On commence par encourager verbalement le renversement du gouvernement d’un état souverain, ensuite on finance les opposants au régime, puis on les arme, on envoie des agents spéciaux pour les former voire les inciter à la révolte et enfin, un beau matin, toute honte bue, on envoie carrément les soldats, les chars et les avions renverser le dictateur qui n’a pas l’heur de nous plaire.
A partir de quand la limite a t-elle été franchie ? Moi je dis qu’elle l’a été dès l’instant où l’on s’est permis de se mêler des affaires des autres, ne serait-ce qu’en parole.
Si l’on considère que l’Amérique de George Bush n’avait pas à intervenir en Irak pour forcer la chute de Saddam, alors la France n’a pas à intervenir elle non plus et ceci même en parole pour encourager la chute de Ben Ali.
Ma foi, vous êtes encore plus naïf que les néoconservateurs américains.
Ces braves néocons étaient persuadés qu’en permettant l’avènement d’un gouvernement démocratique en Irak, ils feraient de ce pays musulman un état riche, laïc et pacifique qui non seulement servirait de modèle au Moyen-Orient mais qui leur garderait en outre une « reconnaissance éternelle » pour l’avoir libéré de la tyrannie de Saddam Hussein.
C’était il y a huit ans et on attend encore les effets vertueux de la démocratie en terre d’islam comme on y cherche toujours les ADM de Saddam...
La vérité c’est que si vous étiez Nicolas Sarkozy et par conséquent président, vous tenteriez de détruire le système capitaliste sans écouter aucun des économistes qui se succèderaient dans votre bureau, vous vous engageriez dans cette expérimentation économique hasardeuse sans la moindre prudence et sans penser un seul instant que le suffrage universel a mis entre vos mains le destin de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, lesquels comptent sur vous pour mener leur navire à bon port sans risque inutile.
Vous êtes encore jeune et naïf et manifestement vous n’avez pas compris que dans nos démocraties, la politique est un métier, pas un sacerdoce et que chez ces hommes de métier comme Mélenchon, il n’existe jamais aucune forme de sincérité, mais uniquement le froid calcul politique.
Dans cette comédie à laquelle Mélenchon et Demorand se sont livrée, chacun a parfaitement joué son rôle et Mélenchon est ressorti comme prévu renforcé dans l’estime de la classe sociale visée par lui. N’ayez donc aucune crainte pour le bonhomme. Il est un fidèle allié du PS qui joue son rôle à la perfection en drainant sur son nom le vote des individus comme vous, ceci afin d’éviter que vous ne vous égariez auprès de partis d’extrême gauche réellement dangereux. Au final, le but est de vous amener à faire le bon choix, celui de la continuité et la sécurité avec Dominique Strauss Kahn.