"Oui, Sarkozy va détruire l’image de l’Etat, pour que les français comprennent enfin qu’ils n’ont aucun interet à se tourner vers lui au moindre probléme, que l’Etat EST le probléme."
C’est le talon d’Achille de sa ligne politique. D’après moi, entrer ça dans la tête du peuple français est une utopie qui le sera encore en 2012. On est trop bien avec nos acquis sociaux pour imaginer se prendre en main autrement qu’en couinant sur l’Etat, et celui qui l’incarne. Faudra attendre 2017 et cinq années d’exercice du pouvoir par la gauche pour espérer intégrer cette idée dans les mentalités, le temps que l’électorat prenne conscience de force du fait qu’il ne suffit pas d’avoir de belles idées humanistes pour mener une politique sociale équilibrée. Ca en laisse du temps.
Entre la louable intention d’appeler la jeunesse à retrouver cet idéalisme que suscite la capacité à prendre en main sa propre existence, et la non moins louable intention de se faire mousser par une nouvelle production philosophico-lyrique, il faudrait choisir …
Vous auriez pu nous épargner le parallèle avec la politique à Sarko, au moins.
Article qui ne semble avoir d’autre intérêt que de montrer une nouvelle fois, si besoin en était, à quel point W.Bush et sa clique sont des salopards lobbyistes rompus aux coups tordus de l’accession au pouvoir outre-Atlantique, à côté desquels même un éléphant dent dure comme McCain évoquera plus facilement au lecteur les aimables bun’s et frites surgelées de son homonyme agro-alimentaire, que le redoutable politique conservateur chargé de perpétuer la ligne politique de l’administration républicaine qu’il est, ainsi qu’il le présentera au monde en fin d’année s’il s’extirpe du piège démocrate.
L’inimitié (notoire) entre McCain et Bush n’a qu’un intérêt stratégique limité. On est dans l’image, là, il s’agit de trouver du passionnant à une campagne somme toute relativement lisse jusqu’ici. McCain élu, qui peut raisonnablement s’attendre à un revirement significatif de la politique internationale américaine ? Car c’est là la question de fond, finalement. Et la façon dont la pose l’article, en suggérant au lecteur que les profondes divergences personnelles et stratégiques des deux hommes peuvent déboucher sur des divergences d’action politique tangibles, simplifie à l’excès une problématique bien plus compliquée.
Car Bush va s’arranger pour lui laisser quelques planches savonneuses afin d’éviter une remise en question trop directe de sa politique. S’il passe, McCain devra composer avec les restes de la politique de son prédécesseur, s’inscrire dans une certaine continuité vis-à-vis de son alignement républicain et des attentes de l’électorat américain en ce sens, tout en faisant face au reste du monde qui attend, dans des proportions de plus en plus perceptibles, l’après-Bush comme un virage décisif. Soit la perspective d’une politique de compromis à tous les étages, bien peu en phase avec les attentes de la plupart des milieux intellectuels internationaux et notamment européens.
Bref, s’il s’agissait de montrer que la politique américaine n’est que la production de l’influence des lobbies, c’est réussi, mais était-ce encore nécessaire ?...
Ce qui m’ennuie dans votre article, c’est que le sujet, au fond, on s’en fout. Et vous le reconnaissez vous-même en évoquant "cette farce politico-médiatique" en conclusion. Les attaques à votre encontre s’expliquent donc aisément, tout ce qui a trait à Sarko-le-people étant désormais promis au déchaînement émotionnel de masse.
Notre président est marié, on a à nouveau une première dame de France. Grand bien lui fasse ! Le constat s’arrête là. Le seul intérêt notable que je vois à la publication de ces lignes est le nombre de réactions qu’il suscite comparativement aux autres articles du jour. Si vous souhaitiez faire jaser le chaland, c’est réussi. Mais comme j’ai du mal à croire qu’il s’agisse là de votre sujet de préoccupation majeur du moment, je me pose la question : seriez-vous empêtré dans ce dilemme entre l’envie d’être lu et celle d’apporter des réflexions constructives sur des problèmes d’actualité ?
Je suis entièrement d’accord avec le commentaire de Fouad. La valeur perçue de l’identité collective que représente un immigré influence grandement l’a priori. Dans le cas de régions pauvres comme l’Afrique ou le Moyen-Orient, cette valeur perçue est faible, à cause de l’image véhiculée par la communauté d’origine et sa culture. C’est ce qu’on appelle le racisme ordinaire, terme un peu fort à mon goût car il représente une réaction normale de l’inconscient humain, qui réagit naturellement à l’impression de valeur véhiculée par son interlocuteur par rapport aux siennes ; et c’est se détacher de cette réaction basique qui demande un effort de discipline sur soi-même. L’acceptation de l’autre s’apprend, notamment par l’ouverture sur sa culture, elle n’est pas innée. Quand elle n’est pas apprise, les réflexes communautaristes prennent le dessus comme c’est hélas encore trop souvent le cas en France.
La meilleure illustration dans le cas présent est celle de la communauté asiatique, perçue la plupart du temps bien plus positivement que les communautés noires ou arabes. Ici je généralise un peu bien sûr, mais autant se l’avouer : les identités culturelles extrême-orientales sont souvent mieux perçues en France que celles émanant de l’Afrique noire ou du monde arabe.
Donc effectivement, tant qu’un changement positif et tangible n’aura pas eu lieu dans les communautés d’origine, l’image véhiculée par leurs immigrants souffrira toujours d’une forme de défiance, même inconsciente, de la part du plus grand nombre.
Mais les populations des pays d’accueil ont aussi leur part de responsabilité, en tant que dépositaires d’une culture plus libre et démocratique, qui justifie le désir d’immigration : celle de s’informer, car elles en ont la possibilité. Après, le ressenti est l’affaire de chacun, mais le racisme et l’exclusion sont souvent une question de préjugés… CQFD.
Bref comme dit Fouad, il s’agit de logique basique accessible à tous, tout ceci donne l’impression d’enfoncer un peu des portes ouvertes, mais ça va mieux en le disant, tant ces évidences paraissent souvent noyées dans l’inconscient collectif au profit de raccourcis dont on peut mesurer les conséquences actuellement.