"Le centre universitaire a tout intérêt à ce que cette entreprise prospère pour non seulement récupérer des financements mais aussi offrir des débouchés locaux aux chercheurs et étudiants du crû....et du coup les politiques aussi !"
C’est à la limite de la prostitution si tout le monde est d’accord pour accepter une telle situation par intérêt. Tel que décrit, cela signifie que l’histoire ne sortira pas au grand jour et je trouve çà extrêmement gênant.
Est-ce que même les syndicats étudiants qui étaient opposés à la loi sont d’accord avec ce type de compromission ?
"Quand le pognon devient la raison d’être, la moralité fiche le camp" : Je suis d’accord, mais je répète que ce n’était pas l’objectif poursuivi par la loi. En cela, il y a trahison de l’esprit de la loi et de beaucoup de gens par la même occasion. Cela mérite donc un recadrage, pas l’abandon des initiatives.
Pour prendre un exemple, on a souvent reproché aux moyens de communication (téléphone, puis minitel, puis Internet) d’être immoral car permettant et facilitant des entreprises immorales (prostitution, pédophilie, terrorisme). C’est confondre la finalité de l’outil et l’usage qui en est fait. Et on ne remettra pas en cause les moyens au motif de l’usage. Mais il faut traquer les mauvais usages.
Vous avez raison d’insister sur ce problème de monnaie, le sujet restant souvent flou.
Je partage votre point de vue : l’argent n’est pas parti en fumée. Je vais prendre un exemple simple sans recours au subprime pour étayer ce que je dis.
Un particulier P1 achète un bien immobilier à P2 pour une somme X. P1 emprunte la somme à une banque B à un taux t et P2 reçoit X.
Supposons que P1 soit en cessation de paiement et que, le marché immobilier baissant, le bien ne vaille plus que X/2 pour simplifier. Dans ce cas, B met en vente le bien à X/2 au maximum.
Au final, on a : P1 qui doit toujours de l’argent (X/2 plus les intérêts sur cette somme) et B qui n’est pas rentré dans ses fonds et qui a un problème de liquidité. En revanche, la somme X existe toujours dans l’économie : elle est détenue par P2.
Je ne vois pas en quoi la titrisation des créances changerait la donne concernant la somme globalement présente. La crise de liquidité provient de l’immobilisation des fonds d’une part et du questionnement sur la solvabilité des organismes. L’an dernier, on nous disait qu’en février 2008 l’exposition des banques aux subprimes serait connue. On nous dit aujourd’hui que ces mêmes établissements pourraient annoncer dans les mois à venir d’autres dépréciations. La crise s’est amplifiée aussi en jetant le doute sur toutes les formes de titrisation de créances, celles des entreprises par exemple.
La titrisation a permis d’effectuer ce genre d’opérations à grande échelle, les acheteurs des titres pensant que le risque était suffisamment réparti. Il faut aussi dire qu’il existait une demande d’investissement rentables de la part des fonds en raison de l’excédent de liquidités provenant par exemple de la hausse du pétrole.
Les acheteurs P1 en l’occurrence étaient des gens habituellement mal notés (clientèle subprime par rapport à la clientèle prime) et donc à risque. Les financements proposés étaient ainsi mieux rémunérés pour les investisseurs que des financements sur la clientèle prime. De plus, il y a eu deux types de comportements qui on aggravé la crise : d’une part, le maquillage de la situation réelle de certains emprunteurs risqués et d’autre part des propositions de prêts attrayantes dans les premières années, mais assorties d’une forte hausse des taux ensuite.
Merci pour cet article qui démontre un usage abusif, coupable et condamnable pratiqué par cette entreprise (Je dois dire qu’il me tarde d’en connaître le nom). J’ai apprécié notamment le dernier paragraphe, qui montre que vous faites la part des choses.
Pour toute initiative permettant d’apporter quelque chose de positif, on trouvera toujours des requins pour chercher à détourner le système à leur profit. Cela ne doit pourtant pas aboutir à la mort des initiatives.
Il est important de porter à la connaissance du public les faits que vous relatez, et ils serait encore plus intéressant que cela soit largement médiatisé, avec les noms, cette fois, l’attitude de la presse locale, la position des élus locaux, etc.
C’est également à l’état de réagir en complétant la loi Pécresse de façon à garantir que les fonds fournis par les entreprises ne peuvent en aucun cas servir les intérêts privés qu’il peuvent avoir par ailleurs et que l’octroi de ces fonds ne permet pas de noyauter la liberté d’expression de l’université. La loi n’avait pas pour but de fournir des moyens de pression à des intérêts privés, mais de créer des sysnergies.
Il me semble que même sans modification de la loi Pécresse, l’entreprise viole quelques lois, non ?
je suis d’accord avec vous sur un point : la difficulté à se loger à un prix décent.
Pour le reste il me semble que vous schématisez. Je ne sais pas ce que rapporte réellement un bien loué par un propriétaire. Je me souviens d’un collègue qui avait hérité de deux appartements. Tout déduit, il lui restait selon ses dires, moins de l’équivalent d’un loyer. Cela demanderait malgré tout à être vérifié.
En revanche, ce que je sais, c’est que le patrimoine auquel vous faites allusion n’est liquide que si le propriétaire vend son bien. De plus, pour évaluer correctement ce patrimoine, tout dépend du moment où l’achat a été effectué.
Sa source de revenu est le loyer, auquel il faut déduire les charges courantes, les dégâts dus à l’ancienneté ou aux déprédations, les impôts sur les loyers, et les assurances type garanties des loyers, voire des frais d’agence si le bien est en délégation de gestion par une agence.
Bien sûr, il existe de gros propriétaires, qui ont un patrimoine immobilier élevé, mais il y a aussi de petits propriétaires qui remboursent un prêt en même temps qu’ils louent.
Si vous mettez en place un système qui conduit à une diminution trop nette du rendement d’un tel placement, vous obtiendrez au final moins de propriétaires. La rareté favoriserait la hausse des prix.
je ne critiquais pas votre remarque sur le superflu, elle est effectivement fondée.
J’ai moi aussi dans mon entourage des gens qui ont le nec plus ultra en matière de portables, avec forfait cher et tout, et qui affirment ne pas pouvoir vivre sans. Je précise qu’il ne s’agit ni de commerciaux, ni de gens faisant des déplacements fréquents. Je dois reconnaitre que les services dont ils disposent partout sont très intéressants, mais ils ne sont pas vitaux. En réalité, c’est un choix de confort et leurs ressources leur permettent de se payer ce genre de gadget. Là où le bât blesse, c’est qu’en cas de baisse de ressources, ce n’est pas ce poste "superflu" qui sera remis en cause, mais les dépenses courantes et cela renforce le sentiment que le pouvoir d’achat en a pris un coup.
Concernant le pouvoir d’achat, je n’aborderais pas ce point dans ce commentaire, car se serait trop long.
Je dirais juste que le "pouvoir d’achat" n’est pas une variable gouvernementale, que le gouvernement ne peut pas agir directement dessus et que le candidat Sarkozy a eu tort de faire des affirmations plus que légères sur le sujet. Je pense que s’il les a faites, c’est pour deux raisons : d’abord, parce que cela lui rapportait des voix ; ensuite, parce que à l’époque, les indicateurs économiques ne faisaient pas état d’une crise. En conséquence, si le pouvoir d’achat s’était amélioré en raison d’une conjoncture favorable, il aurait porté la chose à son bilan, même si les paramètres lui échappaient complètement.