinet dont la mission est d’influencer les parlementaires et le gouvernement dans la préparation des lois au profit d’intérêts privés, ndlr)
C’est ainsi que Bakchich et L’Express résument l’affaire à l’époque.
Comment Frédéric Lefebvre contre-t-il alors la polémique ? Voici ce qu’il répond dans un des articles écrits par les auteurs de Députés sous influence :
"Je ne m’occupe absolument plus de PIC conseil depuis 2000. Je n’y exerce aucune responsabilité et ne touche aucun dividende".
Il reste toutefois détenteur de 51% du capital de Pic conseil, en « nue propriété », ce qui signifie qu’il conserve ses titres, mais en a confié l’usufruit temporaire à son associé jusqu’au 30 juin 2007, précise alors L’Express, qui conclut :
"A cette date, la France aura un nouveau président et Frédéric Lefebvre deux options : revendre, à bon prix, les titres de son entreprise prospère ou en reprendre les commandes comme lobbyiste en chef"
Après l’élection de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre n’a fait ni l’un ni l’autre...
Il a changé son statut et touche des bénéfices de sa société, très prospère
Le Post s’est procuré un document, daté du 20 juillet 2007, qui le montre.
Un autre document montre que sa société a distribué 200 000 euros à ses actionnaires en dividendes en 2008. Frédéric Lefebvre, désormais actionnaire minoritaire, détient 49,9 % du capital de PIC Conseil...
Il a donc touché 100.835 euros de dividendes en 2008.
A cela s’ajoute un autre versement : Un peu plus tôt, toujours en 2008,
les actionnaires de PIC Conseil ont décidé de distribuer en plus 210.000 euros
à leurs deux actionnaires, puisés dans les « réserves » de la société :
soit 98.490 euros de plus pour Frédéric Lefebvre.
Total des versements pour Frédéric Lefebvre en 2008 : 199.325 euros
En quoi ça pose problème ?
Légalement, Frédéric Lefebvre a tout à fait le droit de toucher des
dividendes d’un placement : à l’époque il était député et il n’y a pas d’incompatibilité.
Mais pour Noël Mamère, joint par Le Post, cela pose tout de même problème.
Le député-maire Verts avait dénoncé Frédéric Lefebvre le « lobbyiste », à l’Assemblée, en plein débat sur le projet de loi sur l’audiovisuel, fin 2008 : le député UMP est actionnaire "d’une société de conseil qui a pour client Bouygues Telecom", avait-t-il lancé. Et Bouygues est propriétaire de TF1. Mais Noël Mamère avait retiré ses propos, à cause d’un démenti du porte-parole de l’UMP : "A l’époque, Lefebvre m’avait assuré qu’il s’était complètement retiré de la société dont il était actionnaire."
Lorsque Le Post lui apprend que Frédéric Lefebvre touche des dividendes de l’entreprise, il s’emporte : "Je lui ai fait confiance mais j’ai eu tort. C’est moi qui avais raison, en fait. Il avait un lien, via son entreprise, avec des sociétés qui avaient intérêt au vote de la loi. C’est un conflit d’intérêts potentiel. Il y a des failles dans notre système."
Interrogé par Challenges sur cet épisode, Frédéric Lefebvre, avait admis début 2009 qu’il était resté "actionnaire minoritaire« , mais précisait que PIC »n’avait plus d’activité de lobbying".
Pourtant, PIC Conseil détient 50 % de Domaines Publics, qui vante sur son site web ses compétences dans le lobbying :
Et les dirigeants de Domaines publics ne cachaient pas que Bouygues faisait partie de leurs nombreux clients, rapporte Vincent Nouzille, qui l’a écrit dans son ouvrage Députés sous influence, à l’automne 2006.
Que répond Frédéric Lefebvre ?
Joint par Le Post, il expose ses arguments par email :
"J’ai toujours dit que je n’avais plus aucune activité dans PIC Conseil depuis 2002, date à laquelle j’ai repris des activités politiques à 100% de mon temps."
"J’ai toujours dit aussi et à de nombreuses reprises, à vos confrères, que j’avais de surcroît, après mon entrée au Parlement cédé la majorité de mes parts conformément à la loi et que j’étais resté actionnaire ’dormant’."
« Il n’y a donc évidemment pas de conflit d’intérêts. »
Il touche néanmoins de l’argent grâce à l’activité de la société...
"Il ne faut pas confondre les revenus de placement avec les revenus d’activité ! Je me félicite que la société que j’ai fondée n’a cessé de se développer après mon départ en 2002, même si vous constaterez qu’en 2009 les revenus de ce placement ont été divisé par près de 2,5. Je n’ai jamais envisagé de reprendre une quelconque activité dans l’entreprise que j’ai créée."
"Dans ma carrière politique j’ai toujours veillé scrupuleusement à ne pas me mettre en conflit d’intérêts."
Et le fait que Domaines Publics cite comme client Bouygues, actionnaire de TF1, cela n’est-il pas un conflit d’intérêts potentiel ?
"Je n’ai jamais travaillé pour Bouygues et à mon époque - à ma connaissance c’est toujours le cas - PIC Conseil n’a jamais eu Bouygues comme client ; et si Domaines Publics mentionne cette société comme client, ce n’est pas de mon fait et je l’ignorais."
Israël, au risque de l’isolement, par Gideon Levy
24 octobre 2009
Gideon Levy, éditorialiste de Haaretz, s’inquiète de l’isolement croissant sur la scène internationale d’un Israël qui assimile toute critique à une manifestation d’antisémitisme, y compris lorsque ces critiques émanent de ses amis les plus proches. Alors que toute autre nation se remettrait en cause, souligne-t-il, Israël semble au contraire vouloir multiplier les rebuffades et distribue des gifles diplomatiques tous azimuts, de la France à la Chine. --- L’histoire comme la géographie d’Israël expliquent la prévalence du sentiment obsidional qui a toujours guidé les actes de ses dirigeants. L’absence de profondeur stratégique, la mythologie du peuple élu y ont un rôle, à l’évidence. Mais ils n’auraient certainement pas une telle prégnance sans le souvenir de l’Holocauste. Les juifs d’Europe ont été trahis de façon infâme par les sociétés dont ils pensaient faire partie. En France, des anciens combattants de 1914-1918, couverts de médailles pour les sacrifices endurés, ont été déportés vers la mort par la police obéissant aux ordres de Vichy. Ce traumatisme fondateur suffit à lui seul à expliquer pourquoi les dirigeants israéliens peuvent être enclins à ne faire confiance à quiconque. Une première fois abandonnée par la communauté des hommes, la nation juive ne veut désormais compter que sur elle-même pour garantir sa survie et paraît accepter le destin terrible de n’avoir d’autre horizon qu’une guerre perpétuelle. En semblant avoir perdu - pour l’instant, espérons-le - la volonté de retisser cette confiance, de rechercher une paix juste, de nouer des liens apaisés avec l’ensemble de la région, Israël s’enferme dans une logique jusqu’au-boutiste, devenue imperméable aux appels à la raison, fussent-ils lancés par ses amis les plus proches. Si cette peur fondatrice - réelle mais aussi coupablement instrumentalisée par des démagogues - l’emporte, avec tout ce qu’elle peut avoir aussi d’irrationnel, d’incommensurable par essence, si Israël se refuse à faire la paix, ou pire encore si Israël choisit d’attaquer l’Iran, alors un spectre d’outre tombe aura remporté une ultime et sinistre victoire. Le peuple juif, prisonnier du souvenir de l’horreur glaçante, serait une nouvelle fois la victime de la folie meurtrière hitlérienne. Contre Info.
Par Gideon Levy, Haaretz, 22 octobe 2009
Récemment, Israël s’en est pris au reste du monde, lui portant coup après coup. Alors que la Chine ne s’est toujours pas remise de l’absence du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman à la réception à l’ambassade de Tel-Aviv - lourde punition pour le soutien de la Chine au rapport Goldstone - la France panse ses plaies après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ait mis son « veto » à une visite de son ministre des Affaires Etrangères à Gaza. Et Israël vient à nouveau de porter un coup sévère : son ambassadeur à Washington, Michael Oren, va boycotter la semaine prochaine la conférence organisée par J Street, la nouvelle organisation de lobby pro-israélien [1] .
La Chine, la France et J Street finiront par se remettre de ces boycotts, tout comme la Turquie se remettra de la révolte des vacanciers, [2] et on peut s’attendre à ce que même les Suédois et les Norvégiens se remettent des vives réprimandes d’Israël [3] . Mais un pays qui attaque et boycotte tous ceux qui ne sont pas exactement en accord avec ses positions officielles se verra isolé, abandonné et détesté, à l’image de la Corée du Nord aujourd’hui ou de l’Albanie hier. Il est plutôt surprenant qu’Israël utilise cette arme, car il sera bientôt lui-même la victime ces boycotts.
Israël frappe et frappe encore. Il frappe ses ennemis, et désormais il s’en prend aussi à ses amis qui osent ne pas partager complètement ses choix politiques. Le cas de J Street en donne un exemple particulièrement saisissant. Cette organisation juive a grandi aux USA en même temps que la renommée de Barack Obama. Ses membres souhaitent un Israël qui soit juste et épris de paix. C’est là son tort, et le boycott est sa punition.
L’ambassadeur d’Israël à Washington, M. Oren, est un représentant dévoué : il pratique lui aussi le boycott. Après s’en être pris à des éditorialistes israéliens, dont moi-même, dans un article publié par The New Republic, pour avoir osé critiquer le discours de M. Nétanyahou à l’ONU - ce qui constitue un outrage à part entière - l’ambassadeur-propagandiste a utilisé à nouveau l’arme du boycott, cette fois contre une nouvelle organisation juive et sioniste qui veut s’opposer à l’establishment juif américain et à son nationalisme à la main lourde.
Au nom de qui M. Oren agit-il ainsi ? Pas au nom de la société israélienne, dont il est censément l’ambassadeur. Les anciens diplomates d’Union soviétique et d’Europe de l’est n’auraient pas agi différemment.
Une telle agressivité est de mauvais augure. Elle provoquera l’éloignement de nos véritables amis et accroitra notre isolement. Le slogan « une seule nation » est devenu un but, notre isolement devient un objectif. Qui restera à nos côtés une fois que nous aurons attaqué et boycotté tout le monde ? Abe Foxman, de l’Anti-Defamation League [4] ? Notre avocat-propagandiste Alan Dershowitz [5] ?
Diviser le monde entre le camp du bien absolu et celui du mal absolu - notre camp et celui de nos ennemis, sans aucun juste milieu - est un signe de désespoir et d’une perte totale de repères. Car au-delà d’un ambassadeur à Washington qui ne connaît rien à la démocratie et au pluralisme, et souhaite uniquement complaire à ses maîtres, un tel comportement - qui consiste à donner des coups de pied et à aboyer comme un fou en tous sens - est en train de détruire Israël.
En ne nous permettant pas d’exprimer une opinion, Israël est en passe de devenir un paria pour le reste du monde, provoquant le rejet des autres nations. Qui faut-il incriminer ? L’opération Plomb Durci, par exemple. Il n’y a plus que les États-Unis qui soient restés systématiquement nos alliés, aveugles à toutes nos erreurs. Toute autre démocratie qui aurait vu son statut international se dégrader autant aurait commencé à se demander quelles erreurs ont été commises.
En Israël, notre réaction est exactement inverse : c’est le reste du monde qui est coupable. Les Scandinaves sont hostiles et les Turcs sont des ennemis, les Français et les Britanniques détestent Israël, les Chinois ne sont que des Chinois et les Indiens n’ont rien à nous apprendre.
Toute critique légitime se voit immédiatement qualifiée ici d’antisémitisme, y compris lorsqu’elle émane de Richard Goldstone, qui est un juif sioniste. Nous renvoyons tout le monde dans les cordes sans ménagement, en espérant ainsi qu’ils changent d’avis, et deviennent soudainement emplis de compréhension pour le meurtre des enfants de Gaza. Désormais, même l’Amérique, même les juifs américains, ne sont plus à l’abri des agressions d’un Israël qui a perdu le sens de la mesure.
Les dégâts s’accumulent, de Pékin jusqu’à New York. Après le boycott de J Street, même les juifs américains comprennent qu’Israël n’est pas une société tolérante, un pays libéral, à l’esprit ouvert, en dépit de ce qu’on leur raconte.
Tous sauront désormais que « la seule démocratie au Moyen-Orient » n’est pas exactement cela, et que quiconque ne répète pas ses messages de propagande sera considéré comme un ennemi - qui pourra également être sévèrement puni.
Aussi sévèrement que le milliard de Chinois qui pansent leurs plaies après le coup dévastateur que le ministre israélien des Affaires Etrangères leur a porté personnellement.
Publication originale Haaretz, traduction Contre Info
[1] J Street se définit comme un mouvement pro-israélien pour la paix, affirmant vouloir infléchir la politique américaine au Moyen Orient. - ndt
[2] A la suite du récent refroidissement des relations diplomatiques entre la Turquie et Israël, une chaine de magasins israélien a décidé de boycotter le café turc, et des appels au boycott des vacances en Turquie ont été lancés en Israël. - ndt
[3] La publication par un journal suédois d’un
article prétendant que des membres de l’armée se livraient à un trafic
d’organes sur des victimes palestiniennes a provoqué de vives protestations
d’Israël, et le ministre israélien des Affaires Etrangères a accusé la Norvège
d’antisémitisme pour avoir dialogué avec le Hamas et ne pas avoir quitté la
salle de l’assemblée générale de l’ONU durant le discours du président iranien.
- ndt
[4] ADL : organisation américaine de lobbying ultra-sioniste
[5] Alan Dershowitz est une figure du barreau aux USA, célèbre pour avoir défendu O. J. Simpson, et virulent défenseur de la cause sioniste. - ndt
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