Il ne me semblait pas en effet avoir été si catégorique dans mon commentaire sur ce propos.
Dans mon appréhension du monde technique, je considère (et je pensais pourtant l’avoir expliqué de manière suffisamment explicite) qu’un langage totalement rigoureux et permettant un rendu exact et indiscutable de notions techniques est incompatible avec toute autre forme littéraire.
Il me semble (arrêtez-moi si je me trompe) que du fait de l’absence de catégories grammaticales drastiquement établies, il existe de très nombreux synonymes en esperanto ; peut-être plus que dans n’importe quelle langue latine. Or, ce fait, s’il est littérairement très satisfaisant et très avantageux, est un problème constant dans des domaines tels que la technique, l’ingénierie du chaud ou l’industrie, où le vocabulaire employé doit être le plus précis, le plus rigoureux, le plus explicatif possible.
Pour moi, à partir du moment où l’on peut rendre compte d’une notion poétique, littéraire, philosophique abstraite grâce à une langue par le biais d’autre chose que d’une image, d’une métaphore ou d’une allégorie, cette langue ne saurait être parfaitement adaptée à la technique.
Après cela, que l’esperanto le soit plus ou moins que l’anglais, l’allemand, le français ou autre, ça ne change rien au fait que son adoption comme langage technique (j’insiste sur ce point) ne réglerai pas les problèmes actuels posés par l’anglais comme langue officieusement adoptée (une tendance qui s’accélère à toute vitesse... à peine conçus, nos dossiers sont confiés à des traducteurs - pas toujours au courant des notions techniques envisagées, d’ailleurs, ce que je déplore - qui sont chargés de l’adaptation dans la langue de Shackspeare), ou alors si peu que la réadaptation de tout le monde industriel n’en vaudrai pas la peine.
Bref, esperanto, français, allemand, anglais, volapük, espagnol, sindar, japonais, mandarin, hindi, sanscri ou autre, aucune de ces langues ni aucune de celles qui existent ou ont existé (à ma connaissance) n’a été créée dans le seul but de servir à la technique.
Concernant l’appréhension de la beauté de l’esperanto, je trouve que phonétiquement, cette langue se rapproche fortement de l’espagnol ou de l’italien (ce qui au fond semble assez logique). Je ne la juge pas horrible à l’oreille, elle est même très belle lorsqu’il s’agit de récitation de poèmes, par exemple, mais en comparaison avec d’autres langues telles que le français, l’allemand, le breton, le gaëlique, le norvégien, je la trouve moins agréable. Elle ne constitue pas pour autant le summum de l’inaudible (pour cela, selon mon appréciation personelle, j’oscille entre le basque et le bulgare... quoique finalement, l’anglais prononcé avec l’accent texan soit pour moi un véritable supplice auditif, mais cessons-là toute critique puérile de ce genre).
Voila, j’espère que ce que je voulais dire est désormais plus explicite.