L’université dernier bastion du trotskysme ? C’est du flan, le trotskysme est un épouvantail servant d’argument massue pour faire avaler n’importe quel couleuvre aux gens qui justement ne connaissent pas cet environnement. Depuis 15 que je pratique le milieu de l’université les seuls trotskystes que j’ai vu étaient 5 ou 6 gars refaisant le monde autour d’une canette de bière au fond d’une cafet, pas de quoi casser 3 pattes à un canard.
Je n’ai pas la prétention de représenter tous les citoyens fréquentant l’université et ne l’ai jamais eue contrairement à ce que vous voulez faire croire, mais je connais suffisamment le systême pour ne pas me laisser bluffer par des manipulateurs dans votre genre qui cherchent avant tout à trouver un bon bouc émissaire en général bien haït par la population afin de se trouver une assise confortable pour faire passer des idées bien moins confortables.
Concernant le financement de l’université, je maintiens que c’est l’argent public qui doit la financer, ce n’est pas l’argent privé qui doit servir à assurer les cours et les cursus pédagogique, et ce pour la simple et bonne raison que c’est l’état qui délivre les diplomes, et c’est justement en tant qu’acteur du privé travailant en partenariat avec des universités que j’assume ce discours. Non l’argent du privé ne pue pas, mais il n’a pas vocation à palier les déficiences de l’état et c’est peut être ça que vous devriez vous rentrer dans le crâne une bonne fois pour toute, à savoir qu’assurer l’enseignement et les cursus pédagogiques est une chose et que la recherche en est une autre.
D’évidence vous vous imaginez que les grandes entreprises vont débarquer telles le chevalier blanc pour vous sauver, la désillusion va être sévère, car elles n’ont pas du tout l’intention de faire le sale boulot, ou du moins pas gratuitement.
Concrètement, ceux qui ont mis les pieds dans une université dernièrement sont crédibles et les autres non. Quand on lis un commentaires du style .... blablabla étudiants trotskystes .... blablabla .... grèves ... blablabla, on voit de suite un beubeu aigri qui n’a pas foutu les pieds dans une université et n’en a que la vision projetée par certains média en temps de crise comme celle du CPE.
En France on a le droit de donner son avis sur tout, mais ça ne signifie pas qu’il soit pertinent. Trop de gens s’imaginent que parce qu’ils ont vu 2 ou 3 reportages à la télé ils connaissent bien le sujet et peuvent se permettre d’avoir un avis éclairé sans être allé voir et juger par eux même sur le terrain.
Soyons franc, la proportion de français qui comprend réellement les enjeux de la réforme de l’université, en étant gentil elle doit être de grand grand maximum 5%, non pas que les français soient stupides, mais tout simplement parce qu’on leur a vendu une réforme sous forme d’un slogan simplificateur qui est censé tout résumer mais qui finalement ne veut pas dire grand chose. Ok c’est bien il faut rendre l’université plus autonome, mais le quidam moyen il ne sait pas pourquoi, comment et quel impact cela aura.
Même en ayant juste été étudiant on a du mal à voir comment ça marche, moi même c’est seulement quand j’ai commencé à voir l’envers du décors en bossant sur des projets pédagogiques que j’ai pu me faire une idée de la chose, et encore seulement partielle.
L’autonomie de fonctionnement est une bonne chose, ne serait ce que pour rendre les universités plus réactives et adaptables, mais cela reste néanmoins secondaire si on n’y met pas les moyens financiers adequats, et des moyens financiers publics surtout, pas privés.
Abstraction faite des commentaires beubeu de gens qui n’ont probablement pas foutu les pieds dans une université depuis 30 ans ou carrément de toute leur vie, il est évident que l’université en France a un problème, problème peut être résolu par une certaine autonomie, mais seulement en partie.
L’université a en fait 2 principaux problèmes :
Le premier c’est qu’elles subissent la loi du systême des grandes écoles, systême de sélection à la française qui fait que l’élite se retrouve en prépa, puis en grandes écoles et que bien souvent l’université acceuille en DEUG ceux qui ont été refusés en prépa juste après le bac, puis ceux qui n’ont pas eut la chance d’avoir un concours et qui parfois bénéficient d’une équivalence DEUG. Donc pour résumer, pour certaines filières l’université constitue un second choix pour beaucoup de jeunes étudiants, la sélection ayant déjà eu lieu en amont, et c’est pourquoi quand je lis des études de comparaison entre les universités française et des universités américaine genre Harvard et Stanford, dès le départ c’est biaisé.
Le second problème, c’est que les universités ont subit de plein fouet la politique du 80% de réussite au bac. Les places en prépas n’ont qu’assez peu augmenté, les places en BTS, DUT et consorts pareil, et en gros c’est l’université qui a vu débouler le flot de jeunes bacheliers tout frais moulus, le tout pour un budget qui n’a pas augmenté en conséquence et hop, amphis pleins à craquer et carnage en première année avec recyclage dans des filières sans débouchés.
Après effectivement on peut pester que les étudiants se plaignent souvent, mais quand la politique spectacle impose une pseudo réussite pour tous sans ensuite l’assumer en y mettant les moyens, on obtient une foule de diplomés sans débouchés et des étudiants très peu confiants sur leur avenir, et un étudiant qui a peur pour son avenir, c’est comme un salarié qui a peur pour son emploi ou un patron qui a peur pour son entreprise, il gueule.
Non non cher Olivier Bonnet, Monsieur DESGREES en fait il aurait bien voulu voir à la place la fameuse vidéo du petit Nicolas tout pompette au G8 (olala, téléchargée plus de 7 millions de fois, quel scandale, quel complot !), parce que lui question objectivité il est d’une blancheur immaculée, vous voyez ?