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Etudes en géomorphologie. Ancien professionnel de l’éducation à l’environnement. Actuellement écophotographe par vocation et coursier à vélo par prosélytisme.

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  • samregarde samregarde 17 décembre 2008 19:48

     Nello : certes, le moteur électrique n’émet rien en sortie (pour la fabrication, c’est un autre débat) et a un meilleur rendement que le moteur thermique. Mais passer au tout électrique n’arrangerait pourtant pas forcément la situation si l’on s’obstine à vouloir rouler vite : l’énergie nécessaire devra bien être produite (les chinois pensent aux centrales à charbon pour ce faire), et la demande augmentera de toute façon avec la généralisation de la voiture dans les pays émergeant (en France, d’après Jean-Marc Jancovici, il faudrait "simplement" double le parc des centrales nucléaire). Le solaire dites-vous ? Oui, mais toujours en roulant moins vite, selon les techniques actuellement maîtrisées.


    Parenthèse : ma première intervention a été moinssée, pourtant il me semble ne pas être hors sujet. Je constate une fois de plus que certains forumeurs confondent "constructif" avec "ne me plaît pas".

    Vous croyez, vous, que ça me plairait à 100% de rouler moins vite, moi qui ai eu mon permis moto avant celui voiture ??? 

    C’était une analyse, c’est tout, et au lieu de moinsser, argumentez svp...



  • samregarde samregarde 17 décembre 2008 17:40

    Tout à fait d’accord avec les propos de Lisa Sion. 

    Je profite qu’il y ai encore un fil sur la crise automobile pour proposer à nouveau cette idée très simple, certes iconoclaste, mais qui a le mérite de s’attaquer à plusieurs crises à la fois et de manière, me semble-t-il, intelligente (puisqu’elle ferait appel à toutes les intelligences) et "relativement indolore".

    Il s’agirait de limiter, dans un avenir proche, la seule variable d’ajustement existant aujourd’hui, à savoir la vitesse maximale autorisée. Il le faudrait de façon drastique (70 ou peut-être même 60 ou 55 km/h , y compris sur les autoroutes), et de façon universelle.

     

    Une telle proposition s’attaque certes à l’image d’une certaine modernité passant par une mobilité « rapide », mais elle s’appuie sur des données physiques incontournables, et se révèle au final résolument progressiste.

     

    D’un point de vue physique, Il faut d’abord comprendre et considérer que l’augmentation de l’énergie nécessaire pour amener et maintenir un véhicule à une vitesse élevée est une fonction exponentielle de la vitesse, qui dépend de la résistance de l’air ,du poids du véhicule, de la résistance au roulement et de l’accélération. 

    Ainsi pour un rendement théorique donné et à trajet égal, la consommation en énergie d’un véhicule roulant à 50km/h est divisée par un facteur ∛/2 par rapport au même véhicule circulant à 100 km/h. 

     

    Une réduction drastique de la vitesse maximale autorisée induirait donc une réduction encore plus drastique de la puissance des moteurs (électriques, thermiques ou chimiques), et par voie de conséquence de la consommation d’énergie et de la pollution.

     

     

    ll faut ensuite considérer que le "peak oil" est déjà derrière nous. Si l’ensemble des habitants de la planète revendique un droit à rouler à plus de 100km/h max, en l’état actuel de nos connaissances techniques, cela serait tout simplement une catastrophe non seulement en terme d’émission de CO2, mais aussi en terme de ressources énergétiques.

     

    Or les pays émergeant vont utiliser massivement l’automobile dans un avenir proche, charbon/électricité pour les uns, pétrole pour les autres,et ils l’utiliseront selon les normes internationales en la matière. L’industrie automobile chinoise ou indienne se mettra au diapason, soucieuse à la fois de rouler aussi vite que partout sur la planète, et surtout intéressée par les perspectives de vente que représentera alors sa propre production sur le marché international. La prochaine crise pétrolière (laquelle interviendrait d’autant plus tôt dans ce contexte), pourrait alors prendre des proportions jusque là inconnues (et dont les conséquences, soit dit en passant, seraient bien plus gênantes que le fait de se déplacer lentement).

     

    Il s’agit donc de définir une vitesse maximale qui ne semble pas seulement "raisonnable" (je me permets de réfuter ce terme imprécis), mais surtout scientifiquement "soutenable" en terme de consommation globale, et aussi (et surtout ?) qui permette l’émergence de nouveaux types de véhicules beaucoup plus légers et sobres. La bonne fourchette reste à déterminer selon des critères objectifs, et se situe quelque part entre 50 et 75 km/h, en l’état actuel des techniques. 

     

    En effet, les véhicules contemporains, prévus pour faire face aux contraintes considérables qu’induisent les hautes vitesses (structures renforcées, moteurs plus gros, dispositifs de sécurité indispensables) sont aujourd’hui encore en position d’hégémonie, dans la mesure ou aucune autre technique n’est suffisamment performante pour être concurrentielle et donc être produite massivement.. 

     

    Réduire la vitesse consisterait donc, dans la sphère de la technée, à promouvoir la technodiversité : une foule de véhicules en tout genre est déjà conformée pour rouler à 60 km/heure dans une économie de poids, de matériaux et d’énergie considérable, le tout pour des prix de revient qui seraient relativement peu élevés si l’on passait à une phase d’industrialisation de masse. Ils ne demandent qu’à voir le jour autrement que sous la forme d’énièmes reportages dont on nous rebat les oreilles depuis des dizaines d’années.

     

    Tout le monde parle de véhicules "propre", d’émission de CO2 réduite, d’économie d’énergie. La seule façon de s’en approcher aujourd’hui (j’insiste sur le terme aujourd’hui) est d’en passer par cette réduction des vitesses autorisées.

     

    J’invite également à méditer sur ce qui suit : une baisse drastique et universelle de la vitesse maximale autorisée, savamment orchestrée, aurait d’autres conséquences bienvenues qu’il faut absolument mettre en regard avec quelques crises actuelles (économiques, territoriales) :

    - faire sortir du marasme une industrie automobile en panne (laquelle, sinon, engloutira les aides de l’état pour mieux sombrer au prochain choc pétrolier ou à la prochaine crise de surproduction)

    - créer des milliers d’emplois consacrés à la planification d’une telle opération et à la refonte structurelle qui en découlerait

    - générer à terme bien des bénéfices liés à une certaine relocalisation (ou de ne pas ruiner le tissus existant dans les pays émergents)

    - fluidifier le trafic routier

     

    J’imagine sans peine que l’on pourrait en faire un véritable projet de société (un peu comme avec l’euro), en aidant au mieux les différentes initiatives afférentes qui en découleraient, en soutenant les plus ennuyés par une telle décisions, en promouvant des secteurs d’activités en relation (transports en commun, télétravail...)

     

    Au chapitres des inconvénients , on en trouve de nombreux, mais aucun qui ne paraisse inacceptable ou incontournable à moyen terme. 

     

     

    En résumé, l’humanité gagnerait, globalement, a appliquer une telle mesure. Je pense même qu’un monde où la vitesse serait limitée à 60 km/h deviendrait, avec les techniques qui sont les nôtres aujourd’hui, extraordinairement intéressant. Et meilleur à vivre. 

    Qu’en pensez-vous ?

     


  • samregarde samregarde 10 décembre 2008 13:37

     @ l’auteur : bien d’accord avec vous sur la réaction de certains intervenants. A croire qu’ils n’ont pas lu l’article...
    Il ne s’agit pas ici de dire si l’on croit à un monde après la mort, mais de savoir ce qu’il se passe dans le cerveau à l’approche du moment (la mort clinique n’est peut-être pas la mort ultime, voilà tout, cher Pallas smiley, et si l’on peut accorder un quelconque crédit aux récits faits par ceux qui se réveillent (je n’ai pas dit "ressuscitent"), et si oui comment est-ce possible. C’est tout. Il faudrait inventer un "point rose croix" équivalent au point godwing...

    Beaucoup ici s’enflamment pour pas grand’chose.



  • samregarde samregarde 10 décembre 2008 09:30

     @ Marco : le moteur électrique fait sans doute partie d’une panoplie de solutions variées.... à conditions
    1) de le rendre compétitif face au moteur thermique
    2) de bien comprendre (il y a sur ce sujet une mésinformation flagrante) que cette electricité devra bien être produite d’une façon ou d’une autre, ce qui décale le problème de production d’énergie/disponibilité des ressources/atteintes éventuelles à l’environnement/atteintes aux populations.

    La solution évoquée plus haut devrait plaire aux américains : ils pourraient relancer une industrie moribonde et obsolète dans la joie du pionnier découvrant le grand ouest...



  • samregarde samregarde 9 décembre 2008 23:40

     @Forest Ent : Tout à fait d’accord. L’électricité n’est pas une source d’énergie, mais un vecteur. Idem pour l’hydrogène, dans la mesure où il n’existe pas à l’état natif sur notre planète. 
    Jean-Marc Jancovici estime dans son livre "Le plein s’il vous plaît" que pour rouler tout électrique en France, il faudrait doubler le parc nucléaire national. Je laisse à chacun le soin d’apprécier une vision du système étendu au monde entier...

    Je voudrais dans le cadre de ce débat soumettre à votre analyse (que j’estime fort), le petit billet que j’ai déjà placé sur l’un ou l’autre fil d’AV . Jacques Attali trouve l’idée vraiment intéressante, m’a-t-il confié. Voici ce billet :

    "Il apparaît pour tout observateur que nous pourrions être à un moment fort de l’histoire contemporaine La concomitance de plusieurs crises (écologique, énergétique, économique et industrielle), qui peut effrayer en première approche, fournirait néanmoins peut-être l’opportunité rare, sinon unique, de franchir certains caps, à condition de "se retrousser les manches".


    Il existe peut-être une idée qui permettrait, je le crois sincèrement, de régler plusieurs problèmes en même temps. Une idée qui paraît simple, presque simplette, mais dont les conséquences, si l’on y réfléchit attentivement, pourraient être énormes. 
    Il faut préciser que cette idée brise un tabou touchant au progrès via la mobilité, et que par conséquent sa simple évocation suscite de haut cris. 

    Cette idée (j’y viens !), serait de limiter la vitesse de façon drastique (50 ou 60 km/h maximum, y compris sur les autoroutes). 

    Alors bien entendu on imagine déjà les voix de nombreux citoyens hurlant au scandale, à l’utopie, à la régression, à la stupidité, à la caricature verte, etc... ! Et pourtant, si l’on, y réfléchit, cette idée est logique, s’appuie sur des données physique, et aurait beaucoup d’avantages. 

    A noter qu’une telle limitation n’a rien à voir, de par ces conséquences, avec les mesurettes parfois envisagées ici ou là. Pour un certain nombre de raisons évoquées ci-après.

     Il faut d’abord comprendre et considérer que l’augmentation de l’énergie nécessaire pour amener et maintenir un véhicule à une vitesse élevée n’est pas une fonction linéaire de la vitesse. C’est plutôt une fonction exponentielle, qui dépend de la résistance de l’air (laquelle augmente ne façon non linéaire), du poids du véhicule (qui augmente avec le nécessaire surdimensionnement du chassi et du moteur lui-même), de la résistance au roulement (fonction linéaire) et de l’accélération (laquelle augmente de façon non linéaire également) . 

    Une réduction de la vitesse induirait donc une réduction drastique de la puissance des moteurs (électriques, thermiques ou chimiques). Cela aurait plusieurs conséquences. La plus évidente serait une forte réduction des émissions polluantes et/ou de la consommation d’énergie (d’après Jean-Marc Jancovic, il faudrait doubler le parc nucléaire français pour rouler au tout électrique, aux vitesses actuelles s’entend). 

    Une autre conséquence à laquelle on songe moins serait de pouvoir enfin utiliser de nombreuses techniques jusque là restées dans les cartons parce que pas assez performantes pour rivaliser avec les moteur thermique selon les normes de vitesses en vigueur.

    Je passe volontairement sur la diminution du taux d’accident et des économies afférentes, de l’utilisation possible de toutes les routes simples comme routes à plusieurs voies (voitures ou vélos), sur la fluidification du trafic, qui verrait sans doute de nombreux bouchons sauter (la plupart de trajets étant du domicile/travail, le surcoût en temps serait vraisemblablement assez faible), pour passer à un autre avantage, très valable en cette période de criseS. 

    Les pays qui réglementeraient ainsi leur vitesse permettraient aux industriels de se relancer sur un marché complètement nouveau et porteur à terme. Cela satisferait aux exigences écologiques, aux nouvelles donnes de la de consommation des citoyens, permettrait de redéfinir un espace de vie relocalisé et des rapports différents entre les individus (à 50 km/h la vie sociale est différente), et enfin permettrait temporairement un leadership technologique (ce à quoi je suis peu attaché, mais c’est un argument que certains reçoivent prioritairement...)

    Cela s’appelle résoudre plusieurs dilemmes simultanément.


    Au chapitres des inconvénients , on en trouve de nombreux, mais aucun qui ne paraisse inacceptable, et souvents temporaires : 

    La cohabitation de 2 générations de véhicules le temps que les millions d’utilisateurs soint équipés (bien entendu, nos voitures d’aujourd’hui seraient tenues de rouler à 60 aussi). 

    Les problèmes possibles avec les ambulances et autres véhicules d’urgence. 

    La rogne des malheureux routiers déjà contraints de rouler toute la journée pour un salaire pas toujours très élevé ; celle des motards bien entendu (je suis un ex motard, je connais le milieu smiley)

    Le temps passé pour aller en vacance en voiture (mais justement : on n’irait peut être plus en voiture, ou bien le chemin ferait partie des vacances : les vacances, c’est aussi parfois l’aventure). 

    Etc etc... 

    Il va de soit qu’il resterait des véhicules puissants et solides (sinon comment ferait mon carreleur favori pour se déplacer ?), mais cela serait marginal (10 à 15 % du parc), et surtout des véhicules spécifiques pourraient être loués à l’occasion (certains achètent un break pour partir en vacance 2 fois par ans, c’est tout simplement un mauvais calcul...). 

    Mais les nouveaux véhicules seraient quant à eux sans doute plus rustiques, moins chers à l’achat et à l’entretien... 

    En résumé, tout le monde y gagnerait, globalement, avec une telle mesure. Je pense même qu’un monde où la vitesse serait limitée à 50 km/h deviendrait, avec les techniques qui sont les nôtres aujourd’hui, extraordinairement intéressant. et meilleur à vivre. 

    Pour finir ce minuscule plaidoyer, pondu sur le coin du clavier, je voudrais préciser, mais vous le savez déjà, que je ne suis pas technophobe, mais juste rationnel. Et le rationnel conduit aujourd’hui à changer nos comportements en même temps que l’on cherche des solutions techniques"


    Qu’en pensez-vous ?
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