Napoléon est et restera un grand homme principalement pour son génie militaire. Aujourd’hui encore toutes les grandes armées du monde enseignent à leur futur cadres les batailles de Napoléon. Il me serait facile de désigner Napoléon comme un petit homme parce qu’il a ramené certains de mes ancêtres en esclavage alors que les révolutionnaires les avaient faits libres. Mais cela ne changerait rien. Napoléon a été un génie militaire exceptionnel dont le nom restera définitivement associé à celui de César ou Alexandre. Du reste, même César et Alexandre ont connu des moments difficiles voire humiliants aux cours de batailles qu’ils ont finalement gagnées. Les héros ne sont jamais parfaits
Le but n’était pas de vaincre l’islamisme en Irak, comme vous le dites vous-même, l’Irak n’était pas islamiste. Nous pensions, c’est à dire nous qui adhérons aux idées des néoconservateurs, que c’est l’incapacité du monde musulman à sortir de l’échec politique et économique dans lequel il est enferré qui fait le lit des extrémistes religieux. En somme l’islam radical suscite la misère qui le nourrit. C’est pourquoi, pour vaincre l’islamisme, il nous paraissait absolument nécessaire de sortir au moins un pays musulman de cette spirale infernale afin d’en faire un modèle pour le Moyen-Orient. Nous pensions que la vision d’un état arabe majoritairement musulman mais démocratique, laïc et faisant jeu égal avec l’Occident pour le respect des droits de l’homme, serait le pire coup que nous pourrions porter aux islamistes. Aucune dictature du Moyen-Orient n’aurait pu résister à la puissance que cette vision aurait eu sur son peuple et sur ses jeunes pour qui l’Irak serait devenu un phare et pont avec l’Occident libéral.
Mais notre désunion nous a conduit à l’échec. Ce n’est pas l’état de droit qui se répand au Moyen-Orient, mais l’islamisme qui envahit l’Europe.
Les plans d’Invasion de l’Irak et de démocratisation du Moyen-Orient étaient déjà conçus et connus bien avant l’arrivée de Bush au pouvoir et quand celui-ci a pris le prétexte des ADM pour attaquer Saddam Hussein, toutes les démocraties occidentales savaient que c’étaient pour mettre en œuvre les fameux plans. Au commencement de la guerre, tout le monde connaissait les théories des néoconservateurs sur le choc des civilisations et la nécessitéde réussir la démocratisation l’Irak pour éviter la catastrophe. Je ne m’explique pas pourquoi nous avons fait semblant de l’ignorer pas plus que je ne m’explique pourquoi aujourd’hui nous abdiquons si facilement nos valeurs face à l’Islam.
G.W. nous a offert une chance unique de triompher de l’islamisme et d’éviter une invasion destructrice. Non seulement nous avons refusé de participer à la guerre, mais nous avons refusé de participer à la sécurisation de l’Irak. C’est incroyable, nous avons creusé sciemment notre tombe, comme nous la creusons encore en cédant continuellement aux exigences des fanatiques musulmans !!!
Mais à présent la partie est terminée ! L’Occident va être islamisé et sombrera dans la misère comme tous les régions du monde où l’Islam est roi.
C’est justement parce qu’au contraire de l’Afghanistan, l’Irak de Saddam Hussein avait quant à lui connu l’expérience de la laïcité et que sa population était plus éduquée que la population afghane qu’il paraissait possible de faire de ce pays une démocratie. La seule chose qu’il nous semblait manquer à l’Irak c’était un état de droit où les hommes auraient pu vivre et prospérer librement.
Beaucoup de gens à l’époque nous ont dit que c’était une erreur de vouloir imposer la démocratie et que les Irakiens ne l’accepteraient pas. Mais cette critique n’était pas pertinente car nul n’a besoin qu’on le force à aimer sa liberté et à part les dictateurs eux-mêmes, personne n’a besoin de se voir imposé la démocratie, juste a-t-on parfois besoin d’être un peu aidé pour se débarrasser d’un tyran.
Renverser le dictateur, déployer des troupes en conséquence pour sécuriser les frontières et permettre que les démocrates irakiens prennent le pouvoir. Soutenir la démocratie irakienne pendant une dizaine d’années puis s’en aller, tel était le scénario idéal. Si les pays Occidentaux s’étaient unis pour faire triompher l’entreprise américaine de démocratisation de l’Irak, aujourd’hui nos nations quitteraient un Irak reconstruit, laïc et démocratique et notre victoire sur l’islamisme aurait été totale.
Mais l’Amérique a échoué et l’Occident a perdu sa dernière chance d’éviter l’invasion barbare. C’est un peu comme si nous avions refusé à Christophe Colomb les navires dont il avait besoin pour découvrir l’Amérique. Une toute petite erreur qui scelle notre destin...