@ l’auteur
Je viens de visionner votre interview avec Morandini et Emmanuel Chain. Effrayante constatation ! Réaction révélatrice d’une catégorie professionnelle qui, au nom d’une charte dite « de déontologie », prétend, non sans vanité, contester au simple citoyen la liberté d’exposer au jugement de ses concitoyens, une opinion, une idée ou une hypothèse... au risque du droit de réponse et de la critique qui peuvent aussitôt s’exprimer dans des votes et dans des commentaires.
M. Carlo Revelli, vous venez de faire l’expérience de ce que sont les technostructures, qu’elles soient en position de pouvoir ou qu’elles y aspirent. Parce qu’ Agoravox n’est pas dans les normes habituelles, le refus que vous venez de connaître doit vous convaincre que ce n’est pas dans le consensus qu’on arrivera à se faire entendre mais par la pression médiatique.
Si Agoravox a accepté de publier mon article du 27 mars intitulé « Monsieur le Ministre, où est Bibracte ? », je pense que c’est parce que le comité de rédaction a estimé que j’y présentais suffisamment d’arguments pour qu’il soit soumis au vote des lecteurs. Si une majorité de lecteurs a jugé que l’article était intéressant, c’est, je pense, parce que le sujet méritait d’être débattu.
Ce qui signifie que, déontologiquement, la grande presse aurait dû s’intéresser à la question, soit pour me condamner, soit pour demander au ministre de s’expliquer. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Tout simplement parce que les journalistes qui traitent de l’histoire de la Gaule et de l’archéologie sont « copains » avec la technostructure archéologique installée auprès du ministre de la Culture.
Si Agoravox a accepté de publier mon article, c’est qu’elle n’est pas « copain ». Voilà toute la différence !
E. Mourey