@ Françoise
Difficile en quelques mots de parler de l’œuvre de Lyautey au Maroc. Un livre n’y suffirait pas. Pas même un rayonnage de bibliothèque Le personnage était complexe, son œuvre aussi. Je retiens qu’en peu de temps il a fait rattraper un retard abyssal à un pays qui semblait définitivement hors de la modernité, si ce n’est pour les gadgets fort onéreux que le sultan Moulay Abdelaziz importait à grands frais dans ses palais.
Il suffit de voir les vestiges de la voie de chemin de fer que Lyautey fit construire dans la vallée de Moulouya. Ça fait rêver... Et sans parler de nnsotalgie, simplement de contempler l’œuvre d’une volonté humaine qui s’est battue contre les Anglais, les Espagnols, les Allemands et la plupart des puissances européennes pour faire vivre « son » Maroc.
Il est sans doute, après Alexandre, l’homme qui bâtit le plus de villes en si peu de temps. Je crois qu’on en compte une quinzaine à travers le pays...
Par contre, il maintint ce pays dans des traditions séculaires qui sont aujourd’hui encore la cause de sa lenteur à se développer.
Homme à la vie houleuse, souvent malade, il avait une capacité de travail et de jugement prodigieuse. J’ai beaucoup apprécié un ouvrage paru récemment et distribué au Maroc concernant le Secrétaire Général de la Résidence qui travailla longtemps à ses côtés. Ce texte bien documenté, paru à L’Harmattan avec une préface de Jean Louis MIège est de Bertrand Desmazières, auteur de nombreux ouvrages de référence sur le Maroc. Le livre s’intitule « Pierre de Sorbier de Pougnadoresse - le Colbert de Lyautey ». On y apprend beaucoup de choses, notamment comment à été mis en place l’Office Chérifien des Phosphates (qui existe toujours bien que sous une autre forme) et cet exemple montre comment le vieux militaire malade a lutté contre les financiers qui voulaient s’approprier cette richesse, quand lui la réservait au gouvernement du sultan pour enrichir une caisse destinée au développement du pays.
Dernier point, il est à noter que les autorités actuelles comptent aménager à rabat un grand musée englobant l’ensemble de la culture marocaine. Aux dernières nouvelles, se musée ouvrirait dans l’ancienne Résidence, voulue par Lyautey. Clin d’œil à l’histoire qui n’est pas pour me déplaire.
Merci de vos interventions souvent aussi virulentes que les miennes. Et, étant d’une sentibilité politique sans doute différente de la votre, si je ne partage pas toutes vos idées, nous nous rejoignons sur bien des points.
Patrick Adam