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Senatus populusque (Courouve)

Tableau de bord

  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 12 mars 2012 14:03

      Déjà, lorsque j’avais vu le débat sur l’Algérie sur la chaine parlementaire L.C.P. à la mi-juillet 2005, il m’avait semblé que la condamnation unanime et absolue du colonialisme était un peu rapide. En effet, plusieurs des participants à ce débat n’auraient pas atteint le niveau de culture, la situation sociale et la place dans les médias qu’ils ont actuellement, sans la colonisation de l’Algérie par la France. Il est bien regrettable que personne n’ait fait remarquer cette évidence. Je ne suis pas du tout un nostalgique de l’Algérie française où mes parents, instituteurs, ont résidé une dizaine d’années (ils n’étaient pas Pieds-Noirs) ; mais je commence à m’inquiéter quand on dit et répète dans ces medias qu’aucune instruction n’était donnée aux Algériens. À Beni-Saf et à Oran, il y avait suffisamment d’instituteurs pour faire vivre des ciné-clubs actifs. De même, de nombreux cadres du FLN ont bénéficié de l’instruction républicaine ; une recherche rapide donne les éléments suivants :

      Ahmed Ben Bella : études secondaires à Tlemcen Hocine Ait Ahmed : dr en droit de l’université de Nancy Abdelaziz Bouteflika : études secondaires Houari Boumediene : études en arabe à l’école coranique et en français à l’école primaire de sa ville Mohamed Boudiaf : études à M’sila, fonction administrative Mostefa Lacheraf : études secondaires aux lycées de Ben Aknoun et d’Alger, puis à la Medersa Tha’alibiyya ; études supérieures à la Sorbonne. Abane Ramdane : né en 1919, ancien éléve du collège de Blida Abbas : pharmacien de l’université d’Alger Mohamed Lamine Lamoudi : études secondaires à Biskra Benyoucef Ben Khedda : études au lycée de Blida Amar Ouamrane : certificat d’études primaires, académie militaire de Cherchell Krim Belkacem : certificat d’études primaires à Alger Rabah Bitat : études à Constantine Mourad Didouche : lycée technique du Ruisseau à Alger

    Par ailleurs :

      Née en 1936 à Cherchell, à l’ouest d’Alger, Assia Djebar, de son vrai nom Fatima-Zohra Imalyène, a été la première femme algérienne à être admise à l’Ecole normale supérieure de Paris, en 1955. Elle a depuis été reçue à l’Académie française.

      Né à Casablanca en 1930, Jamal Eddine Bencheikh vécut dans la région d’Oran, puis poursuivit à Alger des études de droit et d’arabe classique. Après l’indépendance de l’Algérie, il s’exila en France pour protester contre le régime de Boumediene. (Le Figaro, 11 août 2005).

      Sans la colonisation, MM. Azouz Begag et Léon Bertrand n’auraient pas été ministres de la République, comme le fit utilement remarquer le député UMP des Alpes-maritimes Lionel Luca.

      La colonisation ne peut donc se résumer à la construction de routes et de ports au seul bénéfice des Européens. La France a mis fin à la pratique africaine de l’esclavage, y a exercé une oeuvre d’instruction publique et y a apporté l’hygiène et la médecine préventive, avec notamment les vaccinations. La France a permis l’utilisation des ressources pétrolières de l’Algérie. On oublie de dire aussi que la responsabilité d’un certain nombre de Français de gauche est en cause dans le mauvais choix d’une économie socialiste planifiée à la soviétique, choix ù !fait par le gouvernement algérien en 1962, comme celle des indépendantistes l’est dans l’origine, puis l’escalade, des incidents qui ont abouti au massacre de Sétif.

      Cette colonisation, comme la conquête de l’Amérique, ou celle de l’Espagne par les Arabes, comme la montée des Arabes jusqu’à Poitiers, est un exemple de clash de civilisations inégalement développées ; chercher éternellement, et anachroniquement, des responsabilités pour ces faits ne va pas dans le sens de la pacification de l’histoire humaine. La colonisation aurait pu fournir des institutions aux pays africains, leur éviter des guerres telles que celle qui menace entre le Yémen et le Soudan, ou entre la Somalie et l’Ethiopie. Mais cela n’a pas été possible, et ces pays devront, sans doute, repasser par où nous sommes passés en Europe.

      Je ne nie pas que la France ait commis des fautes, dont la plus grave est probablement le décret Crémieux qui accorda en 1870 la nationalité française aux seuls Juifs d’Algérie, à l’exclusion donc des musulmans. B.-H.Lévy, J.-P. Elkabach, Jean Daniel [Bensaïd] et d’autres doivent leur nationalité à ce décret à caractère évidemment raciste (judéocentriste).

      Il vaudrait mieux faire de l’histoire générale plutôt que de cultiver, avec les mémoires communautaires, les rancunes, les ressentiments, et la théorie inquiétante d’un « continuum colonial » (Houria Bouteldja à Cultures et Dépendances). Houria Bouteldja, qui se dit algérienne.

    L’ancien Président de la République Chirac demanda le déclassement de l’al. 2 de l’art. 4 de la loi du 23 février 2005, mais subsiste étrangement l’article 1, al. 1 :

    « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. »

      Le déclassement ayant été accordé par une décision du Conseil constitutionnel, l’alinéa 2 de l’article 4 a ensuite été abrogé par ce que certains appellent le « décret Bouteflika » du 15 février 2006.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 7 mars 2012 15:23

    " Madame Le Pen en bonne fille de son père lance dans la campagne électorale le marronnier de la viande halal."


    Faux, le sujet a été lancé par une émission de France 2.


  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 5 mars 2012 15:20

    Il faut rétablir une liberté d’expression globale, comme le souhaita le fondateur d’Agora Vox au forum Liberté de la presse et concentration dans les médias, site du Nouvel Obs, 21/2/2007 : Question [la mienne en fait] : « « L’omerta autour du 11 septembre 2001 est un autre cas intéressant à étudier » [réponse de Revelli à une question précédente] Parleriez-vous aussi d’omerta autour de l’Holocauste ? » Réponse de Carlo Revelli : « Je ne pense pas que j’associerais ces deux termes entre eux... En revanche, je pense que le fait qu’on puisse mal discuter de l’Holocauste tend à favoriser l’essor « underground » des thèses négationnistes. Je suis pour une liberté d’expression globale. »



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 1er mars 2012 12:38

    Dans la plupart des discussions actuelles autour de la liberté d’expression, on bute sur la formule « on n’a pas le droit de dire n’importe quoi, de dire des contre-vérités ». Le débat public exige cependant, pour être républicain et efficace, que l’on ne fasse pas de la vérité supposée des propos le critère d’un droit à la parole et un préalable à l’ouverture des discussions. La vérité est ce qui a résisté à la critique, et pas ce qui en a été protégé.


     La vérité des propos n’est pas davantage le critère du droit à la parole que l’innocence du mis en examen n’est le critère du droit à un avocat ET à un jugement en contradictoire. C’est d’ailleurs ce qui permet l’expression des croyances religieuses. On n’invoque jamais l’horreur du crime pour supprimer ou limiter ces droits de la défense et le droit non seulement à un procès en bonne et due forme, mais aussi à un appel et à un recours en cassation. Dans le domaine politico-intellectuel, il suffit que des propos soient déclarés « inacceptables » par une minable caste associativo-médiatique, qui trépigne son indignation, pour que toute argumentation soit abandonnée, et exclue des grands médias.


  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 29 février 2012 15:49

     Une société de connaissance ouverte, héritière des cultures grecque et romaine, peut difficilement accepter une telle disposition qui soumet le débat public présent et futur à des décisions d’un tribunal militaire prises il y a 66 ans, alors même que l’histoire de la Seconde guerre mondiale en était au point zéro. N’est-ce pas Georges Clémenceau qui disait « La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique » ? La France qui a supprimé la justice militaire de la Cour de sûreté de l’État (loi du 4 août 1981) institue l’histoire militaire ...De plus, le caractère rétroactif et ad hoc de la définition du crime contre l’humanité heurte les fondements du droit, dont le principe de non-rétroactivité de la loi pénale.

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