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  • SciFi SciFi 17 mars 2008 18:21

    Il me semble bien que le "marché" soit également responsable. Le marché, c’est aussi les sociétés de capitaux, pas seulement les producteurs de biens et de services, qui eux, n’ont effectivement rien à voir.

    Les gros pourvoyeurs de titres de ces dernières années sont quand même des sociétés privées : Lehman Brothers, Wells Fargo, Bear Stearns, JP Morgan, Golman Sachs, Bank of America, Indymac, Countrywide, etc. Ces sociétés ont permis à des fonds d’investissement de placer leur $ avec un rendement d’autant plus attrayant que le risque était élevé. Il est possible que des liquidités FED aient été utilisées, mais je ne suis pas certain que c’était le but.

    Le marché, c’est aussi les autorités de régulation. Comme par hasard, les créances titrisées réunies dans des CDO ne se négocient pas sur les places boursières, mais de gré à gré : les prix et les volumes ne sont pas diffusés. Les fonds se sont rendus compte du problème d’illiquidité lors des appels de marge.

    Il est effrayant de voir un patron de FED comme Greenspan affirmer que "market flexibility and competition are the most reliable safegards against cumulative economic failure". Je tiens le pari que si la paye de ces gens était directement liée à la valeur de cet aphorisme, on l’entendrait moins souvent.

    Si cet adage avait un fond de vérité, pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’auto-organisation des sociétés et des personnes dans la société ?

     



  • SciFi SciFi 17 mars 2008 16:32

    @Sylvain Reboul

    "Le médecin est éthiquement doublement en tort..." :

    J’ai réagi moi-même sur le sujet évoqué par docdory (montrer la possibilité du suicide, sans y participer), mais il est impossible de faire un procès d’intention à ce médecin.

    D’abord parce qu’il agit visiblement selon des convictions humanistes profondes et réfléchies, ensuite parce qu’on ne peut lui faire reproche de participer à une chose interdite par la loi. On ne peut pas dire "qu’il s’exonère à tort", car cela revient à porter un jugement de moralité qui n’a pas lieu d’être (il n’a pas tort selon son éthique).

    Dans tous les cas, si responsabilité il y a, elle n’est pas le fait du corps médical. En effet, un livre, "Suicide mode d’emploi" était paru il y a quelques années et a été retiré de la vente. Ce livre a fait l’unanimité contre lui, pas seulement du fait des autorités religieuses, mais aussi civiles et judiciaires.

    Il est vrai que le champ d’application un tel livre dépasse les cas exceptionnels dont il est question dans l’article, mais son retrait est symptomatique d’une société qui refuse toute prise de position "officielle" sur le sujet, y compris sur la seule solution proposée par docdory.

     



  • SciFi SciFi 17 mars 2008 15:39

    @Forest

    Je le voyais différemment, pas sous ses aspects théoriques, et certainement pas sous ses aspects dogmatiques, mais peut-être mon raisonnement est-il erroné.

    Notre pays a une croissance de plus en plus basse au fil des années, et il semblerait que nous soyons incapables de la redresser de façon interne à notre pays, ne serait-ce que parce qu’un grand nombre de produits de consommation ne sont pas fabriqués par des entreprises françaises.

    Cela entraine une recherche de relais de croissance. Des pays en pleine expansion, comme la Chine, représentent un marché potentiel énorme pour nos entreprises, et pas seulement pour les plus grosses. Mais comment accéder à ces marchés, si d’un autre côté, nous interdisons à ces pays de vendre chez nous ? Il me semble que la France seule aura bien du mal à se réaliser dans un tel contexte, au moins tant qu’un front européen uni et cohérent n’aura pas vu le jour.

    Nous souffrons par ailleurs d’une balance de commerce extérieur déficitaire, nous importons beaucoup pour couvrir nos besoins et nous avons du mal à vendre hors de nos frontières.

    Quelle serait alors à votre avis la bonne solution, qui excluerait le recours à la mondialisation ?

     



  • SciFi SciFi 17 mars 2008 13:35

    @Forest Ent

    Il me semble que la mondialisation n’est pas vraiment un choix : c’est un état de fait et il est vrai que nos politiques de droite ou de gauche sont incapables de construire une stratégie en fonction de cette donnée. Je pense que c’est plutôt cela que 2008 montrera au travers des crises multiples qui se profilent.

    @non666 : je suis plutôt d’accord : journalistes et politiques trouvent toujours les conclusions qui les arrangent et traitent les faits dans le sens de ce qu’ils veulent démontrer. Il n’y a aucune lecture objective et non partisane des résultats.

     



  • SciFi SciFi 17 mars 2008 13:07

    @docdory

    J’attendais avec impatience cet article dont vous aviez annoncé la parution dans un billet de Dugué. Sachez que je respecte votre point de vue de praticien et ne voyez aucune attaque personnelle à ce que je vais dire.

    Après avoir énoncé clairement les faits concernant Chantal Sébire et la position des politiques, vous parlez de la rareté des cas où les soins palliatifs sont impossibles, puis de votre position sur le sujet. C’est bien de ces rares cas dont il est question, ceux pour lesquels la médecine est impuissante à éliminer la douleur.

    Je vous rejoins sur certains points : votre déontologie (toute à votre honneur) qui vous empêche d’envisager une telle pratique. Vous auriez même pu légitimement vous appuyer sur le serment d’Hippocrate, à partir du moment où vous attachez de l’importance à la parole donnée. Et également le malaise que vous avez pu ressentir face à une émission que j’ai moi-même vue. Ce sont des arguments que je respecte totalement. Mais une quelconque disposition légale sur le sujet, si elle devait voir le jour, ne pourrait jamais imposer à un médecin de pratiquer une mort volontaire si cela est contraire à ses principes.

    Maintenant, à vous lire je ressens moi aussi un malaise. D’abord parce que vous fournissez un mode d’emploi, qui je suppose pourrait appeler à des questions complémentaires de la part du malade au moins pour être sûr qu’il ne souffrira pas en employant cette solutions. Ce qui me gêne, c’est que quelque part, vous devenez complice de cette mort, car si vous n’avez pas effectué le geste, vous avez fourni les clés qui permettent de mourir. De plus, on pourra toujours trouver des cas - rares, je vous l’accorde - où une personne est incapable d’agir sans une complicité

    L’autre malaise que je ressens, c’est le traitement a posteriori qui est fait des cas d’euthanasie en France. Si les choses étaient si claires sur le plan moral et légal, pourquoi ne punit-on pas durement ceux qui ont eu une participation active ?

    Léon Schwartzenberg, cancérologue en faveur de l’euthanasie malgré son état de médecin, avait révélé avoir pratiqué une euthanasie. Il a été suspendu par le conseil de l’Ordre au début des années 90, décision annulée ensuite par le Conseil d’Etat. Il n’a pourtant pas été poursuivi au pénal à ma connaissance, bien qu’ayant donné la mort. Il y a donc bien une forme d’hypocrisie sur le traitement ce problème.

    Alors peut-être avez vous raison sur un point : établir une loi complexe et problématique pour résoudre quelques rares cas, n’est peut-être pas la bonne solution. Pourtant il me semble malgré tout qu’il faut pouvoir apporter une réponse à ces rares cas. Et dans ce cas, pourquoi ne pas établir un dispositif exceptionnel, une commission nationale (du fait de la rareté des cas) composée de médecins, psychologues et juristes, tous volontaires pour assumer cette mission, et qui pourraient agir en dérogation par rapport à la lettre de la loi ?

     

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