De même qu’on n’élude pas un problème en faisant comme s’il n’existait pas, on ne combat pas un ennemi en ne le connaissant pas. On ne réfute pas une thèse en interdisant qu’elle soit écrite. Pire : l’interdiction n’empêchera pas sa diffusion, voire sa mythification.
Non, il ne faut pas interdire ce bouquin : il fait partie de l’histoire. Il permet de mieux cerner le personnage.
Et puis, il ne faut pas oublier une chose : le livre a existé et les dirigeant des pays qui se sont retrouvés en guerre contre Hitler n’ont pas réagi au programme annoncé. Il est intéressant de décortiquer le pourquoi de ce fait pour éviter de refaire les mêmes erreurs.
Oublier le passé, c’est se condamner à répéter les mêmes erreurs. C’est aussi vrai si on l’oblitère volontairement.
vous dites "bonne situation, c’est-à-dire plutôt un poste d’encadrement avec un bon salaire".
Je trouve regrettable que l’on admette trop facilement cette définition d’une bonne situation et c’est celle que l’on retrouve toujours dans les médias et dans les discours des politiques.
Pour moi, la bonne situation c’est celle qui correspond aux aspirations de la personne : pour certains, cela sera le gros salaire, pour d’autres, le pouvoir, pour d’autres, une qualité de vie en famille ou un travail intéressant, sans limitation de domaine : cela peut être la cuisine, la mécanique, l’ébénisterie, etc. etc.
Il existe des tas de métiers qui ne sont plus valorisés depuis des années, qui nécessitent de vrais savoir-faire et qui peuvent être bien plus rémunérateurs que des métiers Bac+X, comme le fait remarquer Yohan.
Rien n’empêche de changer : je connais un CAP en chaudronnerie qui ne s’est pas plu dans le domaine et qui est devenu ingénieur en suivant des cours du soir. Inversement, je connais un informaticien qui est devenu ébéniste parce que le métier ne lui plaisait pas. Je connais aussi un mécanicien absolument passionné par son métier et six frères artisans dans le BTP qui sont tous multi-propriétaires et qui continuent à travailler plutôt que de vivre de leurs rentes. Je connais aussi un directeur général qui a eu le pouvoir et l’argent dans une grosse société, mais une vie de famille désastreuse. Et j’en connais bien d’autres.
Mais il y a aussi des gens qui ne sont faits pour aucune de ces deux catégories de métiers (études ou savoir-faire manuels). Pour eux, le métier qu’ils obtiendront ne correspond pas à une aspiration mais à une nécessité vitale. Et dans ce cas, non, il n’y a pas de sot métier, car les "métiers" en question sont également à pourvoir et ont un rôle dans la société.
Mon père n’a pas eu la chance de pouvoir faire des études ou de développer un savoir-faire particulier. Il a été ouvrier, chauffeur de bus, taxi, livreur de médicaments, gardien, encaisseur d’assurance, etc. Et il a pu faire vivre sa famille.
Comme le rappelle Yohan, les études ne garantissent pas un bon salaire, et ce, d’autant moins que l’on pousse un maximum de gens à être bachelier et à faire ces d’études. Et souvent, cela garantit plutôt du stress et tout le monde là encore n’est pas fait pour çà.
Si la société est indienne (à ne pas confondre avec le fait qu’il s’agit de français qui sont à l’origine de la société), l’annonce n’est pas choquante.
Mais, en dehors des cas que j’ai cités plus haut, elle a peu de chances d’intéresser un développeur Java français : on se les arrache actuellement.
Je trouve bien plus choquant la délocalisation massive de travail à l’étranger via nos sociétés françaises avec des effectifs offshore. Car, là, il y a bien concurrence sur notre sol sur la rémunération de ce travail, très largement en notre défaveur.
@Geko
Je suis bien d’accord avec vous sur le dumping que représente la nouvelle mesure gouvernementale. Cela ne me plait pas du tout. Cependant, il ne faut pas mélanger cette offre avec les lois en cours. Je pense que Masuyer a raison sur la récupération que l’on fait autour de ce cas, et je salue au passage sa capacité à critiquer son propre "camp politique".
Réfléchissons un peu au problème, en évitant les réactions à chaud (réaction que j’ai moi-même eue au premier abord). Il s’agit d’une entreprise localisée en Inde, offrant un poste local dans un cadre juridique local, mieux payé que la moyenne dans ce pays.
Si j’étais indien résidant actuellement en France (pour études par exemple) et désireux de retourner au pays, je pourrais être intéressé par ce type d’emploi. Encore que je ne vois pas bien quel niveau de richesse représente un salaire supérieur de 4 à 5 fois la moyenne, ni la rémunération habituelle des informaticiens en Inde.
Si j’étais un jeune informaticien français cette fois, un peu avantureux, et désireux de faire une expérience exotique, je pourrais également être intéressé pour une période limitée (6 mois par exemple), en prenant la précaution de bloquer avant de partir l’argent nécessaire pour le retour. Etant donné que plusieurs entreprises françaises disposent de plateformes off-shore dans ce pays, cela peut être une expérience valorisante.
Evidemment, ce type de proposition n’a aucun intérêt pour un chômeur français ne désirant pas s’expatrier définitivement. Mais il me semble qu’il s’agit d’une proposition pas d’une obligation. Il me semble également que personne ne fasse apparaître ce type de proposition comme étant une alternative valable au chômage en France (du moins, je l’espère ! ).
Vis-à-vis de l’Inde, il ne s’agit pas d’un salaire low-cost. Hormis les considérations opportunistes citées ci-dessus, il ne s’agit pas d’une proposition pouvant retenir l’attention et il n’y a pas obligation de le faire.
Il était autrement plus scandaleux de trouver en France, comme cela a été le cas il y a quelques années, une société d’intérim qui proposait sur notre sol, des travailleurs d’Europe de l’est au tarif de ces pays. Ca, c’était du dumping et cela avait un réel impact social et économique sur le pays.
Les discussions autour du libéralisme ressemblent à des querelles de clocher :
-D’un côté les tenants d’une liberté totale d’action au motif qu’il est de l’intérêt des acteurs de trouver les conditions de régulation du marché, d’une part et de la non pertinence des interventions étatiques d’autre part.
-D’un autre côté, les antilibéraux qui prôneront une économie dirigée par le politique pour prendre en compte les aspects non pris en compte par les acteurs économiques.
A cela, se rajoutent toutes les déclinaisons des deux systèmes, les interrogations sur le libéralisme de droite ou de gauche, etc.
Au final, une impasse totale, chacun restant sur ses positions.
Tout cela est passionnant intellectuellement, certains intervenant de ce forum sont très pertinents sur je sujet, mais soyons pragmatiques.
Le libéralisme au départ, c’est une liberté d’action et un rejet du pouvoir qui serait susceptible de limiter l’exercice de cette liberté.
Que cette liberté d’action offre des possibilités à tout le monde ayant une envie d’entreprendre, fait partie des avantages de la thèse.
Mais, le constat, c’est que :
1/ Toute organisation humaine qui acquiert un avantage continuera à le pousser au maximum, pour son bénéfice. Les secteurs se concentrent et des oligopoles apparaissent.
2/ Manifestement, les différentes crises le prouvent, les acteurs sont incapables de réguler le marché dans son ensemble. Lorsque cela devient trop grave, les états interviennent, mais des dégâts irréparables ont été commis entre temps, sur le plan social notamment, mais également pour les acteurs économiques les moins armés.
Le rôle de l’état ou d’organismes mandatés par des états est nécessaire pour fixer des règles du jeu de façon à limiter ces dérives et forcer les acteurs à ne pas négliger certains aspects jugés essentiels comme le volet social. Il est clair aujourd’hui que ces règles du jeu n’existent pas, ni au niveau des états, ni au niveau des organismes mandatés pour réguler les marchés. Il est clair également que les actions correctrices interviennent trop tard.
Sur un plan pratique, on constate que la liberté individuelle est encadrée par des lois, parce que les « acteurs » de cette liberté individuelle sont incapables de se réguler eux-mêmes.
De même, les entreprises, aussi libérales que soient leur direction sur le plan économique, ne décrèteront jamais l’auto-organisation de leur société au motif que les employés sauront réguler leur activité pour le bien de tous, parce qu’il en va de leur intérêt.
Ces deux derniers exemples montrent bien l’absurdité du concept d’auto-régulation, et qu’un encadrement de la liberté est nécessaire au bien de tous.
En conclusion, le libéralisme oui, mais pas dans sa définition théorique qui rejette le pouvoir politique au profit des seuls acteurs du système. Oui, dans un cadre régulé, sans prétention de diriger l’économie, mais en prenant en compte des objectifs définis par l’état et encadrant les dérives potentielles. C’est peut-être sur ce type de cadrage que l’on pourrait distinguer la gauche et la droite…