le lien sur Ted est très bien. Personne ne conteste les bienfaits du progres techno. Et ma mère, et ma femme et ma soeur sont elles aussi très heureuses d’avoir des machines à laver...
Mais on commence tout juste à mesurer l’impact réel de cette croissance et de ce progrès sur notre environnement.
Un exemple tout simple : il y a 25 ans pendant mes cours de sciences naturelles (on disait comme ça de mon temps !) on a eu un chapitre sur l’océan avenir de l’humanité. La mer allait représenait le futur de l’homme notamment sur la plan de l’alimentation.
Quand on voit l’état des stocks de poissons 25 ans après ça calme un peu...
Ted remercie les chimiquiers car il dit que c’est le progrès. Et il a raison, sauf que toujours grace à ce progrès les poissons de nos rivières sont contaminés au PCB et ce n’est pas terrible pour la consommation (même les tourteaux de la baie de seine !) et la mutliplication de ces produits dont on ne sait se passer posent de plus en plus de problèmes de santé publique...
Donc oui le progrès c’est chouette mais quand on voit le cout sur une génération on peut raisonnablement s’interroger sur les conséquences de nos utilisations massives et pas toujours raisonnées de ce progrès car l’impact sur notre environnement et donc notre cadre de vie est lui aussi bien réel...
Enfin aujourd’hui les habitants de Fukushima n’ont plus besoin de se poser ses questions de lave linge... il n’yen a plus pour le moment et c’est bien le cadet de leur soucis.
concernant grand mère elle fera comme toutes les autre grand-mères du monde qui n’ont pas la chance d’avoir le nucléaire comme principale source d’énergie (enfin des pays développés) : elle prendra l’ascenseur, fera tourner son lave linge et allumera son chauffage...
Il n’y a pas de l’électricité qu’en France.
Je conviens qu’avec la multiplication des projets, les opérations de démantèlement puissent gagner en temps et en argent. Il n’en reste pas moins que c’est une opération qui reste complexe et sensible du fait d’un travail en environnement contaminé.
Et sur la quantité de centrales construites on peut convenir que la tache qui nous attend est titanesque.
On a réalisé d’autres chantiers incroyables (tunnel sous l a manche, viaduc de Millau, le barrage des trois gorges en chine...et bien d’autres fruits du génie humain), mais là ça fait une sacrée débauche d’énergie pour juste un nettoyage
Nettoyage qui à l’air en particulièrement energetivore. Ce serait intéressant d’avoir des bilans énergétique d’un démantèlement.
Quelqu’un à une info à ce sujet ?
Enfin sans vouloir remettre forcément systématiquement en doute nos instances dirigeantes (ceci dit au vu du mode opératoire de l’Afssaps...) mais je m’interroge sur la manière dont on multiplie la durée de vie d’une cuve de réacteur par 4 sans changer ladite cuve. L’acier du réacteur est soumis à de très forte contraintes (température, pression) et à une oxydation (il baigne dans l’eau, non ?) donc il est normal qu’il s’use.
Les ingénieurs de l’époque ont calculé sa durée de vie (mais peut être étaient ils moins savants que ceux d’aujourd’hui) pour un fonctionnement en toute sécurité.
Et nous, on repasse derrière en changeant ces données...je suppose que du cout, les marges de sécurité doivent diminuer mais qu’on les juges acceptables.
Pour info Würgassen a été arrêté car la corrosion de la cuve avait été jugé trop importante... et ce n’est pas la seule centrale dans cet état :
D’où ma digression sur l’excellente tenue de l’acier français face à l’acier allemand (ou américain, ce n’est pas GE qui a fabriqué les centrales ?).
Je m’interroge sur le bien fondé de ces décisions car comme mon excellent ami Joletaxi me le recommande, j’essaye de penser aussi par moi même. Je serai rassuré le jour ou les commissions d’évaluation comprendront de scientifiques hautement qualifiés et nucléo-sceptique pour attester de l’état réel d’une cuve et des risques qu’il y a à prolonger sa durée d’exploitation par un, deux, trois ou quatre...
Dans ces situation les décideurs sont rarement les « liquidateurs » en cas de pépin...
correctif sur la durée du démantèlement : avec le délai de trois ans entre l’arrêt de la centrale et le début du démantèlement (le temps de décharger la centrale de son combustible ?) on est bien dans un ratio de un pour un, voir plus si on avait les chiffres exacts des délais de construction...
D’un autre coté ça promet un business futur florissant pour Areva. La question étant : qui va payer ?
A noter que la centrale a été arrêtée suite à des inquiétudes sur l’intégrité de la structure du réacteur.
A noter aussi que nous augmentons sans trop d’hésitation la durée de vie des nôtres...mais bon l’acier français doit être de meilleur qualité que l’acier allemand.
merci pour les infos et au temps pour moi au sujet des démantèlements. Ceci dit pour Würgassen ca fait quand même 17 ans de démantèlement pour 23 ans de fonctionnement. Je ne suis pas sur qu’il s’agisse d’un bon ratio économique, financier et productif ! Et je ne compte pas les délais de fabrication donc au final on ne doit pas être très loin d’un ratio de 1 pour 1 !
A comparer avec le cycle d’une centrale classique (que je ne connais pas)...
A noter aussi que Tchernobyl et Three Miles sont toujours debout... donc ça ne doit pas être aussi simple que ça.
Avec le recul et je suis navré pour les amateurs de technologie dont je fais aussi partie, les avantages du nuk fondent comme neige au soleil. Entre son cout réel (en intégrant les démantèlement et la gestion des déchets), et les risques systémiques engendrés (et l’histoire est là pour nous rappeler qu’ils ne sont pas uniquement théorique), le solde de ma balance penche désormais du coté « no nuke ».
Enfin on peut gloser sur la horde hystérique des ecolos bobos en tout genre et leurs délires riches et variés sur le nucléaire mais les arguties des officiels lors d’accidents ou d’incidents est largement du même tonneau fantasmagorique (voir mon chouchou favori à savoir Eric Besson nous instruisant sur la situation à Fukushima,...).
Ça n’inspire pas confiance, non ?
Et je suis convaincu que l’avenir n’appartient plus au nuke. Les chinois et les américains l’ont bien compris et travaillent déjà sur les techno de demain. On risque d’être à la bourre...