L’affiche est un médium diffusé dans le plus public des endroits : la rue, et donc est destinée à être vue par tous.
A ce titre, cela rend caduc l’argument qui veut que cela soit considéré comme de "l’Art" plus ou moins désincarné (c’est vraiment pas le cas ici !) car , officiellement, les objets d’Art sont enfermés dans des musées, où ils nécessitent une démarche VOLONTAIRE du spectateur pour être vus !
Ici, point de volonté affichée (hi, hi !) puisqu’il est même difficile d’échapper à la contemplation de l’objet. En conséquence, c’est bien la pulsion primale qui est recherchée chez le "voyeur" suscitée par le "montreur", en quoi Monsieur Villach a parfaitement raison dans son analyse.
Un tel montage ayant vraisemblablement nécessité des heures de pose individuelle (je ne crois pas un seul instant à une séance d’entassement réelle de ces dames) plus des heures de retouches, même avec Photoshop, il est impensable que le(s) créateur(s) ne se soi(en)t pas interrogé(s) sur le fait de savoir comment une telle image allait être reçue...
La volonté d’accrocher le chaland dès la première seconde est donc manifeste, et à ce stade, c’est plutôt le réflexe pulsionnel qui est recherché...
Pour en treminer, j’ajouterai que la combinaison des couleurs n’est pas plus anodine que la nudité : Monsieur Villach parle du contraste noir/chair, mais il oublie la couleur vaguement violacée/parme qui n’est pas sans évoquer celle de certaines muqueuses...
En outre, hormis l’actrice enceinte, la propension des femmes actuelles à voir les canons de la beauté dans la maigreur, ici étalée, ne peut effectivement qu’évoquer les tas cadavres décharnés poussés au buldozzer vers les fosses....
Pour sûr que la clairvoyance n’est pas une qualité du Napoléon à talonnettes !
Pour oser une comparaison cynophile, si Chirac était pour les US une sorte de lévrier afghan hautain et méprisant, Sarkozy serait plutôt du genre : croisé caniche/roquet...
Provincial crotté, je n’utilise les services de la RATP et SNCF que très épisodiquement ; je n’interviendrai donc pas sur le bien-fondé des chiffres, raisons volontaires ou pas qui provoquent une interruption du service en Ile de France.
J’en vois néanmoins les dimensions catastrophiques et sachez, braves parisiens, que je compatis du fond de ma cambrousse.
MAIS : ce que j’en sais m’est nécessairement transmis par les média, télé ou audio (j’écoute beaucoup la radio dans mon automobile).
et là, j’ai fait la constatation suivante :
Autant en 95-98, lors des grandes grèves, les interviews d’usagers bloqués faisaient la part belle aux personnes compréhensives des raisons du mouvement, voire carément en phase avec les grèvistes, lesquels étaient censés agir pour le bien commun de l’ensemble des travailleurs (ah !, naïveté...) autant lors des derniers évènements, on n’avait que des témoignages oscillant entre l’agressif et le hargneux, pas de termes assez durs pour fustiger "ces cochons là !"
S’agirait-il donc d’une manifestation tangible de la reprise en main de l’appareil informatif par le gouvernement du Napoléon à talonnettes ???