Le principe de la croisade et du dhijad diffère.
Le Djihad est une réalité pensée par le Coran de deux manières. La première, qui s’apparente à un « Djihad intérieur », une guerre sainte contre tout ce qui ne serait pas d’Allah. Le Djihad intérieur est ce que je préfère dans cette religion : il correspondrait à une forme de baptême permanent, la recherche de la purification de soi. Mais la deuxième est un « Djihad extérieur », qui vise à combattre les infidèles, dans cette optique de purification. Dans l’aventure expansionniste de l’islam, on répond à deux choses qui empêche tout empire de tenir : l’ennemi de l’intérieur, issu de déviance d’un membre de l’Oumma, déviance évitée par l’action de soi sur soi, par la grâce de Dieu. L’ennemi de l’extérieur est combattu grâce à la foi des membres de la communauté.
La croisade, en revanche, n’a pas d’équivalent biblique. Il y a un combat intérieur libre, certes, mais la Bible ne justifie pas la guerre. C’est l’amour qui étend le christianisme, c’est le Djihad qui étend l’islam. Dans la réalité, toute guerre sainte par un chrétien s’avère en opposition avec la doctrine de l’Eglise.
Quant à une prétendue vision manichéenne, je réponds que je n’ai pas qualifié de bonnes les pratiques d’esclavage, ou le déchaînement de forces athées au XXe siècle, qui résultent de phénomènes bien plus complexes que ce dont nous parlons. Les régimes totalitaires et les guerres entre nations laïques sont de le fait de conflits issus de l’aboutissement du politique à son comble (je vous conseille Marcel Gauchet, dans la Condition Politique, qui traite très bien du sujet).
Néanmoins, constatons que l’Eglise a reconnu les Noirs comme des êtres humains (relisez la controverse de Valladolid). Dans tous les cas où les chrétiens ont fait la guerre, ils étaient en opposition avec les préceptes chrétiens d’amour et de paix.
Vous slogantez sans discriminer les principes.