... Le détail que c’est une zone chiite change absolument tout : Ce n’est plus une affaire de mœurs vraiment un peu trop poussée, mais c’est désormais bel et bien d’un acte politique qu’il s’agit, un vrai message de la mainmise des mollahs sur le bled... Et bien timée en plus, pile après le retrait des amerlos - bref, une toute autre dimension... Traduire : « Si désormais nous osons cela, c’est pour bien vous signifier à quel point nous sommes là, et pour un moment, et à fond, partout », etc.
oui, et si vous saviez qui est Assem Kanso... (minute... je pouffe) Cet immmmmmense bonhomme a présidé, sur plus d’un demi-siècle, un parti libanais pro-syrien (le parti-national-syrien... au Liban), et donc tellement pro-Assad que comme cire-pompes régional on a pas vu mieux depuis... Laval en personne.
très instructif merci. vous ne dites pas que l’éditeur peut ou doit disparaître, mais vous posez presque cette idée comme un horizon ; or tout bon livre, c’est connu, est d’abord une bonne opération éditoriale - en somme il s’agit de devenir éditeur avant même d’être auteur, CQFD. Mais comme l’édition ne se réduit pas à la pub ou à la correction de coquilles, cette opération, de par l’évolution technologique (sans parler de celle des mentalités), cette opération retrouve quelques siècles plus tard son caractère éminemment politique. Rien ne sert d’écrire si ce n’est une révolution, et dans cette perspective, qu’un vrai livre se doive de se reconnaître comme révolutionnaire avant même d’avoir été rédigé, voilà qui change les conditions même de l’acte, qui les ramène à leur source. Rien là de nouveau sinon que la sonnerie du réveil ayant retenti, on se retrouve à l’époque de Montaigne, avec la même fraîcheur des grands commencements.
ps de taille : qui était Kassir ? pourquoi Kassir ?... Parce que des centaines de millions de gens emploient, aujourd’hui, une expression dont il fut, lui, l’Inventeur - puisque Samir fut bien le premier, le tout premier, dès 2002-2003, à parler de « printemps arabe » à venir, et à le théoriser.
« Considérations sur le malheur arabe » de feu Samir Kassir, le grand journaliste martyr ; il ne manquait d’y rappeler qu’avant les années 80, quasiment pas une femme à Damas, à Beyrouth ou au Caire n’était voilée... Que s’est-il donc passé ?
L’hypothèse de Samir, c’est que malheureusement, le « fric arabe » a déferlé sur les zones les plus incultes du monde arabe : chez ceux qui n’avaient jamais connu la grande « nahda » du XIXe, c’est-à-dire dans le golfe...
Je ne suis pas pro ou anti-foulards, tchadors ou autres burkas, conneries ! ce n’est pas la question ; c’est juste à tenir pour « signes », sans plus - mais quand l’Islam a tant besoin d’en passer par les signes justement, c’est peut-être qu’il a perdu le vrai et salutaire rapport au Verbe... à Son verbe ? Dommage, et mille fois dommage, pour une religion dont le Livre commence bien par le commandement... de la Lecture.
En réponse au credo techno-médiatique ambiant, dont le règne totalitaire semble imparable, les anciens credos religieux n’ont-ils comme solution que de se faire sur des modes nettement plus hurleurs ? Je n’en sais rien... toujours est-il que des blogueuses égyptiennes nous rappellent (heureusement ?) que la caravane passe.