Chercheur en sciences humaines & sociales
Psychologue
La neutralité scientifique du professionnel n'empêche pas l'individu (le citoyen) qui la porte d'être engagé. Pour moi, difficile de concevoir l'engagement sans ce que m'apprennent ces savoirs, et difficile d'être chercheur sans y intégrer le terrain, si souvent abandonné.
En parlant de choix au moment de voter, je parlais de choix en conscience, et non par défaut, désarroi ou automatisme. C’est de cette obligation dont je voulais vous faire part.
Effectivement, ce choix sera par défaut pour beaucoup d’entre nous (la majorité ?) et voter perd alors de sa noblesse.
Voter en restant fidèle à ses convictions et rien qu’à ses convictions, sans les dénaturer, voilà comment j’aime à imaginer ce droit. Même si je sens que ce vote sera un acte de désespoir mué en acte citoyen.
à aucun moment je ne parle de choisir entre A ou B. Je dis choisir, ce qui implique aussi de choisir ni A ni B. Le vote blanc reste un choix. C’est à l’abstention que je m’en prends.
Totalitaire...Ma famille a fuit le fascisme. Alors je me permets d’en avoir une définition plus étroite que la votre.
Au risque de paraître pour un vieux con, je vais me reporter à Nietzsche, pour qui chaque nouvelle liberté (dont celle de voter) s’accompagne toujours d’un droit en contrepartie (celui de devoir choisir)
Le droit de vote est considéré comme une liberté d’expression par notre constitution. Ne pas l’utiliser revient à ne pas avoir le droit de s’exprimer, car droit de vote et expression sont indissociables.
« La démocratie n’est pas le meilleur des régimes. Elle en est le moins mauvais. Nous avons goûté un peu de tous les régimes et nous savons maintenant cela. Mais ce régime ne peut être conçu, créé et soutenu que par des hommes qui savent qu’ils ne savent pas tout, qui refusent d’accepter la condition prolétarienne et ne s’accommoderont jamais de la misère des autres, mais qui justement refusent d’aggraver cette misère au nom d’une théorie ou d’un messianisme aveugle. » Essais. Albert Camus.