Je me permets de préciser un point qui me semble important : la fluorescence en soi n’était pas révolutionnaire dans cette approche. Ce qui l’était c’est que la GFP était autofluorescente sans besoin de substrat, de cofacteur ni même d’ions spécifiques dans le milieu : c’est là que réside son avantage majeur par rapport d’autres marqueurs (dont certains fluorescents) et a permis les observations sur culture cellulaire vivantes ou organismes vivants dans tous types cellulaires.
Autre complément : ce n’est qu’au début que l’approche décrite dans l’article a été utilisée ; c’est-à-dire mettre le gène de la GFP sous le contrôle d’un promoteur identique à celui d’un autre gène d’intérêt (le promoteur est la fraction d’ADN qui "commande" l’expression d’un gène) pour tenter d’en déduire à quel moment (temps) et dans quel(s) tissu(s) ou type(s) cellulaire(s) (espace) les gènes commandés par ce type de promoteur s’expriment dans un organisme. Mais très vite, les chercheurs ont tiré parti d’une autre caractéristique de la GFP : elle est assez petite. Ainsi, il est possible d’accrocher la petite GFP à la protéine dont on veut suivre l’expression in vivo (sans trop modifier sa fonction a priori). C’est un "tag" (une marque, une étiquette). Pour faire court, ceci est fait en intégrant la séquence codant la GFP au début ou à la fin du gène ciblé : l’expression de ce gène chimère en culture ou chez l’animal produit la protéine étudiée, rendue localisable car fluorescente via le "tag".
Notons une dérive en marge de ces progrès majeurs : l’existence d’animaux domestiques fluorescents commercialisés à but "récréatifs" (? ?)... C’est déjà le cas de poissons (le Glowfish : un Danio génétiquement modifié pour être fluorescent...) Commercialisés aux USA (sauf la Californie) ou en Asie, leur importation est en théorie interdite en Europe. Comme si un Danio n’était pas assez beau en soi...
Au sujet de cette controverse : http://en.wikipedia.org/wiki/GloFish
Par ailleurs, et pour finir, je ne sais pas si le thème "confins de la chimie et de la biologie" est réellement pertinent. Ce n’est pas la première fois que le prix Nobel de chimie est donné à des biochimistes ou des généticiens ou des biologistes cellulaires. Il n’y a pas de prix Nobel de biologie, voilà tout (et la biologie fondamentale rentre rarement dans le cadre plus strict du prix Nobel de médecine). Tout est chimie...
Merci, Phoebus, pour ce lien et ce texte. Très intéressante déconstruction d’un mythe.
Où l’on voit qu’une technique classique des tenants de la pata-médecine s’était déployée (et règne encore) : sélectionner uniquement les sources qui vont dans le sens de leur point de vue idéologique.
M. Cabanel, que ce texte ne parle pas de Flanagan est plutôt à mettre au crédit de son auteur, vous savez... Le sujet est la santé des Honza, pas la valeur scientifique d’un vendeur de compléments nutritionnels.
L’histoire de ce dernier se résume ainsi de mon point de vue :
- Au départ, l’approche de Flanagan est fondée sur des données fausses et/ou idéologiquement interprétées (le mythe Honza).
- A l’arrivée (essais in vivo du produit), c’est foireux : Dans un article dont j’ai fourni le lien, il s’avère que son produit "méga-super-antioxydant" provoque chez le rat... un stress oxydatif !
Aucune étude de moyen terme chez l’homme mais des ventes partout sur ne net : vous en achèteriez vraiment ?