Cet article fait un mélange de plusieurs idées, apparemment pour justifier des politiques qu’il audrait bien appeler "racistes" (la solidarité raciale pilier de la politique étrangère...).
En passant sur les arguments les plus absurdes (la démographie et l’économie de l’Europe auraient souffert de la négation des races ?!), vous semblez vous baser principalement sur deux idées :
- La génétique : encore une fois, tout ce que ces travaux ont démontré est que les populations humaines ont longtemps vécu isolées les unes des autres, pas qu’il existe une quelconque différence entre leurs facultés.
On ne sait d’ailleurs pas quelle est la part réelle de la génétique dans le développement intellectuel ; de plus, si les différences morphologiques visibles s’expliquent par l’adaptation aux climats, mais on voit mal ce qui aurair pu favoriser des différences "d’ordre mental et intellectuel" entre populations.
- La persistance d’une vision raciale du monde ailleurs qu’en Occident : la vision raciale existe, c’est un fait. Mais elle n’est qu’une manifestation parmi d’autre de la tendance naturelle du l’humain, animal grégaire, à identifier par des signes extérieurs les membres de son "clan". Elle peut d’ailleurs être supplantée par d’autres signes d’appartenance, non physiques. (Je vous réfère par exemple aux travaux de psychologie évolutionniste tels que ceux de John Tooby et Leda Cosmides.)
C’est vrai que c’est surtout en Occident que cette tendance est combattue. Vous semblez penser que c’est une mauvaise chose, et qu’il faut en revenir à la bonne vieille pensée raciale ; c’est votre droit, mais on peut aussi considérer que la vocation de l’humain est, au contraire, de dépasser ses vieilles pulsions animales évolutionnistes et d’agir rationnellement....
C’est vrai, le monde n’a rien d’un paradis, et la compétition reste féroce. Mais s’accrocher au fantasme des races n’apportera rien de bon.
Outre le fait qu’à l’instar de toutes les guerres, celle-ci est inutile, cette stigmatisation des deux courants a tendance à placer le penseur qui existe en chacun de nous dans un camp, ou dans l’autre (quoi qu’il en soit, je n’ai rien contre les créationnistes ni les évolutionnistes)...
Je dois dire que j’ai bien du mal à comprendre votre pensée...
- Primo, selon les définitions que vous donnez vous-même, l’évolutionnisme et le créationnisme sont rigoureusement inconciliables. Soit il y a eu une évolution, soit il n’y en a pas eu. Ergo, à moins de ne rien penser du tout, on est bien obligé d’être dans un camp ou dans l’autre !
- Secundo, cette "guerre" ne me paraît pas "inutile", surtout lorsqu’il s’agit de combattre l’enseignement du créationnisme à l’école. En effet, comme dit plus haut le créationnisme n’est pas scientifique mais religieux, et qui plus est contredit par les faits ; et nier des faits concrets sur la seule base de convictions religieuses porte un nom, cela s’appelle le fanatisme... Voudrait-on créer des madrassa chrétiennes ?
Je ne crois sincèrement pas que Bergson aurait pu accepter le "créationnisme" tel que vous le définissez. Par contre, il aurait pu adhérer à une théorie plus subtile comme celle du "dessein intelligent", c’est à dire l’évolution non pas due au hasard, mais voulue par Dieu. Une théorie qu’il sera sans doute toujours impossible d’infirmer ou de confirmer totalement par la science, et qui reste donc dans le champ de la philosophie...
Par ailleurs, je pense que vous avez tort de considérer que le "matérialisme triomphant" du XIXème siècle domine toujours aujourd’hui. La science moderne a compris que ses observations étaient subjectives et imparfaites. Mais Bergson, c’est vrai, reste d’actualité.
Bravo pour ces articles, vous faites preuve d’une belle précocité...
Cela dit, l’optimisme de cet article vis-à-vis du projet européen montre à mon avis une certaine naïveté. En effet la construction européenne s’est engagée dans une voie sans issue : les traités européens ne se contentent pas de définir des règles de décision communes, mais fixent eux-mêmes le contenu des poliiques à suivre, notamment sur les questions budgétaires et commerciales.
Il n’y a pas de pilote dans l’avion, juste un pilote automatique ! Ce qui est profondément antidémocratique et pourrait aussi se révéler dangereux... C’est là que se trouve le principal "défi de l’UE" pour les années à venir.
Car qu’on le veuille ou non, l’Union Européenne est une nécessité : elle seule a la "masse critique" pour jouer un vrai rôle dans le monde du 21ème siècle, où la compétition entre grandes puissances s’annonce rude.
Mais l’avenir de l’Europe ne passe pas tellement par les bricolages institutionnels, plutôt par une prise de conscience collective des nations et des gouvernements que nous sommes dans le même bateau, et qu’il faut se serrer les coudes...
L’idée semble faire son chemin, depuis quelques années, que l’aisance verbale sur les plateaux télé est synonyme d’envergure politique. Si c’est le cas, Jean-François Copé est certainement l’un des hommes d’Etat les plus brillants de sa génération.
Je garde particulièrement en mémoire un débat entre Copé et Jean-Marc Ayrault pendant la campagne de 2007.
Ayrault décrivait le projet de RSA, qui figurait alors dans le programme de Ségolène Royal. Et voilà que Copé affirme qu’Ayrault a tout faux : le RSA "c’est de l’assistanat, c’est pour payer des gens au Smic à ne rien faire".
Réponse d’Ayrault, éberlué :"Attendez, vous m’accusez de raconter des bobards ?!"
Copé : "Ben oui, c’est à peu près ça."
Le malheureux Ayrault est resté là à s’étouffer, le souffle coupé par l’énormité du mensonge de Copé, et l’aplomb avec lequel il l’assénait... Copé est clairement sorti grand vainqueur.
Un exemple particulièrement savoureux, surtout quand on sait ce qu’il est advenu plus tard du fameux RSA. Ah, c’est si exaltant la politique...
Les penchants suicidaires des socialistes sont apparemment irrésistibles.
Ils doivent pourtant bien voir qu’ils ne disposent d’aucune personnalité capable de faire le poids face à Sarkozy. Inutile d’espérer gagner sur ce terrain-là : seul un programme convaincant pourrait permettre la victoire en 2012, et pour ça il faut un travail collectif de longue haleine.
Autant dire que le PS ne reviendra pas aux affaires de sitôt, sauf peut-être comme auxiliaire de Bayrou.