Pas nécessairement, il ne faut pas non plus partir du principe que le pire des scénarios sera obligatoirement choisi, même si lors du passage aux 35h par exemple certaines directions d’entreprise eussent mérité de bons gros coups de pied au cul.
Il est aussi à noter qu’un très grand nombre de petits commerçants sont farouchement contre l’ouverture le dimanche, car si cela devenait possible, les grandes surfaces et enseignes s’engoufreraient en masse dans la brèche et pour survivre ils devraient alors s’aligner avec pour seul choix de bosser 7j/7 ou d’alourdir leurs charges en embauchant quelqu’un sans pour autant avoir d’augmentation de leur chiffre d’affaire.
Pour ma part je suis partisan d’une certaine fléxibilité oui, mais pas n’importe comment et avec un gain pour tout le monde, par exemple si l’ouverture possible le dimanche est accompagnée en contrepartie d’une fermeture un autre jour de la semaine (au choix pourquoi pas), j’y serai déjà plus favorable.
Afin d’illustrer cet article, voici le récit de ce qui est arrivé à une étudiante dont je chapotais un projet d’étude.
Vers le mois de février celle ci envoie des CVs en vue d’obtenir un stage d’au moins 4 semaines au cours des mois d’été, stage obligatoire et validant pour son année d’étude. Peu de réponses mais quelques une tout de même, dont une attire son intérêt techniquement parlant, sujet intéressant, nouvelles technologies, rémunéré, enfin bref bon stage. Celle ci passe un entretien, le projet lui est présenté et elle est prise, dans la foulée, fin mars elle envoie la convention de stage à l’entreprise.
Fin Avril toujours pas de réponse, un problème administratif est invoqué par l’entreprise qui certifie que fin Mai cela sera réglé. Fin Mai la convention n’est toujours pas signée, le problème administratif est réglé le responsable du stage en entreprise est en congé, promis il la signera à son retour mi juin.
Mi juin le responsable la contacte et finalement si le stage est rémunéré ça ne les intéresse plus, la jeune fille au pied du mur ne peut plus se retourner et prendre un autre stage et accepte le stage sans rémunération, entre les déplacements et les sandwichs le midi elle y sera de sa poche d’environ 500 euros pour les 4 semaines.
Le premier jour de stage elle arrive dans l’entreprise, et là surprise, elle ne travaillera que partiellement sur le projet qui lui a été présenté, et elle est aiguillée vers ... le secrétariat, ou elle remplacera la secrétaire habituelle du patron qui est partie en congé d’été.
Au cours de son stage elle apprendra qu’aucune place de stagiaire n’a jamais été prévue sur le projet, que la secrétaire du patron a posé ses congés d’été dès le mois de Janvier et que le patron n’avait aucune intention de payer une boite d’interim pour la remplacer.
Le résultat étant qu’en fait elle n’a jamais travaillé sur le projet prévu, et pendant 4 semaines elle a fait le boulot de la secrétaire, se faisant en plus engueuler car elle n’avait pas le même rendement. Son stage s’étant révélé être un fiasco, son rapport fut descendu en flammes et elle n’a du son salut qu’à des notes correctes en cours d’année et un projet d’étude réussi pour lui sauver son année.
Quant à l’entreprise, aucun recours possible contre elle.
Vous avez raison Armand, une différence fondamentale entre l’université et les classes préparatoires est le fait qu’un étudiant à l’université de retrouve plus ou moins seul et qu’il doit se prendre en charge pour travailler, il n’y a pas de transition avec le lycée ou il est pris en charge et le changement est brutal. Alors qu’en prépa l’élève est toujours dans un environnement lycéen, pris en charge et peu à peu habitué à avancer de soi même.
C’est une situation à laquelle j’ai été confronté très souvent en prenant en charge des groupes d’étudiants pourtant d’un niveau élevé techniquement parlant, mais ayant des difficultés à se prendre en main et à s’organiser pour travailler, le symptôme le plus évident étant de quasi systêmatiquement tout faire à la dernière minute. C’est typiquement le genre de chose ou la coopération avec le privé peut être utile, via des projets communs proposés en fin de cursus avec un suivi régulier qui fait prendre pied les étudiants dans le monde et la réalité du travail. Le but est évidemment de donner aux étudiants les mêmes armes pour réussir que les diplômés des grandes écoles qui eux bénéficie d’un systême de stages à la fin de chaque année d’étude, et qui bénéficient en plus des réseaux d’anciens.