Je peux vous rejoindre sur l’éventuelle incompétences de certains (voire beaucoup) de psychanalystes français, mais pas sur la remise en cause des résultats réellement obtenus par B.B., indépendamment de son discours « culpabilisant » (et donc contre productif).
Pour ma part, je ne trouve pas culpabilisant de dire que qu’un évènement ayant pour origine la mère (ou un élément extérieur, ou plus rarement le père) peut avoir déclenché le repli sur soi : ce serait comme culpabiliser d’avoir un enfant asthmatique ou atteint d’une maladie génétique.
Je comprend aussi que pour les parents, et surtout la mère, l’auto-culpabilisation est déjà hypertrophiée et ne permet plus de regarder sereinement la réalité, ou de supporter la moindre allusion à sa possible implication dans le processus. Cette culpabilisation est destructrice pour tout le monde (à la décharge de B.B., il a eu affaire à quelques parents qui, au nom de principes religieux ou moraux, détruisaient consciencieusement en un week-end plusieurs semaines de travail de toute une équipe)
A ma connaissance, personne n’a plus les moyens, humains et surtout financiers, de reproduire le milieu adapté à la reconstruction de soi qu’était l’école orthogénique.
Je répète qu’il existe un point de vue cohérent qui prend en compte les résultats tangibles obtenus par B.B. et ne renie aucune des avancées génétiques ou biochimiques qui doivent être vues non comme exclusives, mais complémentaires : un faisceau de causes multiples déclenchant la réaction de « mise en retrait ».
Pour l’auteur, il n’y a que divine unanimité : tout ce qui commence par « psy » est diabolique, doit être purifié par le feu, annihilé, interdit même de citer. Ces personnes s’en remettent aveuglément à la médecine des laboratoires, celle des auto-proclamés « scientifiques » (tous les contradicteurs étant donc des « charlatans »), qui, le nez sur leur microscope ignorent superbement la cohérence du monde qui les entoure, mais qui déculpabilisent totalement les parents, et ça semble le plus important... ...quand aux enfants : ils sont entre les mains de « scientifiques », donc tout va pour leur mieux. Qu’importe les résultats obtenus (et merveilleusement décrits) par Bettelheim, ils ne veulent même pas en entendre parler, ni connaitre l’histoire de ces enfants dont les progrès décrits au quotidien sont la preuve que tout n’est pas à jeter dans la théorie psychanalytique.
Je trouve incroyable qu’une personne se disant mère d’un enfant autiste n’ait pas lu ce livre !!
Soit c’est une imposture, soit...je n’écrirais pas ce que je pense de vous si c’est vraiment le cas...mais ça semble confirmer une des attitudes parentales rencontrées par BB...