C’est bien le fait que la loi écrite légitime des sanctions aussi invraisemblables qu’une condamnation à 177000 ans de travaux forcés, ou à 500 ans d’emprisonnement comme dans le cas de Madoff, qui (à mon avis) est fantasque... Et le mot est faible !
On pourra gloser tant qu’on voudra sur l’absurdité de cette condamnation, sur le fait qu’elle absout les véritables responsables, sur la justice à deux vitesses qui blanchit un Chirac, lave un Pasqua, épargne un Woerth en même temps qu’elle peut condamner une mère de famille pour chèque en bois à son hypermarché... mais jusqu’à quand nous contenterons-nous de nous indigner ? Nous vivons sous la menace de cette épée de Damoclès : le système économique mondial repose entre les mains de joueurs de poker addicts, enivrés par leur propre euphorie, en même temps qu’il dépend du chantage des agences de notation... et nous voilà à la merci du moindre grain de sable dans la mécanique. Suis-je paranoïaque lorsque je crois voir venir le chaos ?
Intégrismes sanglants, tyranneaux nucléaires, paupérisation mondiale, violences urbaines, catastrophes écologiques et je dois en oublier... je ne veux pas faire ma Cassandre, mais le monde me semble partir en sucette, mes bons camarades...
Je ne comprends pas les mécanismes qui font que la population ne se révolte pas.
Sans doute la nécessité de payer le loyer, nourrir et vêtir ses enfants... Mais c’est aussi le propre du harcèlement que de déconstruire la personnalité par la perte de confiance en soi et désamorcer ainsi toute velléité de révolte, d’autant que le stress subi au cours de la journée retentit rapidement dans la vie de famille : explosion du couple, échec scolaire des enfants... Au final, la tentation est grande de s’avouer vaincu : « ils » ont raison, je ne suis bon à rien"... A croire que c’est une technique enseignée à l’école de DRH...
On vit plus vieux, on doit travailler plus longtemps...
Ça, c’est le discours suffisamment paré de logique qu’on nous sert pour
masquer une Raison beaucoup plus cartésienne : ne parlons pas de
salaires ni de cotisations, mais parlons des profits considérables que
notre labeur et notre savoir faire ont engendrés au cours de notre vie
professionnelle... dans quel paradis fiscal ont-ils émigré ? Et l’État (c’est-à-dire les individus que nous avons élus pour représenter nos intérêts) ne pourrait rien y faire ? Oh, certes, comme
le souligne un autre commentateur, nous vivons sous la menace des
délocalisations... Et là non plus, l’État n’y pourrait rien ? L’État
serait donc impuissant à endiguer l’appauvrissement de notre patrimoine au profit d’une poignée de financiers ?
Pourtant ils s’étaient bien déclarés compétents lors des campagnes électorales... Dans ce cas, une autre question s’impose : QUI est maître du budget
national : nos élus ou les actionnaires ?
Il est grand temps d’ouvrir les yeux. L’argent est là, et NOUS l’avons gagné. Nos retraites, nous les avons déjà largement financées. Que ceux qui le souhaitent travaillent jusqu’à 70 ou 80 ans s’ils le veulent et s’ils sont en bonne santé (ça se pratique d’ailleurs pas mal dans les milieux politiques, la soupe doit y être bonne), mais on DOIT avoir le choix. La logique c’est aussi de considérer qu’on a déjà bien du mal à trouver un boulot à partir de 50 ans, alors la retraite à 62 ans, c’est tout simplement deux ans de plus d’Assedic ou de RSA... aux frais du contribuable ! N’est-il pas plus raisonnable de favoriser l’emploi des plus jeunes qui, eux, ont encore une longue vie de cotisations devant eux ?
Je suis assez d’accord avec vous, Papy. Les grandes centrales syndicales sont des puissances politiques et, à ce titre, sont parties prenantes du jeu politique, c’est inéluctable. Le syndicalisme est néanmoins le seul moyen de pression dont nous disposions. Le problème (à mon avis) vient de ce que la démocratie n’est encore qu’un joli rêve et le demeurera tant que nous l’interpréterons comme le fait de déléguer nos pouvoirs à un élu que nous chargeons de prendre les décisions à notre place. Ce qui manque à la démocratie pour être plus qu’un mot, ce serait une véritable éducation civique dès l’enfance. Combien de citoyens assistent au conseil municipal de leur ville, par exemple ? Et d’abord combien savent qu’ils le peuvent ? Le « Pouvoir » n’est pas un sceptre, c’est une énergie qu’il appartient à chacun de capter et de canaliser dans une action. Or, sur une population donnée, combien de militants pour combien d’autres qui se contentent de les regarder passer ?... Aussi glorieux que puissent être les décomptes de manifestants, je trouve que nous sommes tragiquement peu nombreux, eu égard au fait que c’est la totalité de la population qui est visée.
Maintenant, soit on attend 2012, soit on bloque d’une façon durable les
institutions qui nous ruine. Prenons exemple des routiers, ils ont une
possibilité de nuisance, on les écoute.
Je suis bien de votre avis. Les manifestations ne suffisent pas. A forte tête, forte tête et demie : la seule riposte est la grève générale.