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Renaud Bouchard

Renaud Bouchard

Juriste - Géopoliticien - Economiste (CEMI-EHESS) - Français et Européen -Passionné par les relations internationales et la diplomatie de crise, l'action politique et citoyenne. J'ai la volonté de rencontrer, réunir et fédérer les énergies pour un engagement et une renaissance politique nouvelles de la France et de l'Europe à l'occasion des prochaines échéances électorales.

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  • Premier article le 08/09/2006
  • Modérateur depuis le 16/11/2006
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Derniers commentaires



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 décembre 2014 18:18

    @BOBV


    NDDL ? Pas de danger que les investisseurs du consortium Sino-Canadien Symbiose aient eu une seule seconde l’idée d’investir dans un « éléphant blanc », pur produit d’une lubie économique socialiste.

    Il était beeucoup plus intéressant de mettre la main sur une plateforme aéroportuaire déjà opérationnelle.

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard




  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 9 décembre 2014 23:35

    @AhmedAnalyse intéressante.vente des hydrocarbures sont une malédiction pour leurs détenteurs, quels qu’ils soient.Un ouvrage déjà ancien (2007), mais toujours d’actualité :http://www.babelio.com/livres/Davis-Le-Stade-Dubai-du-capitalisme/25259

    Mike Davis visite Dubaï.Mike Davis, Le stade Dubaï du capitalisme, 2007.Roman Stadnicki

    Mike Davis a encore frappé ! Un an après la parution du Pire des mondes possibles (Davis, 2006), remarquable essai, documenté et engagé, sur la pauvreté urbaine et les bidonvilles, l’anthropologue américain nous livre, une fois de plus, le fruit de sa réflexion sur l’avenir de la civilisation moderne.Le stade Dubaï du capitalisme est un texte court et percutant publié aux « Prairies ordinaires », dans une nouvelle collection dédiée à la pensée critique. À travers le phénomène Dubaï, capitale économique des Émirats Arabes Unis passée en moins de trois décennies du statut de village de pêcheurs à celui de ville-État, Mike Davis dresse un tableau plutôt sombre du système économique, politique et social qui s’est mis en place dans cette nouvelle métropole de la péninsule arabique. Il en rappelle brièvement les principaux fondements : ultralibéralisme et hymne tonitruant au consumérisme1, mégalomanie de l’émir Mohammed al-Maktoum qu’il surnomme le « magnétiseur », discriminations contre les travailleurs asiatiques, etc.

    Ce texte donne donc l’occasion à son auteur de reformuler sa critique des rapports de domination et de se montrer plus véhément que jamais à l’égard de ce qu’il nomme « l’hypermodernité » et « l’hypercapitalisme ». Son argumentation repose sur un inventaire des éléments du gigantisme dubaïote et autres mégaprojets extravagants : l’urbanisme monumental des gratte-ciels, la prolifération des malls et des pôles high-tech, le nombre très important d’hôtels de luxe, « l’île-monde » artificielle très prisée par les plus grandes stars du show-business international et Dubailand, vaste projet de parc à thème où les répliques du Taj Mahal et des pyramides d’Égypte côtoieront un grand domaine skiable indoor et le plus grand zoo du Moyen-Orient.

    Mais l’intérêt de cet ouvrage ne réside pas tant dans le discours sur l’opulence économique de Dubaï ou sur la posture diplomatique opportuniste et stratégique de ses dirigeants ― perceptible notamment à travers les liens étroits entre le pouvoir et le monde des affaires ou encore à travers le rôle des institutions financières ― maintes fois restitués par le journalisme d’investigation2, ni même sur son implication dans le processus de mondialisation, déjà bien analysée ailleurs (Wirth 2002, Marchal 2001, Dumortier et Lavergne 2001), que dans un double apport original, sociologique et anthropologique.

    Dans un premier temps, Mike Davis, fort de son expérience dans l’étude des espaces de la pauvreté et des minorités, consacre la fin de son essai à l’envers du décor dubaïote constitué par les masses salariales immigrées exploitées, pourtant majoritaires sur le plan démographique. Il ne se contente pas de relater l’actualité des mouvements de protestation contre le non paiement des salaires et pour l’amélioration des conditions de travail qui ont eu lieu entre 2004 et 2006 sur les différents chantiers de la ville (défilés sur les autoroutes urbaines, interruption des travaux de Burj Dubaï, futur plus haut gratte-ciel du monde), mais il les replace dans le contexte social local. D’après Davis, les travailleurs asiatiques sont les « serfs invisibles » qui composent la base d’une pyramide sociale savamment édifiée par la famille régnante pour asseoir son autorité. C’est pourtant sur eux que repose le boom immobilier et, par extension, tout le développement de la ville. Et l’auteur d’observer dans ces rébellions les prémisses d’une fragilisation de la toute-puissance économique de la classe dirigeante et, par là-même, du modèle dubaïote.

    Dans un second temps, un apport majeur se lit en filigrane à travers l’analyse anthropologique fine qui est faite de l’urbanité dubaïote. Le texte de Mike Davis est suivi de celui de l’historien des idées François Cusset, Questions pour un retour de Dubaï, et tous deux apportent un éclairage précieux sur les grands principes de l’organisation spatiale de la ville. Lorsqu’elle évoque pour la première fois la désagrégation de l’urbs et le commencement de l’ère de la « non-ville », Françoise Choay limite son analyse aux villes occidentales (Choay, 1994). Or, Dubaï semble être aujourd’hui la mieux désignée pour illustrer ce concept de la « posturbanité », ou du moins son application au cadre géographique du Moyen-Orient.

    Mike Davis mentionne trois éléments de l’organisation de Dubaï, que l’on peut voir comme des indicateurs de posturbanité. L’ingénierie urbanistique d’avant-garde, avant toute chose, semble en être la base. Si elle séduit des architectes de renom tels que George Katodrytis ou Rem Koolhaas, Mike Davis la compare, non sans une certaine violence, aux projets imaginés par Albert Speer pour la capitale du 3e Reich. Puis, il évoque l’importation de modèles de développement occidentaux et le transfert tous azimuts de structures socio-spatiales « étrangères ». Ainsi Dubaï est-elle la « cité des mille et une villes », selon son expression. Elle emprunte à Las Vegas les aspirations à l’excès visuel, adopte la « stratégie de Singapour » pour le développement de son secteur commercial et s’ouvre, comme Hong-Kong et Miami, à l’investissement de ressortissants étrangers, britanniques, arabes et iraniens entre autres. Enfin, Dubaï n’échappe pas à la fragmentation ; elle semble même en avoir fait un principe urbanistique. Les liens sociaux, d’une part, en l’absence d’espaces publics, se restreignent à l’espace des communautés résidentielles fermées « à laTruman Show » et des « méga-enclaves » économiques autorégulées (zones franches, centres commerciaux, pôles de développement spécialisés dans la santé, internet et même… les échecs). D’autre part, les territoires quotidiens sont éclatés dans la ville qui s’étend désormais sur cent kilomètres de long, ce qui rend inévitable le recours à l’automobile et la multiplication des frontières internes.

    L’article de François Cusset explore un peu plus les configurations spatiales de Dubaï et à travers elles, le concept de posturbanité. L’auteur en présente trois formes caractéristiques : la translation, la transplantation et l’enclavement. Par translation, il définit les modalités de l’importation de ces fameux éléments extérieurs. Ces derniers sont d’abord finement sélectionnés parmi ce qu’offre de plus cher et de plus performant la modernité occidentale, puis décontextualisés et restitués dans un cadre inédit et, enfin, renforcés sur les plans technique et stylistique. Cette « stratégie du sur-jeu […] du dépassement de l’original » permet de compenser, dans une certaine mesure, le déficit historique et identitaire que présente la ville de Dubaï. Le phénomène de transplantation renvoie quant à lui à l’absence de socle naturel (en dehors du sable, unique ressource locale utilisée dans le développement de la ville) et au vide environnemental qui préexistait aux constructions. En effet, ni les matériaux de construction, ni la végétation, ni les denrées alimentaires ne sont produits sur place. Enfin, François Cusset rejoint Mike Davis sur la question de la multiplication des enclaves économiques et résidentielles qui donnent à Dubaï son aspect de « ville-gruyère » et qui s’insèrent dans cette logique, posturbaine donc, qui défie les ancrages territoriaux.

    Pour finir, on aimerait en savoir plus sur le fonctionnement des institutions locales, sur les jeux d’acteurs qui précèdent l’élaboration des différents projets urbains ou encore sur les réponses apportées par le pouvoir (et les ong) aux mouvements de protestation susmentionnés. Ces renseignements, seules des enquêtes de terrain plus longues que celles effectuées par Davis et Cusset auraient pu les apporter et, permettre de surcroît, d’effectuer une distanciation idéologique, qui n’a visiblement pas non plus présidé au travail de l’anthropologue Davis. Néanmoins, Le stade Dubaï du capitalisme apporte un éclairage nouveau sur le phénomène Dubaï, à « la rencontre d’Albert Speer et de Walt Disney sur les rivages de l’Arabie », selon la formule consacrée de Mike Davis, tout en présentant à partir de l’analyse de ses configurations spatiales atypiques, un souci évident de conceptualisation des nouvelles formes d’urbanité.

    Mike Davis, Le stade Dubaï du capitalisme, Paris, Les prairies ordinaires, collection Penser/Croiser, 2007, 88 pages.

    Bibliographie

    Françoise Choay, « Le règne de l’urbain et la mort de la ville », in Jean Dethier, Alain Guiheux (eds), La ville. Art et architecture en Europe : 1870-1993, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 1994, pp. 26-35.

    Mike Davis, Le pire des mondes possibles, Paris, La Découverte, 2006.

    Brigitte Dumortier, Marc Lavergne, Dubaï et la mondialisation : du souk à la zone franche, Paris, Éditions du Temps, 2001.

    Roland Marchal, Dubaï cité globale, Paris, Cnrs, 2001.

    Eugen Wirth, Dubaï, un centre urbain moderne de commerces et de services dans le Golfe arabo-persique, Lyon, Cahiers du Gremmo, 2002.

    Note1 Le Shopping Festival, parrainé par les centres commerciaux de la ville, qui a lieu chaque année en janvier, tient lieu de fête nationale.2 Lire notamment les articles de D. Hirst, Le Monde diplomatique, 02/2001, C. Ayad,Libération, 07/01/2006 et D. Farah, Washington Post, 18/02/2002.


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 9 décembre 2014 22:59

    @Lucidus


    Des prêts, de la situation financière du FN et de la cavalerie comme éléments susceptibles de dissuader une banque française de consentir un concours bancaire au FN.

    Je suis au regret de faire voler en éclats vos illusions, mais la réalité des faits est implacable.
    Naturellement, si vous disposez d’un argumentaire différent, vous êtes le bienvenu et chacun vous lira avec intérêt.

    Pour le moment, les lumières de a sale de cinéma se rallument et le film est fini.

    Je vous invite à lire très attentivement ce qui suit en consultant le lien ci-après qui renvoie à un article très documenté de David Perrotin publié le 9 décembre 2014 à 16 ;03 sur Rue 89.

    I- Une situation financière largement obérée

    http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/09/fn-nest-endette-les-comptes-disent-contraire-256475

    « Le FN n’est pas endetté » ? Les comptes disent le contraire
    Non seulement le FN est très gravement endetté, mais sa situation financière repose sur un mécanisme de cavalerie bancaire dont vous trouverez le défiintion et le modus operandi ci-après.

    Pas de cadeau de la Russie ?

    Depuis que Mediapart a révélé [article payant] le prêt de la FCRB accordé au FN, Marine Le Pen assure que cela n’implique pas un rapprochement officieux avec Vladimir Poutine. Elle précise même, toujours sur BFMTV, que ce n’est pas une faveur :

    « [Les taux d’intérêts de la banque russe] sont à 6%, on ne peut pas dire que ce soit un cadeau. »

    Et pourtant, ce taux d’intérêt suscite quelques interrogations, notamment parce qu’il n’est pas habituel en Russie. Contacté par Rue89, Alexis Prokopiev, militant EELV et président de Russie-Libertés, s’interroge :

    « Comment ont-ils obtenu un taux si bas auquel les citoyens russes n’ont pas accès ? On peut se demander si un prêt d’un tel montant et à un taux aussi faible a pu se faire sans la main bienveillante du Kremlin. »

    Sur le site de la banque centrale du pays [en russe], Alexis Prokopiev constate en effet que le taux pour un crédit en roubles sur trois ans (pour les organisations non financières) est de 13%. Et qu’il est, pour le même crédit en euros, de 9,8%.

    II-Cavalerie

    La Cavalerie est une pratique financière frauduleuse basée sur les décalages entre les montants et périodes enregistrant des entrées et sorties de capitaux pour masquer une insuffisance entre les ressources et emplois.

     

    Exemples

    - Lorsque 2 entités économiques tirent réciproquement des effets de commerce l’une sur l’autre afin de pouvoir utiliser ceux-ci comme support de refinancement et notamment en les remettant à l’escompte auprès d’un banquier. La créance n’étant pas causée et le précédé relavant d’une pratique délictueuse préméditée la faute de gestion est donc caractérisée.

     

    - Cette pratique peut également être réalisée par un seul acteur qui émet des taites sur des tirés sans qu’il n’exite aucune créance réelle. Dans ce cas le fraudeur attends que l’effet lui revienne impayé pour le couvrir en trésorerrie notamment en remettant d’autres effets à l’escompte.

     

    - Certains acteurs d’entreprises et mêmes particuliers utilisent le chèque bancaire pour payer alors que la provision au compte n’est pas constituée. Ce qui est un délit. Cette provision devant être préalable et disponible.

     

    - La « Pyramide de Ponzi » relève également d’une pratique de cavalerie qui a notamment été utilisée par Bernard Madoff.

     

    Dans tous les cas la rupture de la chaine de paiement, croisés ou d’autofinancement successif, met en évidence l’insuffisance de trésorerie entrainant des diffucultés financières en cascade.

     

     Voir : Boule de neige ; Cause ; Créance née à l’étranger ; Délit ; Dol  ; Effet de commerce ; Escompte bancaire ; Moyens de paiement ; Ponzi. ; Refinancement ; Responsabilité ; Titrisation  ;

     



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 décembre 2014 19:50

    @Tous« A la différence d’autres pays occidentaux ou émergents, la Chine a une stratégie coordonnée au plus haut niveau politique. Dans un premier temps, elle consiste à mettre en place un réseau de ports, de centres logistiques et de voies ferrées pour distribuer ses produits, accélérer les échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident et profiter d’infrastructures hautement rentables sur le continent. »

    « Cette nouvelle route de la soie passait hier par l’Afrique – la Chinafrique est devenue une réalité presque aussi redoutable que la Françafrique –, elle se transporte aujourd’hui en Europe pour y vendre ses produits et capter les nôtres. »

    http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere/2014/12/08/laeroport-de-toulouse-vendu-aux-chinois-en-grece-un-precedent-inquietant-233895

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