@ citadelle
Sous quel air faut-il vous le chanter ? L’arabe est une langue très difficile et je ne suis pas doué pour ça. Croyez que je le regrette. Je vous remercie de vos conseils mais je ne les appliquerai pas car je possède déjà une méthode dite d’ « arabe facile » avec des CD et ça n’a pas marché dans mon cas.
Peut-être devriez-vous penser que nous ne sommes pas tous fabriqués sur le même modèle. Certains ont doués pour les langues étrangères et en parle une demi douzaine sans effort apparent. D’autres non. Je vis avec cette tare et il est toujours dans mes projets d’y pallier, mais comme je vous l’ai dit, à mon âge et tenant compte de mes difficultés à apprendre, ce n’est pas dans la rue que je pourrais y arriver.
Tout ça, entre parenthèses, n’a rien à voir avec vos fautes d’orthographe. Si j’avais un programme informatique pour traduire en arabe ma pensée, croyez que j’apprendrais en une heure ou deux à l’utiliser. C’est la seule chose que je vous ai reproché car on pouvait y déceler une once de je-m’en-foutisme ou de « je te traite par dessus la jambe » envers vos interlocuteurs.
Pour ce qui est d’apprendre l’arabe pour lire (et non pas « faire » comme vous le dites) l’histoire des pays arabes, cela n’a pas beaucoup de sens. Pour deux raisons.
L’une reflète toujours la même dialectique : on ne pourrait parler que de ce qu’on vit. Faux. Archi faux. On parle de ce qu’on connaît et la connaissance peut prendre diverses formes. En ce moment, on parle beaucoup des sans-abri qui vivent dans des tentes à Paris. Je pense que ceux qui en parlent et tentent de les aider ne sont pas tenus à s’installer pas sous la toile en bord de Seine. Et bien sûr on pourrait donner des milliers d’exemples de ce genre de situation.
L’autre raison tient au fait que si je veux m’intéresser à la culture du Maghreb et de la civilisation arabe en général, j’ai nettement plus de chance de trouver de la bonne information dans l’énorme documentation accumulée par les « étrangers » qui au temps de la colonisation se sont sincèrement intéressés à l’histoire de ces pays. Pour ne citer que l’un d’entre eux, je rappellerai ici le souvenir de Gabriel Camps, disparu récemment. On lui doit les plus intéressantes études sur les Berbères et la mise en œuvre de la remarquable « Encyclopédie berbère » toujours en cours de rédaction. Je vous signale aussi, l’excellente revue « Hespéris » (devenue « Hespéris-Tamuda dans les années 80). Tous les chercheurs que je connais au Maroc, regrette de ne pouvoir y avoir accès. Il existe en France cinq ou six établissements universitaires qui possèdent la collection complète dont le premier exemplaire remonte à 1928 ou 1930, mais les étudiants ou chercheurs marocains doivent s’en passer. Ceux que je connais me demandent toujours des photocopies de documents que je me suis procurés en France. Vous-même vous devriez en lire certazns. L’histoire du Maroc ne se résume pas aux deux ou trous ouvrages d’Abdallah Laroui.
D’autre part, il m’est arrivé de lire de nombreuse thèses ou maîtrises produites par l’université marocaine. On y sent malheureusement trode recherche avec la version officielle avec laquelle on traite de l’histoire dabs ce pays. Le politiquement correct n’a jamais fait de bons chercheurs, dans aucun pays.
Dernier point. J’ai beaucoup lu Ibn Khaldûn. Son « Histoire des Berbères » est un monument de la littérature mondiale. Il est à regretter que son oeuvre qui remonte à la fin du XIVè siècle et qui développe des concepts historiques révolutionnaires pour l’époque n’ait pas été poursuivie par des historiens maghrébins, au cours des âges.
L’œuvre de Léon l’Africain reprise par Marmol est aussi des plus intéressantes quoique nettement plus succincte. A noter que c’est à Rome qu’il a rédigé sa fameuse « Description de l’Afrique ».
Votre remarque au sujet de « l’orgueil à se sentir ridicule » me convient parfaitement. J’assume. C’est effectivement un sentiment qui détermine nombre de mes comportements. A noter qu’il en va bien autrement sur ce forum où la peur du ridicule ne semble rebuter personne.
C’était du reste, ainsi que vous avez l’avez peut-être remarqué, le sens général de cet article.
Patrick Adam