Chercheur en sciences humaines & sociales
Psychologue
La neutralité scientifique du professionnel n'empêche pas l'individu (le citoyen) qui la porte d'être engagé. Pour moi, difficile de concevoir l'engagement sans ce que m'apprennent ces savoirs, et difficile d'être chercheur sans y intégrer le terrain, si souvent abandonné.
Je ne cherche pas à trouver des excuses. La plupart des études apportent des données corrélationnelles, qui mettent en lien un comportement donné, dans un contexte donné avec des résultats visibles.
Parler d’influence de l’environnement ne nous exonère pas de notre propre part de responsabilité dans l’émission d’un comportement. (l’acte de penser dirait H.Arendt)
Concernant les tueries isolées, les plus médiatisées, celle-là, oui, obéissent à une autre logique.
effectivement les enquêtes de satisfaction n’ont aucune méthodologie scientifique et sont analysées à la va vite. On sort un chiffre, un seul, sans se demander s’il existe des différences significatives selon les groupes de patients.
Au fond, nos comportements sur la route sont pour la plupart des automatismes (bons ou mauvais d’ailleurs). Je ne sais pas si on peut étudier la désobéissance et la soumission en partant de ces comportements là.
Les accidentologues diront qu’il y a bien peu de corrélations entre les attitudes sur la routes et celles de nos vie quotidienne. En réalité, la route est le terrain de l’insoumission socialement permise (mais légalement proscrite). C’est peut-être l’un des derniers terrains où l’on peut se permettre d’enfreindre des règles sans risquer de faire attraper systématiquement.
Et effectivement, le respect strict des règles en devient dès lors bizarre...